The Writings of Maria Valtorta

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150. Le 26 juillet

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150. Chapter 150

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1944-07-26

Jésus dit:

«L’amour, la miséricorde, la prière, la mortification, le désir de posséder les dons de Dieu et de parvenir à la sainteté – autant de sen­timents indéniablement dignes d’éloge – peuvent s’entacher d’impuretés qui les corrompent et les rend impossibles à agréer par Dieu.

La pureté de cœur ne consiste pas à avoir un cœur enfermé dans un corps vierge, ni à avoir le désir du cœur de le rester. La pureté de cœur est quelque chose de tellement délicat que la pureté physique n’est rien en comparaison. Cette dernière est un mur massif contre lequel les tentatives de Satan rebondissent sans causer de grand dommage. Il suffit qu’on ne veuille pas, qu’on ne parvienne pas à se violer soi-même. Mais la pureté du cœur est une toile d’araignée argentée, et même l’aile d’une mouche bleue peut la briser. L’aile d’une mouche bleue, autrement dit l’étourderie de l’âme qui cesse d’être constamment et soigneusement sur ses gardes. C’est alors avec la plus grande des facilités que les choses les plus saintes s’entachent de rouille humaine et se décomposent, ou du moins que leur essence bonne est défigurée.

L’amour de Dieu est impur lorsque vous lui rendez un culte dont la fin est la suivante: “Je t’aime parce que j’attends beaucoup de toi.” Vous pouvez tout demander à Dieu, tout espérer de lui, parce qu’il vous aime. Mais il est tellement plus beau de dire: “Père, je t’aime et je veux ce que tu veux. Je te demande seulement que je fasse ce que tu veux. Je veux seulement ce que tu m’envoies car, si tu me l’envoies, c’est assurément pour mon bien. Tu es mon Père, et je m’abandonne à ton amour.” Il est impur quand son but est de recevoir une compensation. Dieu doit être aimé au-delà de tout calcul, il doit être aimé en lui et pour lui. Si j’ai dit: “Aimez sans espoir de compensation” en faisant référence à votre prochain, combien plus un amour exempt de tout calcul doit-il être porté à Dieu?

De même, l’amour des autres est impur quand vous aimez seulement ceux qui vous aiment, ceux qui vous servent ou vous sont utiles d’une manière ou d’une autre.

Je n’ai pas mis de limite à l’amour du prochain. J’ai dit: “Aimez votre prochain comme vous-mêmes.” Je connais votre tendance à vous autoproclamer bons, gentils, aimables, saints et ainsi de suite, ainsi que votre subtilité à distinguer ce qui vous avantage; cela vous aurait donc amenés à aimer bien peu de gens, car vous auriez trouvé en tous des défauts en comparaison de vos vertus, des défauts qui auraient justifié à vos yeux votre rigueur à l’égard de votre prochain. C’est pourquoi j’ai précisé: “Quelqu’un te donnet-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui-même ton manteau… Aimez ceux qui vous haïssent et faites-leur du bien, priez pour ceux qui vous font souffrir.”

Je sais bien que l’intelligence du monde qualifie ces conseils de “stupidité”. Les porcs qualifient les perles de cailloux sales et leur préfèrent la soupe fétide sur laquelle flottent excréments et ordures. L’intelligence du monde a beaucoup d’affinités avec les goûts des porcs. Mais ce qui est stupidité pour le monde est sagesse pour les fils du Très-Haut, intelligence et grâce.

Suivez cette sagesse, cette intelligence et cette grâce, et vous obtiendrez une grande récompense au ciel ainsi que des réconforts surnaturels sur terre, ces réconforts de tous les instants que les gens du monde essaient de trouver dans les choses du monde; or plus ils s’y plongent, plus l’amertume et le dégoût envahissent leur cœur. Seul Dieu procure la paix, Dieu et la bonne conscience. Ce sont là deux réalités avec lesquelles les pécheurs ne sont pas en bons termes.

La miséricorde aussi est belle. Mais pour être vraiment belle et pure comme une vierge heureuse qui va à l’autel, il lui faut s’appuyer sur une intention droite comme sur le bras de l’époux amoureux à qui elle donne sa parole. Sinon, elle devient vanité et orgueil, et même le fait de donner est aussi inutile que si vous jetiez vos oboles dans les griffes de satan.

J’ai dit: “Soyez miséricordieux comme mon Père est miséricordieux.” Mais Dieu le Père fait-il donc sonner de la trompette ou apparaît-il dans les hauteurs des cieux pour dire: “Oyez, oyez! Au­jourd’hui, j’ai donné pain et vie à tant de créatures, j’en ai défendu tant d’autres en danger, j’ai pardonné à tant de personnes”? Non. Il agit en silence. Il agit avec une telle modestie, avec tant d’attentions réservées que vous, en stupides hommes du monde, vous ne pensez même pas que ce dont vous profitez vous est accordé par Dieu, toujours trop bon pour vous; et vous autres, qui n’êtes pas stupides mais encore bien loin du chrétien que vous devriez être, vous dites: “Dieu me l’a donné. Mais je l’ai bien mérité.” Oh, oh! Il l’a mérité! Cette arrogance n’est-elle pas déjà source de démérite? Et qui peut dire ceci en sous-entendant: “Si Dieu ne l’avait pas fait, il se serait trompé”?

Du matin au soir et du crépuscule à l’aurore, Dieu est miséricordieux à votre égard et vous comble de bienfaits; or, parmi les enfants de la terre, seules quelques rares exceptions élèvent les yeux et le cœur pour lui dire avec un sourire: “Merci, Père bon. Je reconnais ta main dans ce don.” Quand vous faites miséricorde, fai­tes-le uniquement par amour: de Dieu pour imiter le Père bon, et du prochain pour obéir à ma parole et à mon exemple.

La prière! Oh, quelle bonne chose est la prière! Dieu l’a mise dans le cœur de l’homme comme le besoin de respirer. n’est-ce pas, effectivement, la respiration de l’âme? Sans respiration, la circulation du sang s’arrête et le cœur meurt. La prière est ce qui maintient l’âme en vie en la gardant sans cesse devant la face de Dieu. Deux personnes qui se regardent ne peuvent s’oublier, n’est-ce pas? Eh bien, la prière, c’est se remettre devant la face de Dieu, en vêtement de fils, pour lui dire: “Me voici. Je sais que tu es mon Père, par conséquent je viens à toi. Avec qui parler en étant sûr d’être compris si ce n’est avec celui qui m’a enseigné la Parole, sa Parole?”

Mais, comme tout le reste, la prière doit être pure, pas faite pour un avantage humain. Sur les mille millions de prières faites chaque jour sur la terre, neuf cents quatre-vingt-dix millions le sont pour demander des joies humaines, de l’argent ou la santé; il arrive même qu’elles aillent jusqu’à demander la mort pour être libéré d’un individu que vous haïssez, jusqu’à demander du mal pour l’un de vos semblables qui, à tort ou à raison, est coupable de ne pas vous plaire. Dieu peut-il donc faire du mal pour satisfaire celui qui le hait?

Seul un million de prières sont faites pour demander une aide surnaturelle qui vous permette d’atteindre cette perfection à laquelle vous désirez parvenir pour être agréables à Dieu, lui qui vous veut saints et unis à lui. Ce million de prières montent avec humilité et reconnaissance, en disant: “Père, aide-moi à me sanctifier. Ma faiblesse a besoin de toi pour être forte. Père, je veux t’aimer parfaitement, et je ne sais pas le faire. Apprends-le-moi, toi, l’Amour. Père, je sais et je me rappelle ce que tu m’as déjà dit. Sans toi, je serais misérable physiquement et, plus encore, spirituellement. Merci de tout, Père. Je te dis: ‘Continue, continue tes bienfaits.’ Mais ce n’est pas par soif de bien-être humain. Plus que pour mon corps, je te dis ‘encore’ pour mon âme, à laquelle je veux rendre la Patrie éternelle. Père saint, ta petite créature aspire à ton sein. Soutiens-moi sur le chemin afin que je ne dévie pas vers d’autres voies mais que je parvienne à toi, mon Repos et ma Joie.”

Le désir de posséder les dons de Dieu et la sainteté est presque une obligation. Que penserais-tu d’un fils de roi qui ne désirerait pas disposer des dons que le roi son père lui offre en envoyant ses messagers lui dire: “Il y a là des richesses inestimables pour toi, afin que tu t’en serves pour ton profit et ton plaisir. Quand tu en auras besoin, demande-les et je te les enverrai”? Qu’en est-il de ce fils de roi qui, sachant que son père lui destine la couronne, n’aurait aucun désir de la ceindre pour continuer la dynastie de son père? Cette couronne que le roi son père lui a préparée est un signe de son amour paternel, qui a pensé à son héritier, même si ce dernier est sur une terre d’exil. La refuser ou la négliger est un manque d’amour irrespectueux envers son père. Il en va de même du fils du Roi des rois qui meurt spirituellement dans l’indigence pour n’avoir pas eu recours aux trésors du Père, par quelque apathie coupable, et qui ne pense jamais à la couronne de la sainteté qui fera de lui un roi au Royaume éternel.

Mais pourquoi la sainteté? Et quels dons? La sainteté vise à jouir de Dieu, non pas à la vaine gloire d’être encensé par les hom­mes.

En vérité, je vous le dis: on trouve dans mon ciel des saintetés et des saints aux caractéristiques les plus variées, mais il n’y en a pas un qui ait poursuivi la sainteté par désir d’être connu et célébré pour cette raison par les hommes. L’un s’y trouve par son martyre, l’autre pour avoir été anachorète, ou pour avoir inlassablement travaillé les cœurs par sa prédication, un autre encore pour s’être consumé dans le silence et l’oraison, pour avoir aimé mon enfance ou ma torture, ou encore pour être devenu le Chevalier de la Toute-Pure ou le héraut du grand Roi. Mais aucun n’est devenu saint en ayant pensé à l’être pour porter son auréole aux yeux du monde.

Vous ne voyez pas les saints le jour où leur sainteté est proclamée sur la terre. Mais si vous pouviez les voir à cet instant, vous les découvririez ébahis comme des enfants qui tiennent déjà dans la main un joujou de grand prix ou contemplent une superbe gravure, et à qui on met en main une pauvre loque et sous les yeux un dessin chiffonné, en entendant l’adulte qui les leur offre lui dire: “Regarde le beau cadeau que je te fais!” L’enfant regarde et se tait. Il pen­se néanmoins, avec la justesse d’observation des enfants: “Mais il n’y a aucune comparaison possible avec ce que j’ai déjà!” Il reste indifférent au cadeau et continue à regarder et à cajoler ce qu’il avait déjà.

Les saints possèdent Dieu. Que peut-il les séduire davantage? L’auréole accroît-elle leur joie? Ils l’ont déjà en plénitude et parfaitement. Ils ont Dieu.

Encore: quand un enfant bon, vraiment très bon, pas un petit hypocrite, se voit félicité pour sa gentillesse, il pense: “Est-ce que je ne devais pas agir ainsi? Mon père me répète toujours que je dois être bon, je n’ai donc rien fait qui mérite de tels éloges. J’ai obéi à mon père pour qu’il soit content.” Dans son humilité, il ne comprend pas combien il est grand de savoir obéir par amour et de rendre heureux celui qui l’aime.

De même, les saints – qui sont humbles parce qu’ils sont saints – pensent: “Qu’ai-je donc fait de spécial? J’ai obéi au commandement de Dieu mon Père pour le satisfaire.” Ils sont déjà si pleinement heureux que les fêtes de la terre les laissent indifférents. Les fêtes, ai-je dit, non pas les prières des fidèles. Ces dernières sont des requêtes que les amis lointains adressent à ceux qui, étant auprès de Dieu, peuvent lui exposer plus directement leurs besoins. Cela, c’est de la charité. Et la charité, qu’ils ont pratiquée à la perfection leur vie durant, est devenue encore plus parfaite depuis qu’elle est unie à la Charité même.

Par conséquent, désirez avec pureté la sainteté et les dons qui vous aident à la posséder. Mais en toute pureté de cœur, en d’autres termes avec pour seul désir celui de vous unir le plus vite possible à Dieu pour l’aimer encore davantage, et d’être utiles à vos frères grâce à vos mérites, dans la communion des saints.

Et qu’en est-il de la mortification? Oh, qu’elle soit pure! Combien de mortifications inutiles ne faites-vous pas! Inutiles et peccamineuses. Pourquoi? Parce qu’impures. Celles que vous souillez par quelque désir de félicitations ou par contre-charité sont impures. Etre bon pour être félicité, faire une pénitence pour être remarqué, se sacrifier en ne mangeant pas un fruit pour que le monde vous admire, mais ne pas savoir être patient, humble, miséricordieux, voilà qui est tout à fait inutile. Que voulez-vous que me fasse le fruit que vous ne mangez pas quand vous vous vengez de votre sacrifice en mordant l’un de vos frères par des paroles envenimées? Que voulez-vous que me fasse telle autre pénitence si vous ne savez pas même supporter ce que la vie vous apporte? Quel mérite y a-t-il à être bon hors de votre maison si vous êtes des vipères chez vous? Quel mérite peut-il y avoir à porter le cilice si vous ne savez porter en silence le cilice de ma volonté?

Souvenez-vous de ce que j’ai dit: “Quand vous faites pénitence, parfume-toi la tête et lave-toi le visage.” Passez même pour des gens qui ne se mortifient pas aux yeux stupides du monde. Il suffit que vous ne fassiez pas scandale, car le scandale est toujours mal. Mais si vous avez seulement l’air d’être des créatures quelconques et donc n’en retirez qu’indifférence, sans aucune félicitation, alors qu’en secret vous vous consumez d’amour pour Dieu et pour vos frères, votre mérite sera grand aux yeux de Dieu.

Et si vous ne savez pas vous imposer des pénitences, acceptez celles de la vie. Elle en est pleine! Acceptez-les en disant: “Si cette peine vient de Dieu, que ta volonté, Seigneur, soit faite; si elle vient d’un pauvre frère mauvais, Père, je te l’offre pour que tu lui pardonnes et le sauves.”

Agissez de la sorte, mes biens-aimés, et tout sera pur en vous. Vous aurez alors la pureté du cœur. Or un cœur pur a le trône de Dieu.

Va en paix, maintenant. Progresse avec ma paix sur la voie de la pureté de cœur, en pensant que les purs de cœur jouiront de Dieu.»

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