The Writings of Maria Valtorta

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13. Leçon n° 13 — Rm 4.

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13. Chapter 13

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13

1 février 1948.

Rm 4.

L’Auteur Très-Saint dit:

«Abraham fut le père de tous les croyants, c’est-à-dire deceux qui par leur justice non seulement méritent d’entendre résonner dans leur esprit la Voix spirituelle et très sainte de Dieu, mais en même temps savent comprendre les paroles de cette Voix ineffable, savent croire en elle et obéir à ses commandements.

Il n’existe pas, il n’a jamais existé et il n’existera jamais créature humaine qui n’aurait entendu résonner, au moins une fois, brièvement, ou plusieurs fois et longuement, cette Voix dans son for intérieur. L’appel mystérieux de cette Voix, c’est l’appel du Seigneur unique et saint, Créateur universel. C’est un appel qui arrive et nous pénètre comme une flèche de lumière, ou comme une onde sonore, parfois douce, parfois sévère, parfois terrible.

Il n’est pas nécessaire que l’homme appartienne à la religion catholique pour ressentir cet appel. La voix de Dieu arrive partout, Dieu étant Créateur non seulement des enfants de son peuple, mais aussi des sauvages qui ne connaissent même pas son saint Nom. Son appel est ressenti partout. Il résonne non seulement dans les églises catholiques, dans les nations catholiques et civilisées, ou en celles des nations civilisées et non catholiques, mais aussi parmi les peuples des autres religions révélées. Il remplit de sa présence les solitudes sauvages et glacées, les régions inexplorées, les îles lointaines et perdues, les archipels où l’homme est presque au même stade que celui des bêtes sauvages, esclave d’instincts souvent débridés. Il remplit de sa présence les chaudes forêts encore vierges, à la végétation enchevêtrée, où la civilisation n’a pas encore apporté son progrès et sa subtile corruption. Dieu parle en tout lieu. Car c’est lui qui a créé tous les hommes.

Mais, souvent, surtout lorsqu’il s’agit d’appels de reproche, les hommes, et pas seulement les non civilisés, confondent l’appel mystérieux de Dieu avec la voix de leur propre conscience, avec le remords qui crie au fond de leur moi. Quelquefois, surtout au commencement des temps, l’homme coupable savait distinguer la voix de Dieu de celle de son propre moi, troublé par le remords. Caïn est un exemple d’homme coupable encoreen mesure de faire cette distinction. Mais avec le temps, la capacité de l’homme de comprendre et de distinguer – je parle de l’homme au cœur corrompu – s’est obscurcie. Elle s’est obscurcie parce que la négation de Dieu, ou le mépris de Dieu, se sont installés dans l’homme comme un barrage massif qui empêche la voix et la lumière de passer.

Le “surhomme” qui se proclame tel par lui-même est un monstre, une déformation de l’homme. C’est le bâtard venant de l’union adultère de la raison humaine, devenue rebelle à Dieu, son Créateur, avec l’Ennemi de Dieu. L’homme du siècle, c’est-à-dire l’homme qui s’auto-génère selon des doctrines humano-sataniques, ne peut plus et ne veut plus comprendre l’appel de Dieu, car il s’est éloigné de Dieu par sa propre volonté et n’est pas en condition de désirer cet appel. Même s’il est catholique de nom, et même s’il est catholique pratiquant, et même s’il porte la soutane sacrée, il n’est plus en mesure de reconnaître, ou très difficilement, la voix de Dieu comme telle.

Trop de choses occupent l’esprit de ceux-là aussi qui, par l’habit qu’ils portent ainsi que par la mission et la grâce d’état, devraient être extrêmement sensibles à l’appel de Dieu, à la compréhension de ses paroles. Le poids de leurs choses à eux les empêche d’entendre. L’orgueil étrangle ou obscurcit leur raison et rend sourd leur esprit. La raison du superbe est une raison folle. Donc, elle n’est plus raison. Pour l’Eternel, un esprit superbe est comme un autel déjà occupé, un autel où lui ne peut plus descendre pour dire ses volontés. Un autre s’y exprime déjà… avec l’âpre voix de la concupiscence. Même si Dieu, depuis son trône de gloire, lance un appel et même si l’appel pénètre, il est étouffé. Orgueil l’exige. Le fait d’entendre et de mépriser serait bien trop gênant, mieux vaut donc éviter d’entendre.

Abraham, lui, était quelqu’un qui aimait le vrai Dieu. Son esprit n’était pas orgueilleux. Il voyait Dieu en toutes choses. Il se sentait créature. Dans un acte de soumission révérencielle, il pliait son esprit devant le Très-Haut qui se manifestait dans toute la Création. Son esprit était celui d’un juste: il se tenait pur de l’idolâtrie sous toutes ses formes.

Dans son corps aussi Abraham était juste. Il obéissait aux commandements que Dieu avait donnés à Adam, le père deshommes. Il avait épousé Sarah pour être avec elle une seule chair, pour croître et multiplier le nombre des hommes sur la Terre. Il travaillait la terre pour en tirer sa nourriture. Sa fatigue lui était chère, il trouvait juste qu’elle fût pénible. Il trouvait juste que son pain soit assaisonné du sel de sa sueur. Il trouvait que la mort, elle aussi était juste: et que sa propre chair serait devenue poussière. Il était humble devant le Très-Haut. Il se sentait “poussière”, grain de poussière devant l’Immense, l’Infini, le Tout-Puissant. Comme un grain de poussière il se laissait transporter par la volonté du Seigneur, sans s’attacher aux choses transitoires.

Puisqu’il croyait en Dieu, qu’il lui était soumis et qu’il avait confiance en sa bonté, Abraham possédait les qualités pour entendre dans son esprit la Voix très sainte de Dieu, pour en saisir le sens et pour agir en conséquence.

Voici ce que Paul écrit en se reportant aux paroles de l’Ecriture: “Abraham crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice”. Même si cette affirmation de l’Ecriture vient après la promesse faite par Dieu à Abraham concernant sa descendance, Moi je vous dis qu’Abraham a cru bien avant la promesse. Il a cru lorsque les conditions pour croire étaient les moins favorables, lorsqu’il était en fuite hors de sa terre et de sa parenté. Il a cru, même s’il était certain que son épouse Sarah n’aurait pu avoir d’enfants, d’après l’évidence. Il a cru lorsqu’il était impossible de s’imaginer que Dieu aurait fait de lui “une grande Nation”; et qu’à cette Nation, formée par sa descendance, “Dieu aurait donné cette terre-là”, la terre destinée à devenir la Palestine. Il a cru que la terre s’étendant “au nord, au sud, à l’est, et à l’ouest” deviendrait un jour la sienne, et appartiendrait plus tard à sa descendance, c’est-à-dire à la “race que Dieu multiplierait comme les grains de poussière qui sont sur la Terre”.

D’un grain de semence peut venir un épi riche de plusieurs grains. De ces grains, une fois disséminés, on peut récolter cent nouveaux épis. Semés à nouveau, les grains de ces épis peuvent donner mille, dix mille, puis cent mille nouveaux épis. Mais s’il n’y a pas une première semence, comment pourrait-on engendrer une postérité et la multiplier? Abraham n’avait pas le premier germe, l’héritier. Le sein stérile de Sarah ne pouvait produire aucun germe de postérité. Et toutefois, en dépit de tout, Abraham crut que Dieu lui donnerait un héritier. Même si le temps s’écoulait sans l’accomplissement de la promesse, sa foi demeurait la même. Cela lui fut reconnu comme justice. Indépendamment des autres œuvres, Dieu le jugea digne de ses grâces à cause de sa foi.

La foi, donc, est circoncision mystique. Elle a une valeur qui dépasse celle du rite matériel. Dieu reconnaît ses serviteurs en ceux qui ont foi en lui et se soumettent à ses volontés. Il ne sert à rien d’avoir une marque sur la chair, d’avoir son propre nom inscrit dans un registre, si la marque d’appartenance au vrai Dieu n’est pas gravée dans le cœur, s’il y a contradiction entre le nom qu’on porte et les œuvres qu’on accomplit? L’héritier fut promis à Abraham à cause de sa foi. Votre héritage à vous, vous l’aurez par votre foi. Avoir la Loi sans la suivre par manque de foi devient cause de la perte du Royaume des Cieux, plutôt que de sa conquête.

Est-il possible d’accomplir les œuvres de la Loi si on ne croit pas aux vérités que Dieu nous a révélées? Parmi ces vérités il y a la résurrection de la chair, le jugement divin, le paradis, l’enfer, la récompense, la punition, l’éternité… Si l’homme méprise ces vérités, s’il les considère comme des histoires sans fondement, si à propos de l’existence de Dieu le doute le pousse à négliger totalement la Loi divine, où est l’avantage d’avoir eu et connu le code de la Vie? Quelle sorte de bouclier vous restera-t-il pour vous protéger contre les tentations et contre vos mauvaises tendances, si par manque de foi vous négligez de vivre la Loi? Un jour, le Verbe de Dieu a dit: “Si vous aurez la foi d’ungrain de sénevé, vous pourrez dire à cette montagne, ou à cette plante: ‘Arrache-toi de là et va te planter dans la mer’, et vous l’obtiendrez”.

Or ce grain de foi est justement ce dont vous avez besoin pour trouver la force de vaincre vos tentations et vos mauvais appétits, pour trouver la force de commander à ces tentacules qui vous enlacent et vous torturent – vous conduisant parfois à la mort spirituelle – de “se jeter en mer”, et de vous laisser libres. C’est ce grain de foi qui vous rendra forts comme des héros, et en plus sera votre justification et votre pardon aussi pour vos œuvres imparfaites, ou pour les fautes commises.

Celui qui a la foi ne peut pas sombrer. Celui qui a la foi possède en lui le moyen surnaturel qui l’empêche d’offenser le Père éternel de façon irréparable. Celui qui a la foi croit en Jésus, Fils du Père, en Jésus Sauveur et Rédempteur. C’est de lui qu’il est dit: “qui croit en Lui et en Celui qui l’a envoyé,aura la vie éternelle”. Celui qui a la foi croit en la TroisièmePersonne, en l’Amour de l’Amour de Dieu, et en l’Amour très parfait qui est un seul Dieu en trois Personnes. Et celui qui croit à l’Amour, aime. Et celui qui croit et aime, possède Dieu. Posséder Dieu signifie ne jamais connaître la mort éternelle.

Donc, celui qui possède la foi, possède le Royaume de Dieu. Pendant que dure le séjour terrestre, le croyant garde ce Royaume à l’intérieur de son cœur: un Dieu Roi, un Dieu Ami, un Dieu qui est Maître, qui est Lumière, qui est le Chemin, la Vérité, et la Vie. Après le séjour terrestre, au Ciel, le croyant verra sa foi se transformer en possession et connaissance de béatitude, une béatitude sans limites de temps».

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