The Writings of Maria Valtorta

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53. Le 10 juillet

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53. Chapter 53

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1943-07-10

Jésus dit:

“Écoute, Maria. Tu connais la parabole du père qui a deux fils; l’un dit: ‘Oui, père’, et puis ne fait rien; l’autre dit: ‘Non, père’, et puis fait ce que son père lui demande?

Je ne veux pas ici te faire méditer sur les devoirs des enfants et sur la beauté de l’obéissance. Non. Je veux seulement dire que peut-être ce père n’était pas un modèle de père. La preuve: ses enfants ne l’aimaient pas: l’un ment, l’autre répond par un refus qu’il surmonte ensuite par un effort surhumain.

Les enfants ne sont pas tous parfaits, mais il est vrai aussi que tous les pères ne sont pas parfaits. Le commandement dit: ‘Père et mère tu honoreras’ et celui qui l’enfreint pèche et sera puni par la Justice divine. Mais la Justice ne serait pas justice si elle n’employait pas la même mesure avec ceux qui n’honorent pas les enfants. Honorer dans la langue ancienne veut dire: traiter une personne avec des égards révérentiels. Or, s’il est juste d’honorer ceux qui nous ont donné la vie et ont pourvu à nos besoins pendant l’enfance, il n’est pas moins juste que les parents honorent les êtres que Dieu leur a accordé d’avoir et qu’il leur a confiés, à eux qui les ont engendrés, pour qu’ils les élèvent saintement.

Trop souvent, les pères et les mères ne réfléchissent pas au fait qu’ils deviennent les dépositaires et gardiens d’un prodige du Dieu Créateur. Trop souvent les parents ne pensent pas que, dans cette chair engendrée par la chair et le sang humains, il y a une âme créée par Dieu, laquelle doit être formée à une doctrine de spiritualité et de vérité pour être dignement remise à Dieu.

Chaque enfant est un talent que le Seigneur a confié à un de ses serviteurs. Mais malheur au serviteur qui ne le fait pas fructifier, qui le laisse inerte en s’en désintéressant, ou pis encore, le détruit et le corrompt. Si, d’une voix sévère, Dieu demande des explications à celui qui ne veille pas à enrichir le talent vivant du bon Dieu, et décrète un long châtiment, Dieu, Maître et Juge de tout ce qui est, décrétera, par un inexorable verdict, la peine éternelle à celui qui dissipe et tue l’âme de son enfant, au parent meurtrier de sa partie la plus précieuse: son âme.

Ceci est vrai en général. Passons maintenant à ton cas particulier.

Sais-tu comment tu dois aimer ta mère pour pouvoir continuer à l’aimer? D’un amour uniquement spirituel. L’autre... est inutile. Elle ne le voit pas, ne le comprend pas, ne le sent pas. Et elle le piétine, te faisant saigner dans ton humanité. C’est pourquoi je te dis: aime-la seulement spirituellement. Aime donc sa pauvre âme et prodigue-toi pour elle. Je ne t’en dis pas plus, car tu es sa fille et je ne voudrais pas qu’ensemble nous manquions à l’honneur dû à une mère. Je suis Dieu et Juge: je pourrais le faire, mais avec toi, je ne veux pas. Même si un parent agit mal, il faut le respecter car il est ‘parent’.

Aime sa pauvre âme. Elle a un grand besoin de ta charité de fille. Par rapport à la vie éternelle, les pères et mères qui pèchent envers leurs enfants ont besoin de leur aide et de leur pardon pour que leur peine soit allégée.

Réfléchis bien à ce que je te dis sans que j’aie besoin d’ajouter autre chose. Si tu t’arrêtes à la considérer comme femme, tu ne pourras pas l’honorer. J’en conviens. Mais pense que c’est une âme fille de Dieu et très, très, très rudimentaire. Tu dois mettre en œuvre ta charité de fille pour réparer ses déficiences, tu dois l’enrichir pour qu’elle ne se présente pas trop pauvre au Dieu Juge.

Tu as pitié des infirmes et amour pour les petits enfants. Mais y a-t-il enfance spirituelle plus grande que celle de ta mère? Et y a-t-il infirmité spirituelle plus sévère que celle de ta mère? Embrasse donc son esprit lourd et obscur et lève-le vers la Lumière.

Difficile amour que l’amour spirituel. Je le sais. Mais c’est un amour de perfection. C’est l’amour que j’ai eu pour tant d’humains pendant que j’étais mortel. Je savais qui me trahirait. Je savais qui me renierait. Je savais qui fuirait à l’heure terrible. Rien ne m’était obscur. Eh bien, j’ai accompli d’incommensurables prodiges d’amour spirituel – car ma chair et mon sang frémissaient de répulsion quand ils sentaient les lâches, les renieurs et surtout le traître tout proches – pour essayer de sauver leur esprit.

J’en ai sauvé beaucoup ainsi. Seuls ceux qui étaient entièrement possédés du démon, je dis bien entièrement, résistèrent au bain purificateur de mon amour spirituel. Les autres, possédés par une seule passion, furent sauvés avant ou après ma mort. Judas, Caïphe, Anne et quelques autres ne le furent pas, puisque les sept princes des démons les tenaient, les enserraient avec sept cordes, et des cohortes de démons étaient en eux à faire le travail qui en fit les joyaux de l’Enfer.

Aime ainsi. Tu accompliras ton devoir et tu seras une véritable disciple à mes yeux. Quant à elle, laisse-moi ma responsabilité de Juge. Va en paix, chère âme, et ne pèche pas.”

Et il fallait vraiment une parole et une caresse!... Parce que si je devait regarder son humanité, il y aurait de quoi faire fuir au sommet du mont blanc.

Ce dernier passage m’a été dicté à sept heures du matin, et à onze heures, peu s’en fallut que je n’aille rejoindre mon Créateur tant se déchaîna contre moi la violence injuste et cruelle de ma mère. Je vous[1] disais hier qu’elle traversait une période féroce? Je n’ai pas exagéré. Maintenant que je me sens mal à cause d’elle – c’est le soir et j’en ai encore le cœur agité; au dire de mon médecin, j’ai failli mourir et je l’ai senti – elle est contente.

Amen. J’obéis à Jésus et j’offre cette douleur physique et morale pour son âme.

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Notes

  1. Le père Migliorini. ↩