The Writings of Maria Valtorta

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60. Le 22 février 1949

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60. Chapter 60

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1949-02-22-2

Après le discours du pape suivant la condamnation de Mindszenty.[1]

Jésus dit :

« Oui, mais j’aurais voulu davantage, de la part de celui qui parle et qui approuve. Je voudrais une mesure de justice égale pour tous. Car toutes les âmes ont les mêmes droits et devoirs aux yeux de Dieu et des hommes. Il n’y a pas deux poids et deux mesures pour juger, d’une part les puissants, les proches, ceux dont on espère quelque service ou dont on craint les représailles, et d’autre part les “petits” du troupeau, ceux qui ne sont qu’un numéro, une minuscule partie du Corps mystique, ceux qui sont sans valeur, qui ne font pas peur et qu’on pense pouvoir opprimer, dépouiller, calomnier sans provoquer de scandale.

Quelle différence y a-t-il entre l’âme de Josef Mindszenty et celle de Maria Valtorta ? Aucune. L’âme ne porte pas la pourpre du prêtre Prince de l’Eglise, il porte seulement celle de sa sainteté. Or celle-ci lui vient de sa volonté d’être sainte par amour pour Dieu.

L’âme, toute âme, a été créée par Dieu et est prédestinée à la grâce pour le Christ.

L’âme, toute âme fidèle à sa fin dernière, est égale à mes yeux, a la même valeur, les mêmes droits tant auprès de Dieu qu’auprès de l’Eglise. Et si certains s’élèvent contre les traitements injustes commis à l’égard d’un pasteur vêtu de pourpre, pourquoi agissent-ils avec la même injustice envers une âme qui porte la pourpre du sacrifice et de l’amour ?

Avec quelle audace pose-t-on des revendications — qui ont déjà obtenu leurs réponses —, s’il est possible qu’une Eglise (et par Eglise j’entends le Pape) se taise quand elle devrait parler (avec sainteté et justice dans tous les cas, pas seulement quand il s’agit d’un de ses dignitaires) ; qu’une Eglise affaiblisse la Loi de Dieu en l’adaptant au goût des volontés humaines (en se pliant à la volonté des intelligences remplie du levain[2] que j’ai ordonné à mes apôtres de ne pas prendre) ; qu’une Eglise ne s’oppose pas à l’oppression des consciences et ne protège pas les droits et les libertés du peuple (alors que l’on permet ici[3] l’oppression d’une conscience innocente, dont les droits et la liberté, non seulement ne sont pas protégés, mais sont violés) ; une Eglise qui reste fermée et qui ferme, au lieu de s’ouvrir pour laisser ma Parole, que je viens de donner à nouveau, pour instruire les gens ?

Or si le Pape ne peut se taire lorsque, avec ruse et violence, on viole la liberté d’aimer Dieu et l’Eglise, puis-je me taire, moi, quand, en vérité, on foule aux pieds ma propre liberté d’élire une âme à mon service et de lui faire un don pour tous ceux qui croient en moi ? Puis-je me taire, moi, quand je vois qu’on en vient à punir par un emprisonnement moral et spirituel l’âme que j’ai élue, en la sacrifiant sous prétexte qu’elle était coupable de me servir ? Et si vous condamnez à juste titre l’ingérence des dictateurs dans la suprême liberté de l’homme d’aimer Dieu et de le servir, pourquoi commettez-vous le même péché, en vous ingérant par des violences dictatoriales dans ma divine liberté d’élire une âme et de lui faire un don, et dans sa liberté de me servir d’une manière extraordinaire ?

J’ai enseigné que les actes doivent correspondre aux paroles, pour ne pas être idoles et mensonges. Je vous ai appris à ne pas faire aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Je vous ai demandé de ne pas scandaliser les petits et de ne pas perdre les enfants que je vous ai confiés.

Elle[4], elle ne se perdra pas. Elle est dans mes bras. Mais beaucoup d’autres seront scandalisés, car le scandale hurle de lui-même vers le Ciel, et c’est en vain que vous essayez de l’étouffer : la vérité vient toujours à la lumière, elle accuse, et couronne d’ignominie les persécuteurs, mais de gloire les persécutés.

Et là où la foi est déjà si tiède, le rationalisme si actif, l’indifférence si forte, la peur si intense, la trahison et l’abjuration très faciles pour sauver sa vie, le communisme déjà bien enraciné et actif, il est inutile que le scandale effrite encore plus le nombre des fidèles, déjà en déclin.

Ne vous laissez pas tromper par les éloges flatteurs. Ils précèdent toujours les appels à la crucifixion.

D’ailleurs vous devriez vous souvenir des louanges adressées à un homme idole[5], que ceux-là même qui l’avaient encensé mille fois ont tué comme une bête sauvage dangereuse avant de ridiculiser son cadavre, comme je l’avais annoncé au porte-parole il y a bien longtemps ! Vous devriez vous rappeler ces clameurs de louange, plus tard étouffées par des hurlements encore plus stridents de condamnation et de mépris ! Et après ? La mort ignominieuse.

Seriez-vous au-dessus du Dieu fait homme ? Or, cinq jours après les hosannas, le Dieu fait homme ne fut-il pas raillé, condamné et tué par la haine de tout un peuple qui l’avait loué ? Et, de tous ses amis, s’en est-il trouvé un seul qui ait tenté de l’arracher à ses bourreaux ?

Vous me provoquez, vous me tournez en dérision. Car c’est moi que vous provoquez, pas mon instrument. Moi, je respecte votre liberté de nuire. Mais ne m’appelez plus à l’aide. Car je ne viendrai pas, et je respecterai la liberté des autres de vous nuire.

Vous n’aimez pas le Dieu-Amour ? Dans ce cas, redoutez le Dieu-Justice. »

Puis, il me dit :

« Quant à toi, jubile, mon âme, car tu as ainsi le signe que tu es vraiment à moi. A ceux qui m’appartiennent, je donne mon signe : être persécuté, accusé, condamné injustement. Rappelle-toi : interroge-toi toujours sur la vérité des personnes qui se donnent l’air d’être mes serviteurs ou le professent, si tu ne les vois pas persécutés.

Mon véritable disciple passe par les épreuves que leur Maître a subies et qu’il a prophétisées aux Douze quand il les préparait à leur mission. Relis le chapitre 10 de Matthieu, et tu te retrouveras dans tes plus beaux vêtements : ceux de ma disciple, que j’aime pour cette raison, et que les autres haïssent pour la même raison.

Lis, dans le livre de la Sagesse, la première partie du chapitre 3, et tout le chapitre 5, et tu trouveras ce que tu seras après cette pauvre vie, et ce que seront les autres. Relis aussi le dernier chapitre du livre de Job.

Dieu laisse faire les censeurs injustes jusqu’à un certain point, puis sa colère s’abat sur eux — tandis qu’il répand sa bienveillance sur le juste abusivement opprimé : c’est le triomphe du juste.

La seule chose qui compte, ce sera de ne pas m’avoir offensé, mais aimé, en obéissant à toutes mes volontés. Cela a une valeur éternelle.

C’est bien ce que tu as fait. Réjouis-toi donc d’être marquée du signe des vrais disciples, dans l’attente de ton destin futur : “Quis ascendit in montem Domini aut quis stabit in loco sancto eius ? – Innocens manibus et mundo corde.”[6]

Que ma paix soit avec toi. »

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Notes

  1. Le cardinal Josef Mindszenty, Primat de Hongrie, fut condamné en 1949 à la prison à vie par un tribunal populaire communiste. Sa cause pour son procès en béatification a été ouverte en 1996. ↩
  2. Lc 12, 1 : le levain des pharisiens. ↩
  3. Dans le cas de Maria Valtorta. ↩
  4. Il s’agit de Maria Valtorta. ↩
  5. Il s’agit de Benito Mussolini. ↩
  6. Ps 23, 3 : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes. » ↩