The Writings of Maria Valtorta

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111. Le 30 mai

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111. Chapter 111

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1944-05-30

Jésus dit:

«A la lecture du Livre, ce matin, une phrase t’a frappée. Je veux te l’expliquer bien qu’elle n’appartienne pas au cycle que je déve­loppe. Je mériterai donc une observation de la part des docteurs difficiles.

Mais où y aura-t-il jamais un “maître” qui puisse faire la leçon au Maître et lui dire: “C’est tel sujet que tu dois traiter et non tel autre, pour t’en tenir au programme”? Qui est-ce qui me donne le programme? Qui est le Maître, dans “mon” école? Moi seul. Par conséquent, je parle de ce que je veux à qui je veux.

Tu as lu dans le livre de Judith: “Donne à mon esprit fermeté pour le mépriser et force pour l’abattre, et ce sera un monument pour ton Nom.” C’est suffisant. Le reste est sans rapport avec la leçon.

Je te fais seulement remarquer que, pour celui qui poursuit un dessein droit, même les choses qui, sans être péché, sont des faiblesses qui inclinent au péché quand elles sont consenties au “moi” pour sa satisfaction personnelle, deviennent bonnes.

La beauté est une bonne chose si on sait en faire bon usage. La beauté est l’un des dons que Dieu a accordé à vos premiers parents. Ils reflétaient la Perfection qui les avait créés. Or celle-ci était l’Esprit très pur. Même si l’homme ne pouvait être tout esprit comme son Créateur, il pouvait – et Dieu voulut qu’il en soit ainsi – témoigner de son origine par la perfection d’un corps harmonieux et très beau, tel un vase vivant destiné à contenir un esprit sans la tache du péché. Que cela détruise la théorie honteuse selon laquelle vous descendriez d’un singe.

C’est de Dieu que vous provenez, et non d’un animal que l’an­cienne loi mosaïque qualifiait d’“immonde”. Souvenez-vous: “Ceux des animaux à quatre pattes qui marchent sur la plante des pieds, vous les tiendrez pour impurs.”

Quand vous admirez la beauté de l’un de vos semblables, vous devez donc en rendre gloire à celui qui a donné à l’homme une telle suprématie de formes sur tous les animaux, et l’utiliser pour le bien, et non pour votre vanité, comme le fit Judith.

C’est une faute de se parer pour séduire, pour corrompre, ou de le faire seulement par vanité ou pour faire ostentation de ses richesses. Mais quand, les côtes torturées par le cilice et le corps mortifié par les pénitences, on sait se servir de ses formes et de ses richesses avec une intention droite, alors ce moyen s’élève à la sainteté.

Je l’ai dit: “Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père seulement.” C’est bien ce que j’ai fait. Car je n’ai rien dit que je n’aie d’abord mis en pratique dans ma vie. C’est pour avoir agi de cette manière que j’ai été accusé d’être ami des publicains et des prostituées, et amateur de banquets et de fêtes.

S’il y a quelque chose qui m’était pénible, c’était précisément la gaieté d’un banquet et la confusion d’une fête. Je m’alimentais pour vivre. Je ne considérais pas la nourriture comme “la joie de vivre”, comme beaucoup le font. Un pain, même mangé seul le long d’une rive herbeuse en mouillant ma bouche de l’eau pure du ruisseau, assis au milieu des fleurs des prés, sous la verdure d’un arbre qui sert d’habitation aux oiseaux dont le Père s’occupe, en compagnie de mes amis-disciples, ce pain-là m’était plus cher que le riche banquet où j’étais observé et épié par une curiosité humaine et une rancœur incurable.

S’il y a quelque chose qui m’était pénible, c’était le contact avec les impurs. Mon être se reposait quand l’innocence m’entourait. Rappelez-vous que j’avais quitté les anges pour descendre chez les hommes. Et ce sont les enfants qui me permettaient de ne pas regretter les anges. Mais j’étais venu sauver les pécheurs. Comment les aurais-je sauvés si je les avais méprisés et fuis?

C’est donc dans un but saint que Judith utilise sa beauté et sa richesse, et qu’elle les met à profit. En augmentant ses pénitences secrètes pour plaire à Dieu, elle renforce son charme pour plaire à l’homme et le tuer “de son épée personnelle”: la sensualité, l’arme qui a exécuté Holopherne mieux que l’épée du tyran.

Maria, toutes les créatures ont leurs tyrans. La sensualité, le monde, le prochain, le démon.

Combien de tyrans n’y a-t-il pas chez le prochain! Ceux qui oppriment, ceux qui envient, ceux qui condamnent injustement. Et pourtant, il faut aimer ce prochain, même s’il est mauvais, par amour pour moi.

Il y a la sensualité, cette pieuvre qui ne cesse de refaire surface pour vous entraîner au fond. Il y a le démon, cette méduse qui garde sous son regard les créatures de Dieu pour les hypnotiser et les perdre. A qui demander de l’aide contre ces ennemis? A Dieu: “Donne à mon esprit fermeté pour le mépriser et force pour l’abat­tre.”

“Par moi-même, dit l’âme fidèle, je ne suis rien. Par moi-même, je ne peux rien. Parce que je t’aime, je voudrais te plaire et vaincre. Mais je suis faible, faible dans mes résolutions, faible pour lutter. Toutefois, si tu me viens en aide, Seigneur, j’arriverai à résister et à vaincre.”

Dieu peut-il refuser son aide à un enfant qui la lui demande? Non. Il se poste à vos côtés et, précisément parce que vous êtes faibles mais fidèles, précisément parce que vous n’êtes rien mais que vous reconnaissez l’être, il vous communique fermeté et force. Il se communique lui-même. Que craignez-vous si Dieu est en vous?

Pour quelle raison Dieu vous aide-t-il ainsi? Par amour. C’est la première chose. Mais aussi parce que toute victoire de l’homme qui se divinise dans le Bien et se perfectionne pour appartenir à Dieu, qui est Perfection, est un monument élevé au saint Nom de Dieu. Tout homme qui devient saint est un monument élevé à la bienveillance, à la puissance et à la souveraineté de Dieu. C’est un monument qui, une fois de plus, dit aux peuples les merveilles de Dieu, afin qu’ils sachent qu’il est le Puissant et qu’il n’en est pas de plus grand au-dessus de lui.

Va en paix.»

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