The Writings of Maria Valtorta

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56. Le 28 janvier 1949

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56. Chapter 56

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1949-01-28

Aujourd’hui, 28 janvier 1949

Devant ma perplexité, Jésus répond ceci :

« Je n’ai jamais permis, jusqu’à ce jour, que tu connaisses des livres de révélations réelles, ou d’ouvrages qui relatent les visions de telle ou telle créature. Je l’ai permis maintenant. J’ai même inspiré d’autres personnes de te porter ces deux livres, que tu n’aurais jamais connus sinon.

Et je te le dis désormais : si tu le souhaites, lis tranquillement tout ce qui parle de moi ; mais tu t’interdiras de toi-même cette lecture, car tout récit humain te semblera trop insignifiant, il te donnera la nausée, et tu repousseras le livre.

Il ne t’est plus donné d’éprouver du plaisir à lire des livres sur moi, des livres d’homme, depuis que tu as vu la vérité vraie de ma vie et de ma mort. Toute parole d’écrivain non voyant te paraîtra vide, théâtrale, non sincère, maniérée, ennuyeuse. Tu pourras encore me retrouver, moi le Jésus réel, Maître ou Martyr, dans les pages des rares âmes auxquelles je me suis moi-même révélé sous mon apparence de Maître et dans mon rôle de Martyr. Dans ces pages-là, tu me reconnaîtras encore. Tu m’as même déjà reconnu, sans te tromper, dans le livre de Josefa[1] : je m’y trouve vraiment, tel que je suis dans les pages que tu as écrites en cinq années.

L’autre ouvrage t’a laissée dans l’incertitude, insatisfaite, et même troublée jusqu’à la nausée… Tu as raison ! Tu ne m’as pas retrouvé, moi, le vrai Jésus, ni les événements de ma vie, pas plus que ma Mère, ses vrais sentiments, ou même le monde de ce temps-là. Les personnes nourries de la moelle vivante de la vérité, celles qui m’ont réellement vu, ne peuvent apprécier ce qui a été travaillé par les hommes. Or ces pages l’ont été grandement (les pages des révélations d’Anne-Catherine Emmerich). Et tu t’es demandé : “Mais alors, cette femme, qui prétend tellement aimer Dieu, n’aurait-elle pas dit la vérité ?”

Je te réponds, avec charité mais aussi avec justice, en te conseillant de te remettre en mémoire les conditions qui sont, comme je te l’ai dit, indispensables pour qu’un instrument soit parfait : une humilité constante, une sincérité scrupuleuse, une obéissance totale. L’Allemande avait bien ces vertus. Je te réponds donc :

Par un ensemble de circonstances, ces pages ne reflètent pas la vérité de ce qu’elle a vu. La poussière de l’humanité[2] a corrompu la pureté de la vérité. Les hommes ont voulu faire des ajouts à l’œuvre de Dieu, et l’ont défigurée, comme toujours. C’est ce qui serait arrivé aux visions que je t’ai données si toi, ou d’autres, aviez voulu y ajouter quoi que ce soit ou apporter des modifications. Toi dans l’idée d’enjoliver le récit, d’autres en pensant le perfectionner. Vous auriez tout gâché. Dieu seul est Vérité, Dieu seul est un parfait Auteur.

Dans ce cas précis, l’Eglise enseignante a raison de se montrer perplexe et d’hésiter depuis tellement d’années à définir les révélations d’Anne-Catherine. Dans ce cas précis. Dans le tien, elle ne doit pas l’être : le simple sens commun et un bon discernement permettent, en comparant les pages de l’Allemande aux pages que tu as écrites à la suite de visions, de sentir la différence : dans tes pages, on me reconnaît, moi, on sent la vérité historique, pure, de ton récit.

En revanche, je suis dans le livre de Josefa, et tu m’y as tout de suite senti, tout comme dans les quelques mots que t’a envoyés le Père Berti, provenant d’écrits envoyés par Mgr Crovella.

Je n’ai qu’un style. Je peux amplifier mes paroles pour faire une œuvre complète comme celle que je t’ai donnée, ou les réduire comme pour Josefa, mais on me reconnaît.

Tu montreras cela au Père. Et lis aussi, si tu le peux, ce qui parle de ma vie divine. Désormais, tu peux lire. Car depuis deux ans, tu as tout vu de moi et tout écrit sur moi.

Néanmoins, je t’interdis encore de lire d’autres ouvrages qui traitent des épîtres ou des Actes des Apôtres. Je veux être le seul à t’enseigner. Moi, comme Dieu, comme Père, comme Fils, comme Esprit Saint.

Pour toi seule ou pour tous, je suis ton seul Maître. Je refuse qu’une autre sagesse que la mienne pénètre ton ignorance vierge, ton ignorance toujours vierge, qui le redevient dès que cesse l’enseignement de Dieu. C’est ainsi que je veux que tu sois. Je te veux “petite”, je te veux “pauvre”, pour être le seul à te faire grandir, le seul à t’enrichir. Je te veux affamée de moi, mais je veux être le seul pain qui rassasie ta faim de sagesse surnaturelle.

Souviens-toi : je suis en Josefa comme en toi. En Anne-Catherine, en revanche, interfèrent ceux qui ont voulu orner ce qui était parfait, et ont donné au parfait un visage qui n’était plus le sien. »

Pour rendre compréhensible cette dictée, je note :

Le 22 janvier, Giovanni Chessa m’a apporté des livres de vies de saints à distribuer à des âmes désireuses de bonnes lectures. Il l’a fait à d’autres reprises, et ces vieux livres m’ont servi à faire du bien à diverses personnes. Je les distribuais sans les lire.

Cette fois, il m’a apporté le livre “Un appel à l’amour” (Ecrits de sœur M. Josefa Menendez). Il y a longtemps que je désirais lire ces écrits, depuis qu’on m’avait envoyé par hasard une petite image de la religieuse espagnole. Mais je m’étais toujours interdit de rechercher le livre, puisque Jésus m’avait défendu de lire des ouvrages de révélations, ou du même genre : il disait que lui seul voulait m’instruire.

Avec le livre de sœur Josefa, qui s’orne d’une préface de celui qui était alors le Cardinal Eugenio Pacelli (1938), Chessa m’apporte “Les révélations d’Anne-Catherine Emmerich”. Je me dis : « Cette fois, je veux le lire ! J’en entends toujours parler ! Voyons un peu ! »

Jésus m’apparaît alors, et me dit : « Lis, lis donc ! Mais commence par celui-ci. » Il m’indique le livre de sœur Josefa. Son sourire me surprend… Il n’est pas comme d’habitude. On dirait presque qu’il me taquine. J’obéis.

Dans les écrits de l’Espagnole, je sens mon Jésus. Je le retrouve pleinement, à la fois dans les leçons et dans les descriptions de la Passion.

Mais dans l’autre… quelle déception ! Je suis tellement déconcertée qu’après l’avoir terminé, je me demande : « Mais a-t-elle réellement écrit, ou du moins dit, ce qu’elle a vu ? Ou celui qui l’a aidée à mettre ses visions par écrit a-t-il changé les descriptions arbitrairement ? » J’ai tendance à pencher pour cette dernière idée, parce qu’il me paraît impossible qu’une âme qui aime Dieu puisse se permettre d’altérer la vérité.

Dans sa rencontre d’aujourd’hui, Jésus vient de me répondre. Cette leçon servira peut-être aussi à l’Eglise.

Il est certain que je vais garder pour moi le livre de sœur Josefa, car j’y retrouve mon Jésus. Mais je donnerai l’autre dès que j’aurai montré au Père Berti certains détails que j’y ai relevés.

Il peut éventuellement plaire à ceux qui n’ont pas vu la réalité. Mais pas à moi : il me peine au contraire, parce qu’il diminue l’aspect grandiose de la figure de Jésus et de celle de Marie.

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Notes

  1. Sœur Josefa Menendez était espagnole, religieuse du Sacré-Cœur de Jésus, à Poitiers. Sa cause de béatification est en cours. Le message de Jésus est relaté, dans le livre intitulé : « Un Appel à l’Amour » qui a paru en 1944. ↩
  2. Dans l’œuvre de Maria Valtorta, le mot humanité est employé par Jésus dans le sens de l’insuffisance humaine. ↩