1944-07-07
Jésus dit:
«Oui, je t’ai accordé une fleur parce que tu es “encore” une femme. Et ce que tu souffres avec ta sensibilité de femme, qui n’est pas comprise, me fait pitié.
Toutefois, je veux que tu n’appartiennes qu’à moi. Tu n’es pas encore généreuse au point de savoir rompre tous les liens de la terre, de rendre ton cœur sourd aux voix de la terre pour t’attacher à moi seul, pour n’entendre que moi. Alors, c’est moi qui les romps. Je te fais voir la misère des affections humaines et les comparer à mon affection. Ce sont des feuilles d’étain par rapport à une feuille d’or pur, ou plutôt par rapport à un bloc d’or pur. Ce sont des morceaux de verre par rapport à un brillant très pur. Et tu veux t’attarder à les regarder et à les regretter? Oh, quelle enfant! Avance au contraire, libre et joyeuse de la liberté et de l’allégresse des bienheureux!
Il y a une phrase que vous, qui êtes choisis par moi, méditez trop peu. Elle est de l’apôtre Paul: “Mais, lorsque celui qui m’a mis à part depuis le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce, a jugé bon de révéler en moi son Fils… moi, sans recourir à aucun conseil humain…” paul est ensuite retourné parmi les païens. Mais il avait désormais, par obéissance à Dieu, terminé sa “mise à part” commencée par Dieu en laissant de côté tout conseil humain pour se donner entièrement à l’Amour véritable.
Vous tous, que j’ai choisis pour une mission bien spéciale, vous êtes “mis à part”. Je t’en ai déjà parlé il y a quelques jours (le 27 juin). “Quitte ton pays et ta parenté.”
Un mur impalpable, plus solide que celui d’une forteresse, s’élève entre l’âme appelée et le reste du monde. Vous devenez étrangers aux autres tout en demeurant leurs frères car, par les larmes de votre solitude évangélique, vous travaillez pour leur bien. Non, vous, vous ne les reniez pas. Vous les aimez plutôt d’un amour parfait puisque la chair et le sang, le profit et l’affection ne tiennent aucune place dans votre amour. Seul compte cette charité qui vient de Dieu et vous fait voir des frères en vos amis comme en vos ennemis, en vos parents et dans les inconnus, dans les bons comme dans les mauvais; en effet, ce n’est pas leur visage ni leur cœur que vous regardez, mais la sainte face de Dieu, le Père de tous les croyants, et mon propre cœur, qui aime tous les hommes.
Avance, avance. La dernière partie de la route est la plus raide. Pour la monter, il faut être libre de tout poids. Mais à chaque pas l’horizon s’agrandit et le soleil se fait plus proche.
Viens, viens. Regarde-moi seul. Regarde cette Demeure-ci, cette Patrie-ci, et non les petites demeures et patries de la terre, si changeantes. Regarde ta Maison éternelle, ta Patrie éternelle, ton Amour éternel. Moi, moi, moi: l’Amour.»