The Writings of Maria Valtorta

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29. Le 1er septembre 1946 Douzième dimanche après la Pentecôte — Douzième dimanche après la Pentecôte

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29. Chapter 29

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1946-09-01

Azarias dit:

«Unissons-nous à l’autel où une sainte messe est célébrée à cette heure-ci (il est 15 h 30). Quelle consolante pensée! Sur les vingt-quatre heures de chaque jour, il n’y a pas un moment où le Sacrifice éternel ne se consomme en un point du globe. Comme cette continuelle célébration de l’Agneau divin est plus grande que l’immolation des hosties animales du temple du mont Moriah, qui étonne tellement les hommes d’aujourd’hui!

Je ne veux pas te fatiguer, mon âme, à peine sortie d’une agonie si profonde, victime avec la Victime pour les péchés du monde. Je ne te parle que de l’épître d’aujourd’hui. En échange, et pour mieux te la faire comprendre, je te fais réfléchir sur quelques versets qui la précèdent.

Ecoute: “Grâces soient rendues à Dieu qui nous a toujours fait triompher dans le Christ Jésus et qui, par notre intermédiaire, répand en tout lieu le parfum de la connaissance. En effet, nous sommes devant Dieu la bonne odeur du Christ pour ceux qui se sauvent et pour ceux qui se perdent: pour ces derniers une odeur de mort qui apporte la mort, pour les premiers une odeur de vie qui donne la vie.”

Voilà ce que sont les serviteurs de Dieu, ses instruments dans les diverses missions auxquelles il les consacre. Qu’ils soient apôtres ou victimes, qu’ils soient docteurs ou fidèles, ou encore qu’ils soient “voix”, ils doivent être les autels de l’encens et de l’holocauste d’où s’élève vers Dieu, non pas l’odeur de Paul ou de Pierre, de Benoît ou de Bonaventure, de Marie Madeleine ou de Thérèse, de toi, Maria, ou d’autres, mais uniquement le parfum du Christ. Ils doivent répandre cette sainte odeur en l’honneur de Dieu, pour parfumer leurs frères et les imprégner du Seigneur. Apôtres ou victimes, instruments ou voix, les serviteurs de Dieu doivent ne faire qu’un avec le Christ Jésus, au point de le porter parmi les hommes en une perpétuelle incarnation, de sorte que le monde le connaisse et se donne par libre volonté soit la vie soit la mort, en acceptant ou en repoussant le Seigneur sans pouvoir donner comme excuse: nous ne l’avons pas connu.

Paul demande: “Et pour ce faire, qui est plus à la hauteur que nous?”

Qui sont, en effet, les plus indiqués pour accomplir ce travail, sinon ceux qui, par amour, se consacrent tout entiers au service de Dieu? Ceux qui peuvent parfumer le monde, ce ne sont pas ceux qui accomplissent ce travail par habitude ou par nécessité, ni ceux qui le font par force – ceux-là existent aussi! –, pas non plus ceux qui le font à la suite d’une réflexion humaine, mais bien plutôt ceux qui vivent d’amour, en une immolation uniquement connue de Dieu et des anges. L’odeur de l’holocauste ne se dégage pas quand la victime est encore loin du sacrificateur et de l’autel, mais au contraire lorsqu’elle subit le martyre et se consume totalement en brûlant dans les flammes du bûcher.

Qui sont-ils, sinon ceux qui accomplissent le sacrifice par la seule motivation de l’amour, de sorte qu’ils ne se permettent pas d’altérer la Parole de Dieu pour en tirer un profit, mais “la transmettent à leurs frères dans toute sa pureté, telle qu’elle vient de Dieu”, et cela même si ça doit leur procurer douleur et rancœur de la part de ceux pour qui la Parole de Dieu devient une mort puisqu’ils ne la reçoivent pas avec amour, mais la raillent telle une folie?

Paul, parlant au nom des apôtres dont il est le dernier par sa participation au corps apostolique mis pas le dernier par sa valeur, dit: “Notre lettre, c’est vous…, connue et lue par tous les hommes. De toute évidence, vous êtes une lettre du Christ confiée à notre ministère, écrite non avec de l’encre mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs.”

Ces mots de Paul sont en réalité des paroles de l’Esprit de Dieu qui s’adresse à vous, les instruments de Dieu, en parlant par la bouche de l’Apôtre: “Vous êtes une page vivante du Christ rédigée par nous: Père, Fils et Esprit Saint, par notre Esprit, sur votre cœur même.” Voilà ce que vous êtes, de vrais instruments de Dieu.

Vous devez le croire, non pas pour en tirer gloire, mais pour reconnaître l’œuvre de Dieu en vous et l’en louer, éprouver du respect pour le don que vous recevez, et l’utiliser avec vénération et justice pour vous et pour vos frères. Car en plus de ce don, le Seigneur vous donne la capacité de le faire fructifier, et ces capacités ne se perdent que lorsqu’un instrument déchoit par orgueil, mensonge, désobéissance ou égoïsme.

Beaucoup trop se croient des maîtres seulement parce qu’ils connaissent les paroles. Mais ce n’est pas le fait de connaître les paroles qui vivifie, c’est de savoir les faire vivre en vous. Beaucoup se glorifient d’être des “docteurs” parce qu’ils en portent le vêtement et méprisent ceux qui ne l’ont pas, et ils voudraient imposer silence à ceux qui parlent au nom de Dieu. Or quelle est la main qui peut interdire à l’Esprit du Seigneur de parler aux êtres qui savent être spirituels dans l’art de donner et de recevoir, dans l’enseignement et dans la pratique?

Ici, lisons la considération de Paul: “Si le ministère de mort… a été entouré d’une telle gloire… comment le ministère de l’Esprit n’en connaîtrait-il pas davantage?”

C’est ce qu’il faut dire aux négateurs et aux hommes de dérision, à ceux qui croient pouvoir demander à Dieu: “Pourquoi à cette nullité, et pas à nous?” A ceux-là, le Seigneur répondra un jour, et ce sera trop tard pour eux.

Quant à toi, mon âme, laisse même tomber tout ce qui pourrait être une gloire caduque, et veille, veille sur ce qui est un don incorruptible et une gloire qui demeure. Veille pour que ce qui vient de Dieu ne soit pas profané, altéré, humilié. Sois fidèle à ton devoir jusqu’à l’heure de none et jusqu’au dernier battement de ton cœur, tout comme ils sont, eux, malheureusement fidèles à leurs fumeuses vanités. Au moment de mourir, confie ce don au Seigneur en disant: “Entre tes mains je remets mon esprit et la Parole de ton Esprit pour que tu les sauves de la corruption et du démembrement.”

Reste en paix, Dieu est avec toi.»

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