The Writings of Maria Valtorta

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27. Le 18 août 1946 Dixième dimanche après la Pentecôte — Dixième dimanche après la Pentecôte

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27. Chapter 27

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1946-08-18

Azarias dit:

«Dimanche dernier, je t’ai dit qu’il ne convenait pas de commenter la phrase qui invoque le mal sur les ennemis. Une âme qui s’est donnée à l’amour ne doit invoquer que l’amour, l’amour et la miséricorde.

Mais aujourd’hui l’introït n’est pas un cri qui invoque la vengeance. C’est la reconnaissance de la promptitude avec laquelle Dieu écoute ses fils et soutient leurs intérêts. C’est la reconnaissance de la justesse de l’action de Dieu qui sait relever les opprimés et prendre leur parti, et qui sait rappeler à ceux qui se croient plus grands que Dieu que Dieu veille et qu’il peut rétablir l’ordre violé quand il le veut, parce que c’est un désordre de mettre des obstacles à la volonté de Dieu. En effet, ils mettent des limites à ses œuvres, ou plutôt ils croient pouvoir en mettre; mais en réalité ils créent seulement des barrières fictives qui ne tiennent que ce qu’il faut pour révéler ce qu’ils valent et pour donner un mérite plus grand au juste qui souffre d’être opprimé parce qu’il sert le Seigneur. Lui, qui est l’ordre parfait, peut toujours rétablir l’ordre comme il le fit au ciel après la révolte des rebelles, comme il le fit dans l’Eden après le péché d’Adam, en chassant de l’un et l’autre paradis les auteurs du désordre.

Elève donc ton cri vers le Seigneur et remets-lui toutes tes angoisses. Il te soutiendra de façon surnaturelle par les heures d’amour béatifique, et matériellement en ne permettant pas que tu sois oppressée et éprouvée au-delà de ce qui est juste.

L’oraison… Mon âme, l’oraison de cette sainte messe semble l’écho, ou le motif musical qui a soutenu et inspiré ton chant d’il y a quelques jours: tu as demandé, au prix de ton sacrifice, “que Dieu manifeste surtout sa toute-puissance par le pardon et la pitié”, en donnant à ceux qui manquent de fidélité la plénitude de son amour, afin que leur cœur fermé se dilate en vertu du feu d’amour, qu’il devienne chaud, lumineux et libre de ce qui les opprime, en vue de leur sanctification.

Tu as beaucoup demandé. Tu as demandé à la Justice de dévier son cours. Tu as demandé à l’Amour miséricordieux d’aller là où devait tomber le châtiment. Dieu peut-il changer ses justes décrets? Peut-il se refuser à lui-même une justice? Car – mé­dite bien cela – c’est principalement envers lui qu’il y a eu manquement. Toi, comme un écran placé entre les infidèles et Dieu, tu as été transpercée par leurs flèches. Mais où ces flèches sont-elles allées? Qui était visé? Qui en fut frappé au terme de leur méchante course? Dieu. La charité, la volonté de Dieu, sa parole, sa toute-puissance, sa générosité. Je n’ajoute pas d’autres mots pour expliquer pourquoi elles ont frappé ces attributs de Dieu, qui sont Dieu lui-même. Tous ceux qui savent ce que Dieu avait voulu et donné, et comment l’on a agi, peuvent comprendre pourquoi je dis que Dieu a été frappé dans sa charité, sa volonté, sa parole, sa toute-puissance et sa générosité. Dieu a été frappé en ces mêmes attributs sur le Golgotha, dans le Christ.

L’homme a levé la main contre Dieu. Il a frappé la Charité qui s’était incarnée pour donner le suprême amour de Dieu aux hom­mes, le Christ qui, trois années durant, l’avait comblé de bienfaits par l’évangélisation, par les miracles, par les secours matériels obtenus miraculeusement ou humainement par celui qui pouvait les donner aux abandonnés. L’homme a renié et blasphémé la Parole divine, la déclarant provenir d’un fou et de Satan. Il a renié la toute-puissance visible dans l’incarnation par l’œuvre de l’Esprit Saint et non d’un homme, dans les miracles sur les éléments ou sur les maux incurables, et dans les conversions éclatantes qui sont des miracles plus grands qu’une guérison corporelle. Il s’est moqué de sa générosité et l’a repoussée comme une contamination. Dieu avait envoyé son Fils bien-aimé, son Verbe, et avec lui son pardon et son amour; les hommes ont tourné en dérision et giflé comme une honte, comme un monstre, ce qui était générosité de Dieu.

Mais la grande Victime – le très saint écran en qui Dieu a été blessé, transpercé au point de n’être plus qu’une plaie, exactement comme le décrivent David et Isaïe; l’Amour céleste blessé par la haine de Satan et des hommes, par toute la haine qui se trouve sur terre et dans l’enfer éternel – cette grande Victime a justement demandé la même chose que toi: que la justice dévie son cours. C’est ce que demandent les “hosties”, alors même qu’elles sont immolées: que s’accomplisse ce pour quoi elles sont venues et se sont offertes: le triomphe de l’amour, qui régénère les esprits en Dieu.

J’ai bien dit: “Toute la haine qui se trouve sur terre et dans l’enfer éternel.” Je ne me suis pas trompé en employant le présent pour cette action passée qu’est la mort du Rédempteur.

Le Verbe, Jésus, est l’éternel Expiateur, il est l’Amour éternel et expiateur. Il l’était avant que l’homme ne soit, il le sera jusqu’au dernier homme. Et le fruit de son expiation demeurera même au-delà du temps, parce qu’éternel est le peuple des saints qui seront, au-delà du temps, le fruit de l’expiation de Jésus.

Tout comme l’amour, la haine est éternelle. Il ne s’agit pas là d’une perfection d’éternité comme celle de Dieu qui n’a pas eu de commencement, qui est l’éternel Etre. Mais elle est éternelle depuis le moment où elle est apparue dans l’esprit maudit de Lucifer et des siens. Elle est éternelle dans l’enfer qui, dès lors, exista, et n’aura jamais de fin. La haine est éternelle dans le cœur des hommes qui l’ont élue comme leur reine, et qui l’emporteront avec eux au-delà du temps. Corruptrice sur la terre depuis que le sang d’Abel fut répandu à cause de la haine de Caïn, elle ne cesse de blesser Dieu. Pleinement présente à l’esprit du Christ à l’heure de sa passion, elle le brisa comme un corps jeté sous une meule, tant les blessures faites à l’Amour incarné furent grandes. Après le temps, la haine continuera à blasphémer dans le peuple des maudits qui sera alors le fruit du travail de Satan. Ces deux éternités: l’amour et la haine, l’Expiateur et le péché, Jésus et Lucifer, seront, dans un continuel être, le Roi du ciel et le roi de l’Abîme, chacun à la tête de son peuple.

Ce peuple qui aurait dû être un, l’humanité à la suite de son Créateur et Seigneur, a choisi par libre volonté de se diviser en deux; la nouvelle ramification s’est élu un roi maudit pour lequel il a tourné le dos à Dieu, choisissant le mal comme loi. Le mal inguérissable n’est pas d’être né dans les ténèbres du paganisme ou d’une idolâtrie, ni même dans les nuages d’une foi hérétique où persiste un souvenir de vérité, d’éléments de la vraie religion, mais qui est privée de vie parce que séparée du Corps mystique qui est l’unique Corps vivant. Le mal est d’être né dans l’Eglise et d’être néanmoins hérétique, païen, séparé et mort à cause du péché.

Il n’y a pas de vie en dehors de l’Eglise romaine. Mais tous peuvent entrer dans la vie, et l’Eglise romaine ne refuse pas de recevoir en son sein les “morts” provenant d’autres religions, révélées ou idolâtres, pour qu’elle les enfante à la Vie. En cela, elle est comparable au tombeau de Jésus qui accueillit un cadavre et enfanta le Vivant, ce Vivant qui de lui-même revint à la vie parce qu’il est la Vie, ce Vivant qui, en tant que Chef du Corps mystique, ne peut que vivifier tout ce qui lui appartient et entre en lui.

C’est bien ce que fait l’Eglise. Elle est epouse. En sainte épouse, elle ne désire qu’enfanter des fils à son Epoux afin que beaucoup d’hommes portent son nom aux quatre coins de la terre. Et elle est Mère, épousée par la Divinité qui est Père en qualité de première Personne de la Trinité, Père générateur du Fils, Père fécondateur de la Vierge qui a enfanté l’Homme par l’opération de l’Esprit Saint, et Père créateur des hommes, donc Père par rapport à lui-même et par rapport à ses créatures.

Ayant pour époux un Père, l’Eglise ne peut qu’être Mère. Elle a pris la pensée et les affections de son Créateur, Fondateur, Epoux et Chef: elle est Mère. Et, en tant que telle, elle a des désirs pour chacune de ses créatures. Elle voit en chacune d’elles, où qu’elle soit sur la terre, un germe qui doit être porté et enfanté au ciel; alors, elle tend les bras et ouvre son sein pour accueillir les germes informes, les nourrir d’elle-même et les enfanter à son Epoux.

L’Eglise militante se compose de l’Eglise enseignante et de l’Eglise des disciples, tout comme le corps se compose d’organes et de chairs. Les organes, sans la chair qui les protège, ne pourraient pas former un corps. La chair, sans les organes qui la gardent irriguée de sang, nourrie de sucs glandulaires et d’oxygène, purifiée des toxines qui se forment quotidiennement, ne pourrait vivre. De même l’Eglise, Corps mystique, a besoin, pour être un corps et pour vivre, d’un travail réciproque entre les organes et les membres, entre la partie enseignante et la partie enseignée. Et l’Eglise enseignante se tourne vers la partie des disciples, elle dit: “Aidez-moi à enfanter à la Vie les germes informes qui se trouvent sur la terre.”

Comment? Par les sacrifices, car le sacrifice des fidèles aide les prêtres. Et par les oboles, parce que l’évangélisation implique des charges très coûteuses. Pénétrer, se répandre, se faire aimer veut dire dépenser. L’argent est l’un des pièges que Satan a créés pour la ruine de l’homme. Mais comme toutes les choses que le Mal a créées, elle peut être rachetée. La grande Faute est rachetée par le sacrifice du Christ. De même, la richesse peut être rachetée si elle est utilisée dans un but saint. Or, je te le dis, il n’y a pas de but plus saint que d’utiliser la richesse pour des œuvres de miséricorde. Pratiquement toutes les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles sont accomplies par les missionnaires, parce que toute la terre est terre de mission. A la porte de son église comme à la porte de son couvent, le prêtre ou le religieux trouvent l’idolâtre, l’hérétique, l’incrédule, l’athée, le “mort”, le germe informe qu’il faut porter au sein de l’Eglise Mère pour qu’elle puisse l’enfanter à Dieu.

Le Verbe l’a dit: “Qui donnera un seul verre d’eau à l’un de mes disciples ne perdra pas sa récompense.” Et il a dit: “Faites-vous des amis avec les richesses injustes afin que, quand vous mourrez, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles.”

Par devoir envers la Mère et par sainte ruse envers eux-mêmes, les catholiques, croyants dans le Seigneur Jésus Christ, devraient se trouver ce genre d’amis, les âmes christianisées grâce à leur soutien spirituel ou financier – secours parfait si les deux sont réunis – qui, à la mort de leurs “sauveurs indirects”, les recevront dans les tentes éternelles.

Celui qui prie pour lui seul n’est pas un bon catholique. Celui qui pense à sa gloire future, à ses besoins présents, à ses luttes, à ses fatigues personnelles, ne peut pas être un bon fils de l’E­glise du Christ, s’il ne pense pas davantage encore à la gloire, aux besoins, aux luttes et fatigues de la Mère qui s’évertue à recueillir et engendrer à la Vérité, à la Vie, à la Voie et à la Lu­miè­re, les pauvres frères qui sont comme des bâtards sans père ni mère, ni sur terre ni au ciel, parce qu’ils sont en dehors de cette famille dont le Père est Dieu, dont la Mère est l’Eglise et dont les frères sont les saints et les catholiques. Pourquoi êtes-vous si tièdes, vous les catholiques, à susciter l’entrée d’un grand nombre de vos frères d’humanité dans la douce et sainte communion des saints? Pourquoi, si vous dites aimer le Seigneur et son nom, ne vous efforcez-vous pas par le sacrifice et par l’argent à faire en sorte qu’il soit aimé de tous les hommes?

Jésus l’a dit: “La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson pour qu’il envoie beaucoup d’ouvriers à sa moisson.” Ne vous rappelez-vous pas à quel moment il l’a dit? Matthieu le précise: “A la vue des foules il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis sans berger.” Ces paroles sortirent donc de la bouche de notre Seigneur Jésus alors qu’un amour de compassion l’affligeait pour ceux qui étaient sans pasteur, las et prostrés.

Or celui qui se trouve réellement las et prostré et se sent vraiment comme une brebis à la merci des voleurs et des loups, c’est celui qui n’a pas l’espérance d’une vie future, ni la foi pour apaiser l’esprit, la vraie foi sans lacunes, la foi catholique – car toute autre religion, toute autre foi présente des lacunes, des fractures, devant lesquelles l’âme tremble à certaines heures de n’être pas dans le vrai –. C’est encore celui qui ne soigne pas sa douleur d’homme par le baume et le miel de la charité, enfin celui qui n’a pas l’ensemble des secours spirituels prodigués par la vie en Eglise, par la fécondité des mérites du Christ et par les sacrements.

Vous ne connaissez ni ne méditez les tristesses des âmes qui vivent en dehors de la grâce. Nous, nous les voyons. Et nous éprouvons pour elles la même pitié que celle que ressentit le Maître à la vue de tant de moissons laissées à l’abandon.

Ames qui vivez dans l’Eglise, écoutez la lamentation du Christ! Les greniers du Seigneur attendent la moisson avant que ne sonne l’heure où tous devront rendre des comptes. Dépêchez-vous, afin que les terrains sauvages soient ensemencés, portent du fruit, et qu’ensuite viennent les ouvriers qui suivent les semeurs. Car parmi les ouvriers du Seigneur, parmi les vrais ouvriers, la faux de la mort passe et coupe sans tarder; or bien souvent, celui qui a semé ne récolte pas, d’où le besoin de prier, prier et encore prier pour qu’ils soient nombreux, je voudrais dire aussi nombreux que les épis, afin que le grain, chaque grain, puisse profiter de la tutelle de deux anges: l’ange de Dieu, qui est spirituel, et l’ange ecclésiastique, sacerdotal. Le monde meurt par manque de prêtres.

Prêtre! Sais-tu ce que ce que ce mot signifie? Cela veut dire: consacré. Cela veut dire dédié, complètement offert à son Dieu pour lui porter les âmes. Tout doit mourir, pour le prêtre, tout. Les seules réalités qui demeurent pour le prêtre sont Dieu et les âmes. Il doit être dépouillé de tout, même de son humanité. Comme le Christ, le prêtre doit s’immoler pour sa mission.

Quand il en est ainsi, alors c’est un ouvrier du Christ. Il peut semer et moissonner, certain que la zizanie ne poussera pas dans son sillon, certain de faire de tout homme une âme, une âme pure.

Au ciel, les couleurs des diverses races n’existent pas. Tout est lumière et beauté, tout est pureté et amour. Le Maître du ciel et de la terre laisse entrer au ciel l’âme pure et parée. Il ne répudie ni le noir, ni le Mongol, ni le Polynésien, personne. Ils sont ses fils. Ils sont les frères de son Fils qui les a tous aimés depuis le sein du Père, puis sur la terre, puis sur la croix, contemplantmême ceux dont le monde d’alors ignorait l’existence. L’Indien comme le Patagon, ceux de la lointaine Océanie, les Australiens comme les Peaux-Rouges et les Esquimaux… ils sont tous passés comme en revue devant les yeux du Mourant sur le ciel ténébreux du vendredi saint. De même, les landes septentrionales couvertes de glaces et de forêts, les landes désolées, les forêts vierges équatoriales, les îles ignorées grandes comme des continents ou petites comme des atolls, les régions brûlées par le feu souterrain et les calottes arctiques où la vie semble impossible… se sont dépeintes aux yeux du Christ avec leur avenir. Sur toutes, son sacrifice et son amour infini a désiré que le soleil de Dieu dessine l’ombre d’une croix à l’instar du Tau imprimé par le missionnaire sur les âmes pour faire, des idolâtres et des païens, des membres de son peuple.

N’oubliez pas l’ultime désir du Christ, exprimé dans la prière du jeudi saint, déjà sous-entendu dans les paroles: “Je te prie, Père, pour ceux qui, grâce à la parole de mes prêtres, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi”, et encore auparavant dans le discours du bon pasteur: “J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et cellelà aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix, et il n’y aura qu’un seul troupeau et un seul berger. le Père m’aime, parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite.” Ce sont là deux désirs répétés ensemble dans le cœur mourant de Jésus quand déjà l’agonie clouait ses lèvres, entre sexte et none.

Travaillez afin que le désir de votre Sauveur devienne réalité. Ne soyez pas orgueilleux comme les anciens pharisiens qui se croyaient les seuls élus de Dieu. Ne pensez pas que, entre les idolâtres et vous, entre les schismatiques et vous, il existe un abîme irrémédiable, et que c’est bien ainsi parce que vous êtes les “purs” et eux les immondes.

Paul dit: “Vous savez que quand vous étiez païens, vous couriez aux idoles muettes, selon le désir de celui qui vous y conduisait.”

Toutefois les païens qui se laissaient entraîner vers les idoles que les prêtres du paganisme leur présentaient comme des dieux, étaient-ils plus pécheurs que vous? Car vous avez beau connaître le vrai Dieu et être déjà régénérés par la grâce, vous suivez bien souvent les idoles que la triple concupiscence et Satan vous présentent.

En vérité, vous êtes de plus grands pécheurs parce que, bien que connaissiez la vérité, vous la faites néanmoins passer après les choses vaines et les vices. Les païens du passé, comme ceux d’à présent, une fois la vérité connue, n’ont pas manqué de la suivre, même au prix de leur vie, et répudièrent héroïquement le passé pour embrasser la foi devenue leur éternel présent.

Ne soyez donc pas des sujets d’indignation et d’étonnement pour ceux qui ignorent encore le vrai Dieu, mais agissez de manière à ce qu’ils sortent de l’ignorance pour entrer dans la sagesse; faites surtout en sorte de ne pas être sujets de scandales pour ceux qui vivent parmi vous comme idolâtres, hérétiques, incrédules ou schismatiques. Faites qu’ils ne puissent pas dire: “Ils ne croient pas à ce qu’ils disent, sinon ils seraient différents.” Que vos actes soient des œuvres missionnaires pour les païens qui, sous divers noms, vivent dans vos cités, et parfois même dans vos familles. Malheur à celui qui prêche et élève la voix au nom de Dieu et se livre ensuite à des agissements répréhensibles que juge le prochain. Il montre alors qu’il est un faux fils de Dieu et un hypocrite.

Que chacun donne ce que Dieu lui permet de donner pour l’édification de son prochain, et qu’il le donne saintement, pour que les œuvres miséricordieuses de Dieu soient manifestées. Car si quelqu’un utilise mal les dons de Dieu ou bien fait semblant de posséder ce qu’il n’a pas, ou ce qui lui a été retiré par châtiment à cause du mauvais usage qu’il en avait fait, celui-là est un hypocrite mal vu de Dieu, un menteur et un idolâtre qui a le culte de lui-même et l’exige des autres: il emploie des paroles mensongères et le démon est en lui.

“Personne, s’il parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, ne jette l’anathème sur Jésus.” Jeter l’anathème sur Jésus, c’est mener une vie sans conformité à son enseignement.

“Personne ne peut dire ‘Jésus est le Seigneur’, si ce n’est sous l’action de l’Esprit Saint”. En effet, on ne peut reconnaître le Christ que si, aidé par la grâce, l’on peut reconnaître en Jésus le Seigneur Sauveur, c’est-à-dire connaître Jésus pour ce qu’il est réellement: la Sagesse, la Parole qui doivent être suivies et écoutées avec foi, charité, espérance et humilité, toujours avec vérité; en outre, il faut être libéré de l’envie qui va jusqu’à nier les dons d’un frère uniquement parce qu’on ne les possède pas soi-même, ainsi que des égoïsmes avares qui gardent pour soi ces dons que l’Esprit divin a accordés sous diverses formes et dans des mesures différentes, en les puisant à une unique source: lui-même, l’unique Esprit.

Soyez tous satisfaits de votre sort spirituel: celui qui a, parce qu’il peut donner; celui qui n’a pas, parce qu’il peut recevoir. Car, que vous donniez ou que vous receviez, tout ce que vous avez vient de Dieu seul, qui distribue ses dons avec une sagesse parfaite; en effet, il sait bien à qui ils font du bien et à qui ce n’est pas le cas, et il donne et veut donner pour votre bien. Donc, puisque vous ne pouvez exiger ce qui vous est donné gratuitement, et ne devez pas refuser ce que Dieu vous donne, veuillez voir en toute chose Dieu et son désir d’être aimé de tous les hommes. Et soyez joyeux de donner, chacun ce qu’il peut. Beaucoup ou peu, peu importe. Il suffit que ce soit ce que vous pouvez donner.

Dieu sait. Dieu voit. Dieu juge. Toute action de l’homme bon est justifiée par Dieu, même si elle est petite. Toute action de l’homme est vue par les yeux de Dieu avec justice.

Aimez donc, et tout ce que vous ferez sera bien. Soyez plein d’amour envers Dieu, envers l’Eglise, envers ceux qui vous sont les plus proches de par leur appartenance à la véritable et unique Eglise, envers le prochain plus éloigné parce qu’il est en dehors du troupeau, envers celui qui pèche pour le ramener au salut. Faites en sorte que l’amour puisse vaincre la haine, chez les individus en particulier comme dans l’humanité tout entière.

Ayez la certitude que Dieu est avec vous, vous tous qui servez le Seigneur par tel ou tel don, gardez l’espérance certaine que Dieu ne permet pas que ses serviteurs se perdent, et avancez, toujours, jusqu’au but, en rendant grâce de tout au Seigneur.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.»

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