The Writings of Maria Valtorta

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125. Le 12 juillet 1946

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125. Chapter 125

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1946-07-12

Je pleure, parce qu’on est vendredi, jour de la communion, et que j’en suis privée… Ma souffrance, toujours intense, devient atroce. Toute mon âme gémit sous sa blessure et mon corps souffre comme s’il était touché à mort… Au milieu de mes larmes, je pense à mes confrères cruels comme aux bons, et je suppose que les bons souffrent avec moi et pour la même cause que moi. J’offre donc ma douleur pour atténuer la leur et arracher à Jésus un “oui” définitif concernant les manuscrits. Car, cette fois, sa divine intransigeance ne cède à aucune prière.

Le Seigneur vient me consoler par ces mots:

«Me voici, petit Jean. Ils t’empêchent de n’être que ceci: moi en toi, toi le ciboire qui me contient, pour notre joie commune. Petit, petit Jean, aimons-nous et que l’amour soit fusion. Viens sur ma poitrine, petit Jean, comme le faisait l’autre Jean, et que mon amour vienne en toi te donner ce qui t’est refusé…»

L’union suscite la confiance. Tout heureuse, je demande la grâce que les pères Berti, Migliorini et d’autres désirent.

Jésus devient sévère, il a le regard insoutenable des moments où il est justice plus que miséricorde… Je l’observe avec crainte, même si ce regard ne s’adresse pas à la pauvre Maria. Il se dé­place lentement dans la pièce, se penche sur les cahiers manuscrits revenus de Rome pour les corrections du pré-évangile. Il répète certaines phrases isolées qui s’y trouvent. Je les reconnais. puis il se tourne et me dit:

«Tu les comprends, n’est-ce pas?

– Oui, mon Seigneur. Veux-tu que je les écrive?

– Non. Elles sont déjà écrites. Les répéter reviendrait à provoquer leur jugement, toujours le même: “C’est ainsi que tu parles aux prêtres?” C’est ce que les prêtres d’Israël m’ont dit mille fois, car ceux qui sont en faute parlent impérieusement pour faire taire celui qui a raison, et ils affirment: “Tu as péché” pour ne pas dire: “J’ai péché.” Même lorsque les paroles proviennent de la Sagesse et qu’ils le savent, ils déclarent: “C’est toi qui as parlé” pour frapper la personne. Ne les réécris donc pas. Elles sont déjà écrites ici, pour qu’ils les lisent. Elles le sont ailleurs également, là où aucune main d’homme ne peut les détruire et où aucun œil d’homme ne peut refuser de les lire. C’est pourquoi je t’affirme que, en vérité, ils les liront un jour. Mais ces cahiers comme ceux qui se trouvent à Rome doivent revenir dans cette maison, sous ta garde. Le délai obtenu ne change pas le décret. Quand bien même mon Vicaire en personne prenait l’Œuvre et toi-même sous sa protection avec le cœur d’un vrai Christ – dans ce cas, grâce et bénédiction de Dieu descendraient sur sa tête –, les manuscrits devraient revenir ici, chez mon porte-parole.

Le signe de ma réprobation de ce qui est infligé à ton âme doit servir d’avertissement pour ceux qui en sont responsables et leurs successeurs. L’atroce torture qu’ils t’ont causée ne s’effacera jamais de ton âme, ni sur terre ni au ciel: ici marque de douleur, là signe de gloire, cette grande souffrance se change en élection, comme il est dit dans l’Apocalypse de Jean. Que ce signe demeure en eux comme en toi. Certes, je peux pardonner tout ce que l’on inflige à “l’instrument”, car j’ai pitié des “morts” semblables à ceux de sardes, et je leur laisse le temps de raffermir ce qui n’est pas encore mort et de faire revivre ce qui est éteint, c’est-à-dire la capacité d’entendre Dieu par ton intermédiaire, ma petite voix. Mais je ne puis laisser sans châtiment ceux qui s’en prennent à ton âme, et plus encore à moi, en nous refusant de nous unir par le Sacrement et de te nourrir des sacrements que j’ai institués pour toutes les âmes en état de grâce ou qui ont besoin de la retrouver. Qui plus est, ils te le refusent bien qu’ils connaissent ta condition et celle de cette ville.

J’ai payé de mon sang pour toutes les âmes. J’ai payé par anticipation. Je me suis livré pour que vous me possédiez. Qui donc peut me refuser à mes enfants bien-aimés? Je ne puis tout pardonner parce que, s’il est vrai que je suis celui qui pardonne, je mets comme condition de la mesure du pardon la mesure de l’amour qu’a le coupable. Or il n’y a pas eu ici d’amour, ni envers Dieu pour qui se communiquer est une joie, ni envers toi, pour qui me recevoir est la vie de ton âme. Si donc je pardonne la souffrance infligée au porte-parole, je punis pour la douleur causée à ton âme de chrétienne. Porte donc ceci à la connaissance de ceux à qui il faut le dire.»

Jésus s’éloigne ensuite, après m’avoir bénie.

Cela se passait à 9 h 30… A 11 h, le facteur m’apporte deux lettres, ou plutôt trois: une du Père Migliorini, en désaccord avec celle du Père Berti du même jour, une de Venise de sœur Saviane, la troisième du Père Pennoni qui m’annonce son intention de s’adresser au saint-père pour obtenir sa protection. Je ne fais aucun commentaire. Je fais seulement remarquer que Jésus avait déjà prévu cette possibilité, en confirmant toutefois que, même dans ce cas, les manuscrits doivent revenir chez moi.

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Notes