The Writings of Maria Valtorta

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194. Le 18 octobre

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194. Chapter 194

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1944-10-18

J’écris comme je le peux à la lumière du crépuscule.

Une personne vient de sortir, l’une de ces pauvres créatures qui contribuent à me rendre ce lieu d’exil[1] encore plus insoutenable! Elle est sortie après avoir fait étalage de sa… culture. Tout en l’écoutant, je pensais à toi, mon Maître, et à tes leçons, de vraies leçons qui enseignent un savoir qui nourrit l’âme en plus de l’intelligence. En outre… cette autre pauvre science qui n’a pas ta saveur me donnait la nausée. Je ne puis prier parce que j’y pense encore… mais tu me pousses à voir.

Voici: je te vois, mon Dieu incarné, éclatant de majesté, debout dans le ciel le plus pur. Tu es seul. Je ne vois que toi, tout glorieux sous l’aspect du Roi de la création. Fait d’une matière immatérielle et perlée, ton vêtement est éblouissant, et plus encore ton Corps glorifié, qui est tout à la fois chair et lumière. O beauté inconnue de tant de personnes qui ne se soucient pas d’agir de manière à te connaître un jour! O ma Beauté qui efface toutes mes souffrances par ta seule apparition!

Jésus ne parle pas, mais il m’invite du regard à m’approcher de lui. Je m’avance donc. Mon âme s’élève, aspirée par son désir, poussée par le mien, jusqu’à mon Roi.

Il me dit alors: «Regarde. Connais. Compare.» D’une main lumineuse sur laquelle on voit le rubis de la plaie, il désigne un horizon céleste infini. Oui, car j’ai été élevée au-delà des espaces, plus haut que la stratosphère, dans les zones où l’on ne trouve plus rien d’autre que les astres et les cieux. Il n’y a plus de nuages, plus de poussières, plus de vents. Ou plutôt, il y a encore un vent: celui qui est créé par le mouvement des astres, comme un chant harmonieux.

Je comprends que, sans mot dire, Jésus veut me montrer la “vérité” de ce signe stellaire. Oh, comme il diffère de la pauvre conception énoncée il y a peu de temps et de toutes celles que j’ai connues jusqu’ici. Je vais m’efforcer de le décrire.

Les astres formés se déplacent, les uns en ligne droite comme des projectiles de canon de hausse zéro, les autres de manière sinueuse comme des serpents dans le ciel bleu, d’autres encore se déplacent en tournoyant sur leur axe, ou bien en dansant tels des enfants en fête sur la prairie céleste. A chaque impulsion, la lumière frémit, comme si la joie de ce mouvement et de l’obéissance aux lois du Créateur provoquait une plus grande incandescence de leur corps ardent. Seul à être fixe, le soleil, un énorme globe d’un or en fusion uni à des topazes ardents, à du métal et à des joyaux tels que les plus beaux des nôtres ne sont que cailloux sales et laiton opaque, rayonne d’une lumière toujours égale. On dirait une énorme lampe votive qui adore la majesté de Dieu.

Quel grand nombre d’astres! Où que se porte mon regard, je ne vois partout qu’astres et planètes… Que de vies stellaires inconnues! Que d’éclats ignorés! Que de mystères de mots là-haut! Et de vies!

Pendant leur course foudroyante, des astres se purifient en perdant émanations et scories, lesquelles se fusionnent à d’autres de différentes étoiles pour former le noyau de vies nouvelles, des poussières d’astres qui créent une voie d’innombrables petites vies, petites en comparaison des planètes mais sans commune mesure par rapport à cette vétille qu’est le corps d’un homme. Cette voie toute de lumière, un vrai vivier d’étoiles, laisse s’évader de temps à autres l’une de ses vies de lumière, telle une fleur qui s’abandonne au vent du firmament et quitte son parterre natal pour aller s’accomplir – par un processus que je ne saurais expliquer – en s’alimentant de substances qu’elle emporte pendant sa course… et une nouvelle étoile est née. Ou plutôt: elle s’est isolée pour dire à l’homme qui la découvrira: «Moi aussi, j’existe!» Il y a également des étoiles encore en cours de formation qui avancent, laissant la trace de leur combustion et de leur solidification comme un manteau de flammes ou une chevelure dénouée et déployée par le souffle du déplacement. Et tout ceci a lieu dans une prairie d’un bleu éthéré sur lequel la plus pure des turquoises ou le saphir clair le plus précieux perdent toute valeur, tant elles sont pâles et opaques en comparaison.

Oh! Lumière des champs du ciel! Pourquoi est-ce que je n’ar­rive pas à mieux décrire ces conjonctions, ces formations, ces désagrégations, cette inépuisable fermentation de vies, cette obéissance, cette beauté, cette majesté du monde stellaire?

Bien que la lumière de cet infini jardin d’astres qui forme le firmament soit tel qu’aucun esprit de poète ou de scientifique ne peut l’imaginer, même de loin, Jésus fait un mouvement. Il ne fait que détacher son regard des étoiles pour se tourner vers la gauche et en arrière. Un ordre doit jaillir de sa pensée, un désir. Mais je n’entends pas le moindre mot. Un ange arrive en toute hâte et se prosterne aux pieds du sauveur en l’adorant. Jésus me dit alors: «Compare cette lumière-ci à celles-là.» Il ne dit rien d’autre. En effet, l’ange, à lui seul, resplendit plus que tous les astres réunis…

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Notes

  1. S. Andrea di Còmpito. Voir la note 139. ↩