The Writings of Maria Valtorta

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219. Le 13 décembre

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219. Chapter 219

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1944-12-13

Sainte Lucie, que j’ai tellement priée pour qu’elle me fasse le cadeau du retour,[1] m’offre au contraire une vision céleste qui débute pendant que, avec Marta, je récite le rosaire et les prières de Fatima.

Je vois un ciel nocturne constellé d’étoiles, un beau ciel d’orient d’un bleu saphir presque noir couvert de grappes d’astres lumineux; un paysage nocturne qui dort sous la nuit; de petites maisons blanches, toutes fermées et silencieuses. Il y en a une, au devant, qui est presque carrée, avec sa terrasse et son espèce de petit dôme, si net que je pourrais, si j’en étais capable, en décrire les moindres détails. Le paysage ondule légèrement, comme s’il se situait dans un doux vallon entre des collines.

Du ciel descend toute une procession d’anges d’une blancheur lumineuse, incorporels et pourtant sensibles à l’œil humain. Ils sont magnifiques. Ils forment une courbe en se dirigeant du ciel vers la terre, vers la petite ville paisible et endormie; la nuit devient plus claire en raison de la lumière des corps angéliques. Les deux premiers, superbes au-delà de toute description, descendent rapidement, mais sans bouger les ailes, les mains croisées sur la poitrine, le visage incliné vers la bourgade et étincelant d’amour surnaturel. Puis viennent tous les autres, une foule innombrable!

Je ne sais s’ils faisaient de la musique en fendant l’air ou par leur palpitation d’amour. Probablement l’un et l’autre. Ce qui est certain, c’est qu’elle n’avait rien d’un chant matériel, qui nécessite paroles, cordes vocales, voix et art. Et du fait que cette musique était immatérielle, elle était infiniment belle, d’une beauté indescriptible… Je ne peux retenir ce chant non humain. Mon cœur en est rempli, mon âme exulte, toute ma peine s’en trouve effacée, mais je ne saurais en répéter une seule note. Je ne sais pourquoi, je pense à ce chant dont mon saint jean annonce qu’il sera chanté uniquement par ceux qui auront suivi l’agneau, par les cent quarante-quatre mille sauvés qui ne se seront pas souillés avec la chair…

L’armée céleste, pure et harmonieuse, passe et repasse sur sa trajectoire qui unit la terre au ciel. Je vois les anges disparaître après avoir effleuré la terre, puis redescendre comme s’ils faisaient une roue de vols du trône de Dieu à la bourgade…

… Jésus me dit alors – mais sans m’apparaître –: «Voici le premier réconfort apporté à ta souffrance en ce temps de Noël: le chant qui remplissait les horizons la nuit qui m’a vu naître. Les anges chantent, de tout leur amour: “Paix aux hommes de bonne volonté.” Ils te chantent la paix, à toi. Réjouis-t’en. Je te bénis.»

J’ajoute maintenant – soit vingt-quatre heures plus tard, le 14 décembre au soir – que je suis encore tout heureuse de cette vision pacifique resplendissante, pacifique et harmonieuse... Et j’éprouve encore une joie – moindre certes, mais une joie quand même – car, au cours de mon bref sommeil, j’ai rêvé de quelque chose de festif, comme une promesse qui serait accomplie dans dix jours. Je ne me rappelle plus ce dont il s’agit ni de qui elle vient, car Toi[2] m’a réveillée en me faisant tellement sursauter que je n’ai pu en voir la suite ni m’en souvenir avec exactitude. Mais, je ne sais pas… j’ai aussi dans le cœur cette étincelle de joie.

N’allez pas dire: «Elle ne va tout de même pas commencer à croire aux songes?» Malheureusement, vous voyez vous-même que ceux des 22, 24, 26 et 28 novembre[3] ont été plus que confirmés par les faits. Je sais par expérience que l’avenir m’est annoncé, depuis ma petite enfance, pendant mon sommeil.

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Notes

  1. Le retour à sa maison de Viareggio, puisque la période d’évacuation à S. Andrea di Còmpito se poursuit. Voir la note 139. ↩
  2. C’est le nom de la petite chienne. ↩
  3. Voir le 29 novembre. ↩