The Writings of Maria Valtorta

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43. Le 8 septembre [1948]

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43. Chapter 43

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1948-09-08

« Contemple les béatitudes qui se trouvent dans le Magnificat et la grande vérité que recèle les mots “mon Sauveur”. [Lc 1, 47] A ceux qui te font des objections sur “la seconde-née” de Dieu, sur “l’âme du Christ part de Dieu”, apporte deux éléments à prendre en considération :

I – Marie est née d’une union humaine, et elle a été sauvée (pré-sauvée ou préservée), comme tous ceux qui croient en moi, en vue des mérites futurs du Christ Sauveur.

Si elle avait eu une nature divine, comme l’assurent à tort certains — qui comprennent mal parce qu’ils s’en tiennent aux mots exacts que j’ai prononcés et ne savent pas lire avec l’esprit, qui est vie —, elle n’aurait pas eu besoin d’être sauvée. Par conséquent, Marie, remplie de l’Esprit Saint, n’aurait pas appelé Dieu “son Sauveur”.

II – Toute âme est une part de Dieu[1] puisqu’elle est “haleine, souffle ou esprit de vie” infusé par Dieu dans la chair de l’homme. Avec quelle perfection supérieure aura donc été cette haleine, ce souffle ou esprit que Dieu a infusé dans sa future Epouse immaculée, qui est aussi sa Mère, son Ciboire et son Arche !

Mais laisse-les dire. Seuls les aigles fixent le soleil. Seules les abeilles extraient le miel des fleurs. Les autres ne peuvent garder les yeux fixés sur l’infinie Lumière qui est Vérité, ou utilisent les fleurs pour en faire leur litière ou du foin à ruminer.

Mais la vérité est celle-ci : l’âme est une part de Dieu, et l’âme de Marie était une part de Dieu.

Laisse-les donc faire ! Ils inclineront leur front ici, devant la Vérité siègeant sur son trône sublime, lorsque, pour toujours ou pour un instant, ils verront le Soleil qui est vérité et seront pour l’éternité des “aigles vivants” ou des aigles foudroyés. Ce sont actuellement des pygmées qui se prennent pour des géants, des oiseaux de nuit qui tiennent le feu futile de leur science pour le soleil de ma sagesse. Sache cependant que…[2]

[Lc 1,46-55] [Mt 5,1-12] Contemple encore les béatitudes, les premières, ce prélude aux Béatitudes de la Montagne qui se trouve dans le Magnificat, pour qui sait lire. Regarde, je vais t’en éclairer le sens :

La béatitude de la pauvreté en esprit : Marie n’a jamais connu la convoitise ni l’avarice. Elle n’a jamais désiré sa propre gloire, et dès qu’elle en a, elle la partage. Elle n’a cessé de la partager à toute l’humanité. Elle porte la grâce à Jean-Baptiste, la charité à sa cousine, un miracle à Zaccharie. Elle donnera ensuite la Grâce même aux hommes, elle sacrifiera son amour de Mère et son cœur, tout, dans une vraie pauvreté en esprit. C’est pourquoi elle sera la Reine du Royaume des Cieux. Marie s’est offerte docilement, en instrument de la plus grande et de la plus douloureuse volonté de Dieu : la Rédemption. C’est ainsi qu’elle est devenue la Mère que toutes les générations de la terre appelleront bienheureuse.

Après le Ciel elle a hérité de la terre, parce que, en plus de ne connaître ni la convoitise ni l’avarice, elle s’est montrée docile. En se reconnaissant servante de Dieu — et ce n’étaient pas que des mots —, Marie se consacre aux larmes et à la douleur, mais déjà son esprit exulte en Dieu son Sauveur, puisque ceux qui pleurent seront consolés.

Dès son âge le plus tendre, Marie avait faim et soif de justice lorsqu’elle se tenait les mains levées, dans l’offrande, afin que la justice triomphe dans le monde. Et Dieu l’a comblée de lui, le Bien suprême.

Marie devint servante pour qu’il soit fait miséricorde à l’humanité, et la Miséricorde s’est incarnée en elle et est née d’elle.

Marie a eu la crainte de Dieu, c’est pourquoi elle fut angéliquement pure. Elle a vu Dieu dans sa double nature, elle l’a allaité, soigné, et elle l’a aimé comme nul autre.

C’est avec l’équilibre constant des justes que Marie, artisan de paix, a engendré la Paix, paisiblement ; c’est avec la maîtrise parfaite des innocents qu’elle a accueilli l’honneur et le devoir suprêmes d’être Mère de Dieu et Co-rédemptrice. Et Dieu a fait tant de merveilles en elle que, de tous ceux qui sont nés d’une volonté humaine, elle est la vraie fille bien-aimée de Dieu.

Marie est humble, c’est pourquoi elle est exaltée au-dessus de toute créature.

Elle est persécutée en raison de son amour fidèle à la cause de la justice, c’est pourquoi le Royaume de Dieu est né en elle, et elle en lui.

L’humble femme de Nazareth outragée, calomniée, raillée et méprisée jusque par sa parenté, est aussi, comme elle le proclame elle-même dans son chant d’allégresse, celle qui glorifie le Seigneur pour son infinie puissance, son amour, sa justice ; elle est la première voix dans le chœur des saints, entrés dans le Royaume parce qu’ils se sont montrés pauvres en esprit, pauvres matériellement mais riches en vertu, ou parce qu’ils ont été doux, affligés, parce qu’ils ont aimé la justice, parce qu’ils ont été miséricordieux, purs, artisans de paix, ou persécutés.

En vérité, je te dis que, tout comme Marie, née d’une volonté d’homme et du sein d’une femme, est cependant Fille de Dieu et Reine du Ciel, chaque personne née d’un homme peut par sa seule volonté obtenir ce que Marie a eu : Dieu en soi, et le Royaume de son Père pour les siècles des siècles. »

… « Où célébrait-on le Mystère[3] ? Dans le secret des catacombes. Sur quoi reposait-il ou par qui était-il gardé ? Sur le corps des martyrs, ou par les meilleurs du troupeau de Jésus. Par conséquent… »

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Notes

  1. A comprendre comme : « avoir part à la vie divine », et non comme « un morceau ». ↩
  2. Vraisemblablement, Maria Valtorta devait garder pour elle ce qui suit les points de suspension. ↩
  3. Le Mystère eucharistique, la messe. ↩