The Writings of Maria Valtorta

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112. Le 18 avril 1946

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112. Chapter 112

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1946-04-18

Jésus vient parler pendant que je rends grâces après la communion du jeudi-saint.

J’étais en train de prier ardemment pour le Père, pour Paola, pour M. Teresa, pour E. Fed.ci,125 enfin pour moi, afin que mon innocence soit mise en évidence et pour que Dieu me défende. Je disais dans ma prière: «Seigneur, je t’offre la communion de ce jour, fête de l’Eucharistie, pour que tu viennes à mon secours et que tu aides ceux qui me sont chers ou que je sens avoir grand besoin d’aide. Sainte Vierge de Fatima, saint Jean ap…»

Jésus me coupe la parole en disant:

«Tu viens de nommer les deux âmes eucharistiques par excellence.

Marie, ma Mère, fut l’âme eucharistique par excellence. Eucharistie signifie posséder Dieu en soi, avec sa divinité et son humanité. Marie posséda dans son âme Dieu en sa divinité dès sa conception dans le sein d’Anne; elle posséda Dieu en son humanité quand, de l’état de fille de Dieu, elle devint son épouse et fut enceinte de lui; elle posséda Dieu avec son corps, son sang, son âme et sa divinité du soir du jeudi-saint à sa Dormition, car l’eucharistie fut sa nourriture, de même que son sein et son âme furent le ciboire de l’eucharistie.

Jean, le bien-aimé, fut rempli de pureté et d’amour dès l’âge de raison, il eut le désir ardent de Dieu dès ses plus tendres années, il eut une foi absolue en son Jésus, qu’il avait rencontré au bord du Jourdain, il connut la victoire sur le respect humain et les calculs des hommes, par amour pour moi. Du soir du jeudi-saint à son dernier soir, alors qu’il était presque centenaire, il s’ouvrit lui-même pour me recevoir dans le sacrement de l’Amour, comme il avait auparavant ouvert son intelligence à recevoir ma Parole.

Ce sont les deux âmes eucharistiques les plus parfaites de tous ceux qui ont appartenu ou appartiendront à la grande famille des chrétiens.»

Il ne dit rien de plus parce que ce sont des jours de pénitence, et il n’y a pas de pénitence plus grande pour la pauvre Maria que ce silence de Jésus, alors qu’elle ne peut plus accomplir ses pénitences ordinaires et quotidiennes qu’elle aimait tellement, excepté quand la bonté de Jésus le lui permet… Mais aujourd’hui je suis heureuse parce que j’ai pu reprendre les pénitences que Jésus m’avait supprimées en raison de mon état de santé. Je les ai offertes en réparation des souffrances de Jésus et pour le Père Romualdo qui, précisément aujourd’hui, me fait un reproche… Un autre blâme plus douloureux que des coups de fouet… J’offre aussi cette réprimande à Jésus souffrant pour mon directeur spirituel souffrant… qui me peine plus que tout autre… Puis je reprends, toute seule dans ma chambre – il est 21 h – car Marta fait ses visites aux sept églises.

Mademoiselle Rocchiccioli, la sœur de mon curé, venue pour une visite de bons vœux, m’a quittée depuis peu. Après avoir discuté de choses et d’autres, elle en vient à parler de Dora Barsotelli… Elle la décrit comme beaucoup le pensent, et elle répète cette affirmation: quand son mari viendra, on lui apprendra qu’elle n’est pas malade mais hystérique (j’ai plus ou moins la même impression…), et cela sous prétexte qu’elle est amoureuse du prêtre du lieu (?). Fort bien! Il ne manquait plus que ça! Com­mentaire: si elle était sainte, elle ne dirait pas certaines choses. Mademoiselle Rocchiccioli a raison. Mais le mal est qu’elle généralise et elle conclut: «Au moment de l’évacuation, on m’a parlé d’un homme ou d’une femme qui écrivait des révélations, des dictées, que sais-je! Et que le Père Migliorini s’occupait d’elle. Il ne vous en a jamais apporté à lire?»

Je réponds:

«Il ne m’en a jamais apporté.» Et en effet… il était inutile qu’il me les apporte… C’était moi qui les lui donnais pour qu’il les emporte… mais pour qu’il les garde, lui…

Mademoiselle Rocchiccioli termine en ajoutant: «Moi, je n’y ai jamais cru, parce que les saints ne font pas d’étalage, et le simple fait de vouloir être connus montre que ce ne sont pas des saints. Mais par curiosité, quand j’ai vu que le Père Mariano était en train de lire ces cahiers, je les lui ai demandés. Mais il n’a pas voulu me les donner, sous prétexte que le Père Migliorini, son supérieur, ne l’y autorisait pas. “Eh bien, gardez-les”, lui ai-je répondu. En tout cas, pour croire dans un saint, j’attends qu’il soit élevé aux honneurs de l’autel. Au demeurant: qu’il s’agisse d’un saint ou d’une sainte, à moins d’être fou il ne se ferait pas connaître avant que l’Eglise ne se prononce», etc.

«Vous avez raison, ai-je répondu. L’âme qui a compris Dieu ne recherche ni éloge ni notoriété humaine.» J’en étais plus que convaincue! C’est ce que je prêche depuis trois ans… sans jamais avoir été écoutée.

Mais, intérieurement, j’éprouvais la souffrance de celui qui voit s’émietter dans la boue ce qui est plus qu’un chef-d’œuvre humain, et je pleurais en pensant encore une fois à tout le mal commis contre l’œuvre de Dieu. Il est inutile de se fâcher, mon Père, ou de se rebeller contre la vérité, qui est bien celle-ci. Inutile de chercher à se persuader que ce n’est pas un mal alors que cela a été fait en opposition à la volonté de Dieu et à la prière continuelle de celle qui n’a jamais voulu être connue et qui ne voulait pas que l’on connaisse cet ouvrage avant sa mort, pour obéir à Dieu. En plus de la peine de devoir mentir en disant: «Je ne connais pas cela», il y a la douleur d’entendre considéré comme une erreur ce qui, justement, n’a pas été fait, et celle de voir l’Œuvre qualifié d’exaltation – ce qui n’est guère mérité! –, et surtout la parole de Dieu traitée avec mépris…

Quelle douleur! Quelle douleur! Vraiment, je suis flagellée plus cruellement que par des fouets… Mais toi, Jésus Christ, tu connais la vérité! Tu la connais… Mademoiselle Rocchiccioli, j’en suis convaincu, a parlé sans malice, elle ignorait qu’elle avait devant elle la personne qu’elle critiquait, et si elle l’apprend un jour, elle en sera plus humiliée que moi. Mais, en attendant, que d’humiliations et que de souffrances à la vue de l’Œuvre dépouil­lée de sa parure digne et surnatu­relle! Une farce! Réduite à une farce ridicule …

Oh, mon Père! Vous qui faites la grosse voix pour que Maria vous indique toute la gravité de l’erreur commise en divulguant le secret du Roi, que savez-vous de mes tortures, qui me font vraiment verser des larmes et même ma vie? De quoi vous affligez-vous?…

C’est le soir du jeudi-saint… Jésus a pardonné… et je par­donne…

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Notes