The Writings of Maria Valtorta

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133. Le 13 octobre 1946

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133. Chapter 133

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1946-10-13

Leçon secrète sur le mérite que peut obtenir un infirme ne serait-ce qu’en sachant supporter en paix la pensée: «Par ma faute, A ne peut aller à la messe, B ne peut pas se reposer», et ainsi de suite. Se supporter même si l’on se voit avec peine être un poids pour les autres, c’est toujours une vertu. Dieu sait en tirer un titre de récompense pour le malade comme pour celui qui est empêché à cause de lui de faire ceci ou cela.

En guise d’explication pour ceux qui liront plus tard ces brèves mentions de leçons secrètes, je précise que Jésus m’a ordonné de ne plus écrire les directions intimes qu’il adresse à mon âme, pour punir ceux qui ne savent pas reconnaître que c’est bien lui qui me parle, ou qui mentent en prétendant ne pas le reconnaître à seule fin de décourager mon âme en manquant à la charité et à la sincérité. C’est donc ce que je fais depuis le 25 septembre, et je me borne, comme il le veut, à mentionner le sujet et la date de ces instructions secrètes.

Peut-on faire violence au Feu dévorant et à Dieu-Amour quand il veut aimer? Aimer de manière sensible? Non. J’en fais l’expérience.

Aujourd’hui s’abat sur moi l’une des plus violentes heures d’amour divin que j’aie jamais connues. Je la sens venir… Bien que ce soit une vague immense, ce n’est pas un poids qui m’oppresse mais une force qui m’attire, m’arrache à la terre et m’emporte loin vers le haut… Je la sens venir et me porter toujours plus à l’extase et, avant d’être étourdie par son ineffable douceur, je me souviens de ma prière et de mon offrande du 15 août, et je supplie: «Non, pas pour moi! Pas pour moi! Pour eux, afin qu’ils t’aiment.» J’ai toujours le désir de renoncer à mes joies mystiques pourvu que, eux, ils voient et comprennent.

Mais, accompagnée d’une douceur encore plus forte que l’infinie douceur qui précédait, la voix indescriptible du Dieu un et trine, descendant du ciel, me parvient de l’océan de lumière et de feu qui me surplombe. Elle me dit: «Non. C’est en vain que tu me repousses pour un sacrifice d’amour. C’est toi que je veux. Je veux me donner à toi. Je cherche du réconfort. Je cherche un cœur qui m’aime. Je ne veux pas des connaissances, mais de l’amour. Je ne veux pas discuter, mais posséder. Je ne veux pas réprimander, mais aimer. Je te veux, toi. Rassasie-moi. Console-moi. Aime-moi. Je me déverse là où je trouve quelqu’un qui comprend mon désir infini de me communiquer. Ecris, puis viens…»

Il ne me reste qu’à m’abandonner… et m’entendre dire: «C’est aussi pour eux qu’il te faut aimer. Je veux que tu me rassasies de l’amour qu’ils ne savent pas me donner comme je le désire. Et je veux te pénétrer pour que tu arrives à les aimer comme moi j’ai aimé mes bourreaux: sans mesure. Car lorsqu’on aime parfaitement, on aime démesurément les plus malheureux, ceux qui font notre douleur. Sans notre amour, ils seraient perdus.»

Je me sens enivrée et ardente comme il n’est pas permis de le décrire, j’aime Dieu et en Dieu toute la création, les habitants du ciel comme ceux qui vivent sur la terre ou qui souffrent au purgatoire, tous, tous et… – ah, ils ne pourraient pas le croire même si je le leur disais! –, je les aime, eux, comme une mère peut aimer ses enfants malades qui, à moins d’être soignés avec le plus grand amour, risquent de périr et souffrent de leur maladie, même s’ils s’imaginent ne pas l’être et ne pas souffrir.

Seigneur, pas si violemment, si je dois te servir! Tu connais ma faiblesse absolue! Mais quand je redeviens la pauvre créa­ture que je suis, une paisible douceur au cœur en souvenir de l’ouragan d’amour qui m’a emportée, je sens que le Seigneur n’a pas exaucé ma prière et que mon cœur a résisté uniquement parce qu’il l’a voulu; mais il bat maintenant dans le même état d’épuisement qu’un oiseau qui se serait monté trop haut et qui aurait chanté trop fort… Si mon Seigneur est consolé, si mon néant a pu servir au Tout, vive l’amour et la douleur de mon cœur exténué m’est bien douce… Mourir même par violence d’amour! Vivre et mourir, cela revient à quoi? A rendre Dieu heureux.

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