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12 juin - 14 juin 1948.
Rm 8.
Le Doux Hôte dit:
«De la même façon que Dieu accorde à tout le monde la prédestination à la Grâce, et qu’Il accorde la prédestination à la gloire à tous ceux qui demeurent fidèles à la Grâce, de la même façon il justifie tous ceux qui, avec fermeté, savent rendre actifs en eux les dons que Jésus Christ leur a gratuitement accordés, laissés, ou rendus. Chrétiens non seulement de nom, ou d’après quelques signes reçus et devenus inefficaces en eux – car détruits par des péchés graves répétés et volontairement entretenus – mais par leurs actes et par leur fidélité volontaire à la loi spirituelle, ils connaissent une renaissance de leur esprit, et par le Saint-Esprit et par l’eau, signe de la Grâce. Elle purifie et enterre le vieil homme en remettant en vie l’homme nouveau. Ensuite, par l’Esprit d’Amour et par le Sang elle purifie et efface les fautes que ces baptisés peuvent avoir commises.
Avec leur volonté, ces gens opèrent leur deuxième création ou “re-création” dans le Christ et pour le Christ. Sans relâche, sans se décourager par la fatigue, ils se forment sur le modèle exemplaire calqué sur le Christ, Chef du Corps dont ils constituent les membres. Le fait de constater humblement et sincèrement qu’ils sont des membres faibles, voire ignobles, n’arrête pas l’effort constant qu’ils font pour être en syntonie avec l’harmonieuse beauté qui se dégage du Corps Mystique, et surtout de son Chef, le Christ. Bien au contraire, c’est parce qu’ils se reconnaissent faibles et ignobles, qu’ils travaillent sans relâche pour parvenir à imiter Jésus parfaitement. De façon progressive et graduelle, ils adoptent les traits de Jésus, l’Homme parfait qui, dans sa perfection, a été l’image véritable de Dieu, assez pour pouvoir dire: “Celui quime voit, voit mon Père”.
Unis à lui, fidèles à lui, disposés par amour pour lui à “ne pas marcher d’après la chair”, vous qui êtes chrétiens de fait,vous êtes justifiés par lui. Vos actions, aussi imparfaites soient-elles, deviennent bonnes parce que lui-même les recouvre de l’abondance de ses mérites infinis.
Bien plus: à travers l’esprit de Dieu qui habite en vous, et qui revient en vous chaque fois que le Sang divin vous reconsacre comme temples en qui la Grâce-Dieu peut demeurer, vous êtes renouvelés, recréés, ressuscités, guéris, après avoir été morts ou blessés par vos péchés actuels plus ou moins graves.
Tout donc vous vient de lui et à travers lui, qui a tout donné et tout souffert par amour pour vous. Avec son Corps innocent, devenu victime pure, sainte et immaculée, il a crucifié et consommé le Péché sur la Croix».
(Parentèse. Interrompue à ce moment par une faiblesse plus forte qu’à l’ordinaire, je me suis abandonnée sur l’oreiller et le divin Inspirateur a consenti à ce que je me repose. Mais dès que je me suis sentie un peu mieux, le Saint-Esprit m’a donné une pensée. Dans un moment de lassitude, et suite à la faiblesse qui m’avait frappée, j’ai évité l’effort d’écrire, en me disant: “Je vais m’en souvenir”.
Il était midi. Il est maintenant 14 heures (2:00 P.M.), et je fouille en vain dans ma mémoire. Peine perdue! Et c’était une pensée si profonde! Je souffre dans mon esprit. L’agitation me gagne pendant que je cherche en vain ce que j’ai perdu par ma faute. Pour la première fois, j’entends l’Esprit Saint qui me dit d’une voix sévère: “Tu es devenue paresseuse depuis quelque temps. Lorsque tu es interrompue par un motif de charité, ou dérangée par l’autre, Nous sommes là pour t’aider. Mais quand tu perds une perle à cause de ta paresse, Nous ne faisons rien pour t’aider. Reste avec ta punition. Et ne cherche pas plus loin. Même si tu cherchais dans tous les livres du monde, mes mots ne pourraient plus te revenir. Ce que tu souffres, c’est la punition que tu as méritée”.
Il a raison. Mais j’étais si fatiguée! J’étais si faible que mon stylo s’échappait de mes doigts, alors que moi je tombais de tous les côtés. J’étais à peine capable de garder mes yeux ouverts; et Dieu ne m’envoyait pas sa force pour le servir, comme il fait d’habitude lorsqu’il le veut. Et pourtant… J’aurais dû écrire, selon mes capacités et mes moyens, quitte à y revenir plus tard pour tout recopier. Maintenant c’est fait, et il n’y a pas de remède. S’il manque quelque chose ici, c’est de ma faute.
C’est vrai. Je suis si mal en point que je suis devenue paresseuse. Jusqu’à aujourd’hui, Dieu a été compatissant. Maintenant il frappe. C’est à prendre avec résignation. Chose méritée, châtiment juste).
(Suite de la dictée du 12 juin. Aujourd’hui, c’est le 14 juin).
«Dans son Corps Sacré, il a expié tous les péchés. Et pour que vous puissiez encore porter votre habit de noces, vêtement propre et décoré, Il s’est lui-même habillé de blessures, de meurtrissures, de douleurs perçantes et de sang.
Le courroux de Dieu l’a frappé; le courroux causé par vos péchés, dont la série a commencé avec le Premier, qui a été le père de tous les autres, et finira avec le dernier qui sera commis. C’est sur son Corps innocent que la Justice a cloué chaque faute, en l’éteignant. Comme un faon poursuivi par une bande d’archers, ainsi a-t-il été poursuivi par les flèches de Dieu afin que chaque péché soit expié par son Sang.
De la tête aux pieds, il n’était plus qu’une énorme blessure. Sa tête n’avait abrité que des pensées saintes, elle n’avait proclamé que des mots d’une sagesse, d’une justice et d’un amour sans égal. Ses pieds étaient les pieds du Messager de paix de celui qui, pour venir, avait franchi des distances et descendu des vallées qu’aucun homme ne pourra jamais franchir ou descendre. En effet, il avait traversé la distance de l’abîme qui sépare la nature divine de la nature humaine, et descendu jusqu’à la plus profonde étroite et sombre vallée que le péché et la douleur du monde ont contaminée, une vallée si différente du Ciel: un espace sans bornes, tout lumière, pureté, harmonie, joie, selon des proportions qui dépassent toute conception humaine. Et cela pour enfin, après tant d’épreuves, tant de fatigues et de douleurs, aboutir sur une croix. De la tête au pieds il n’a été qu’une seule plaie.
Si les étoiles qui parsèment l’immensité du ciel ne peuvent être comptées, pareillement sont innombrables ses blessures. En effet, elles envahissent complètement l’Immense qui s’est emprisonné lui-même dans un Corps d’expiation. Chaque blessure et chaque meurtrissure était la somme de beaucoup de blessures et de beaucoup de meurtrissures, et elles ont été supportées par Celui qui, selon sa nature divine, n’était pas sujet à la souffrance et à la mort, mais qui avait accepté de devenir Homme afin d’expier les péchés du monde, faire les oblations qui rachètent toutes les impuretés, et connaître la douleur et la mort. Il avait accepté de s’abandonner à cette douleur et à cette mort pour donner la Vie à ceux qui sont morts à la grâce, et pour donner à tous ceux qui se maintiennent fidèles à cette grâce, la paix des fils de Dieu sur la terre et la joie infinie de la gloire du Ciel.
Dieu le Père aurait pu se déclarer satisfait de sacrifices moins atroces et moins honteux que ceux de la flagellation et de la croix de son Fils bien-aimé, punitions reservées aux malfaiteurs et aux esclaves. La simple contrainte du Verbe lié à la chair, sa soumission aux nécessités de la nature humaine, son séjour parmi les pécheurs, les blasphémateurs, les faux adorateurs de Dieu, parmi les luxurieux, les violents, et les menteurs, pour les sanctifier le temps de son séjour parmi eux, auraient pu satisfaire la divine Justice.
Et même l’enseignement du Christ, à lui seul, aurait pu suffire pour la conversion de l’homme du désordre du péché à l’ordre de la Loi. La fondation de la religion chrétienne aurait pu se faire par la seule permanence de l’Emmanuel en Palestine. D’autres, qui n’étaient que des hommes, ont fondé des religions qui ont survécu pendant des siècles. A plus forte raison le Christ, Verbe de Dieu devenu Homme, aurait pu fonder la religion chrétienne le temps de son séjour parmi les hommes, vu qu’aucun maître n’était Maître au-dessus de lui. Ou encore, Dieu aurait pu choisir l’homme le plus juste et lui joindre temporairement l’Esprit de son Verbe de manière à ce que la nouvelle religion soit véritablement divine en raison de sa justice et de sa vérité.
Une seule goutte du Sang de Jésus-Christ aurait pu suffire à effacer le péché originel ainsi que les autres péchés, et à racheter tous les hommes. Le sang qui a jailli pendant la circoncision du divin enfant aurait été entièrement suffisant, parce que le Fils de l’homme était l’Innocent, né de l’innocente Vierge Immaculée, et aussi parce qu’il n’était pas lié par le rite réservé aux descendants d’Abraham, membres du peuplejuif. L’alliance entre le Fils de Marie et Dieu le Père n’était pas non plus obligatoire, puisque Jésus n’était pas un fils adopté, mais le Fils Unique du Très-Haut, engendré par Lui.
Le Christ était homme, mais la Chair qu’il a assumée dans le temps n’a pas aboli la divinité en lui, si bien que les deux natures se sont unies dans sa Personne sans que l’une ou l’autre ne subisse de changement de substance. Par conséquent, le Christ, l’Homme-Dieu, était encore Dieu, toujours Dieu pendant son existence temporelle. Il était Un avec le Père et le Saint-Esprit comme avant l’Incarnation. Il était un vrai Homme, né d’une femme par l’œuvre de l’Esprit-Saint, sans concupiscence dans la chair, et non assujetti au péché originel ni à aucun péché de quelque nature soit-il.
Oh! Bien sûr! Ces gouttes de Sang divin auraient été suffisantes à racheter l’Humanité sans besoin d’un tel excès dans l’effusion de ce Sang! Il n’y avait nul besoin de se soumettre à de si nombreuses tortures! Mais c’est justement dans le mystère de l’union réelle des deux natures en une seule personne, dans le mystère d’un Dieu anéanti, d’abord en sa chair et ensuite dans son immolation totale, que se trouve la mesure de l’immense amour divin et celle de la gravité du Péché. Aussi est-ce dans le mystère de la Résurrection qu’il vous donne la preuve irréfutable de la véritable personnalité de Jésus de Nazareth, le Christ, l’Emmanuel, Fils de Dieu et Fils de l’Homme, sans possibilité de doute ou d’erreur. Parce que Dieu seulement pouvait se ressusciter lui-même dans sa nature humaine, et revenir à la vie dans un corps glorieux. Dieu seul pouvait ressusciter après une mort et une sépulture du genre que l’on sait, et ressusciter sans traces de blessures, sauf les cinq Blessures salutaires. Il était déjà “Beau parmi les enfants deshommes”, non seulement selon l’héritage acquis du côté de saMère, et du fait qu’il était exempt de tares conséquentes au Péché, mais aussi par don divin, un don nécessaire à sa mission et à son but. Il était donc déjà beau, mais à cause de la beauté des corps glorifiés, il est devenu encore plus beau, plus majestueux et plus puissant.
Le moindre de ses actes aurait pu satisfaire les exigences de Dieu et lui faire atteindre son but, à savoir: la restauration de la grâce chez l’homme déchu. Dieu le Père aurait pu accomplir tout sans passer par cet abîme d’anéantissement, par ce sommet de douleur qu’il a demandé à son Fils, pour que le Péché soit effacé et que le Ciel soit ouvert à nouveau aux fils adoptifs de Dieu. Mais quelles en auraient été les conséquences? Des nouveaux péchés de rébellion, de désordre, d’orgueil, d’endurcissement, de négation, auraient replongé l’Humanité dans l’abîme dont elle avait été sortie par le Rédempteur. Ainsi donc, son œuvre de Maître, de Fondateur et de Sanctificateur des hommes aurait été nulle.
L’humanité orgueilleuse, celle d’Israël en premier, aurait-elle courbé la tête devant la doctrine, la justice, les déclarations d’un homme, et d’un homme du peuple, du fils du charpentier, le charpentier de Nazareth? Comment l’aurait-elle pu, du moment qu’elle ne s’est pas pliée devant les prodiges de sa Résurrection et de son Ascension? Croyez-vous que le pouvoir d’un homme, même de l’homme le plus saint, et à qui Dieu se serait temporairement associé, croyez-vous que ce pouvoir aurait réussi à faire accepter une Religion si contraire, dans sa doctrine, à la triple sensualité qui mord, brûle et fait des hommes des insensés? Est-ce qu’il aurait été juste et convenable que la religion la plus parfaite fût prêchée et fondée par le simple fait de la permanence de l’Emmanuel en Palestine? Est-il à croire que le monde se serait converti par l’enseignement d’un homme, même le plus sage?Ces suppositions ne sont ni possibles, ni justes, ni convenables. A aucune ne convient une réponse affirmative. L’homme, par ses chicanes, son incrédulité, ses scandales injustifiés, ses folies, ses ironies sottes et irrévérentes, aurait rendu cette religion impossible à pratiquer.
Or la Religion du Christ devait être universelle. Elle avait été prévue telle par la Pensée divine depuis l’éternité. Alors elle devait être appuyée, etayée et reconnue comme étant parfaite dans son unicité, perpétuelle jusqu’à la fin du temps, digne d’être suivie par tout le monde, et pas seulement par les citoyens de Palestine. Ces derniers étaient reconnus autrefois comme étant le “Peuple de Dieu,” mais au cours des siècles, et surtout dans les trois dernières années de la vie terrestre du Verbe incarné, ils avaient changé au point de devenir un “Peuple d’anti-Dieu”.
Par conséquent, si l’immolation du Verbe n’eût pas été totale, il y aurait eu une disproportion beaucoup trop grande entre le péché et l’expiation, entre l’océan des péchés passés, présents et futurs de l’Humanité entière (depuis Adam jusqu’à la dernière personne vivante sur terre), et la mesure du sacrifice.
Et donc, pour un nombre excessif d’incroyants, la preuve de la Personnalité véritable de Jésus-Christ aurait été très faible si, après avoir accompli sa mission comme Maître, Fondateur et Sanctificateur, le Christ eût regagné le Ciel sans d’abord avoir été torturé et mis à mort de la façon que l’on connaît, à la présence de gens convenus de toutes les nations et rassemblés à Jérusalem pour la Pâque. Il y avait là des juifs prévaricateurs et déicides, mais aussi des Gentils ignorants du vrai Dieu. Il ont tous été spectateurs – pour ensuite agir en témoins – de la Personnalité véritable de Jésus-Christ, Dieu et Homme, qui par son propre pouvoir était sorti vivant du tombeau où on l’avait mis et qui, après cette résurrection, était apparu à plusieurs personnes. Cela s’était produit aprèsqu’il a été arrêté, capturé, crucifié et mis à mort par les gens de son peuple, et déclaré mort par le coup de lance d’un romain. Ensuite il était monté au Ciel par son propre pouvoir, à la vue d’un grand nombre de témoins venus de nouveau à Jérusalem de chaque partie de la Diaspora à l’occasion de l’imminente Fête des Moissons, appelée aussi des sept semaines, et plus tard Pentecôte. Et il y avait parmi eux de vrais juifs, des prosélytes, et aussi des familles mixtes, composées de Juifs et de Gentils.
Tout a sa raison d’être dans les choses que Dieu décide ou permet, et cette raison est parfaitement bonne. C’est pour cela que le Christ a été immolé un vendredi de Pâque. C’est pour cela qu’il est ressuscité alors que les gens assemblés pour la même Pâque étaient encore très nombreux. C’est pour cela qu’il est monté au Ciel quarante jours plus tard alors que la ville débordait de pèlerins revenus pour la fête de la Pentecôte, ou y étaient restés sur place pour accomplir le double rituel de la présentation de chaque mâle dans le Temple à l’occasion des deux fêtes du printemps.
Ces pèlerins, en rentrant ensuite chez eux, dans leurs villes respectives de la Diaspora et d’ailleurs, ont répandu partout où ils vivaient la nouvelle des prodiges dont ils avaient été témoins. Sans même s’en rendre compte, ils ont servi à répandre la vérité dans le monde, à propager la nouvelle que Jésus de Nazareth était le Fils de Dieu, Celui qui avait été préannoncé par les Prophètes, le Messie attendu, le Sauveur et Rédempteur. Ponce Pilate, lui aussi, a servi ce même but dans son rapport à Tibère César sur le procès et la condamnation “d’un juif nommé Jésus, exécuté par volonté populaire, car accusé de vouloir subvertir la nation en encourageant les gens à ne pas payer les impôts à Caesar, et qui prétendait qu’il n’y avait qu’un roi au monde, et que ce roi était lui: Jésus”. Longin aussi, et d’autres légionnaires, ont vu la douceur du caractère de Jésus et la majesté qui transparaissait du Martyr sous le vêtement de blessures qui le défigurait. Ces légionnaires ont entendu les mots solennels qu’il a prononcés lors de l’interrogatoire du Proconsul, puis ceux qu’il a prononcés le long du chemin douloureux, et enfin sur la Croix. Ils ont aussi été témoins des prodiges qui ont accompagné sa mort.
Tout et tous ont servi à témoigner que Jésus de Nazareth était le Fils de Dieu.
Observez, ô hommes, et méditez sur les temps et les circonstances où se produisirent les événements principaux qui concernent le Christ. Sa naissance a eu lieu au moment où un édit de l’empereur Tibère César ordonne aux Juifs des quatrecoins du monde d’aller s’enregistrer dans leur ville d’origine.
Sa mort, sa résurrection, et son ascension surviennent alors que, par ordre de la loi de Moïse, tous les enfants d’Israël serassemblent autour du Saint du Temple de la Ville sainte.
C’est l’Humanité qui doit être sauvée par ce Bébé qui repose dans une crèche. Et l’Humanité, représentée non seulement par des citoyens de la Palestine, mais aussi par des Juifs installés dans d’autres territoires, se rassemble pour cette circonstance dans la nation où ce Bébé naît sur terre.
C’est l’Humanité qui doit être rachetée par l’Agneau de Dieu, l’Agneau sans tache qui meurt sur la croix. Voilà donc que pour l’heure de son immolation, cette Humanité se rassemble dans la ville déicide et homicide, de façon à pouvoir constater le crime perpétré dans le temps et selon la manièreannoncés par les Prophètes pour le Roi Messie: pour l’Homme-Dieu.
Et c’est encore cette Humanité qui, troublée par l’agitation et le remords, les doutes et les déclarations, a besoin d’être confirmée dans sa Foi. Elle sera présente quand la Victime, en vain mise à mort, ressuscite au milieu des secousses du deuxième tremblement de terre. Quand le tombeau se vide du Vivant, tous reçoivent la réponse, apaisante ou angoissante de la part du Dieu Un et Trine aux questions que chacun se posait à propos de l’Homme de Nazareth.
L’Humanité travaillée par le doute, car toujours orgueilleuse et méchante, est présente ensuite en ce matin radieux du mois de Nisan, alors que Celui qu’on n’a pas voulu écouter ni reconnaître pour ce qu’il était, et qu’on a même tué dans l’espoir d’en faire taire la voix, monte au Ciel, Charité éternelle et Parole qui toujours parlera et toujours allumera d’amour pour lui tout homme de bonne volonté. L’Humanité le voit monter au Ciel en plein jour, plus éclatant que le soleil même dans l’éclat de beauté resplendissante des corps glorieux.
Et finalement c’est une Humanité encore chancelante, après tant d’épreuves, qui est présente au miracle de la Pentecôte, l’épiphanie de l’Eglise enseignante. Cette Eglise débute son magistère remplie de sagesse et infaillible dans les vérités de la Religion. Non pas en raison de ses capacités, mais parce qu’elle a été remplie de l’Esprit Saint, l’immatérielle Troisième Personne de la Triade Eternelle, descendue sur la Terre. Ainsi qu’en avait fait promesse la Deuxième Personne avant la consommation de son Sacrifice et avant son ascension au Ciel. C’est de là que l’Esprit Saint est descendu par volonté de la Première Personne et de l’Amour unique et trinitaire qui, en lui-même, veut ce que les Deux autres veulent, puisqu’ils sont une seule Unité en trois Personnes.
Les œuvres de Dieu sont des œuvres de vérité et de lumière. Elles se réalisent dans la lumière et elles s’affermissent dans la vérité. La vérité aime et cherche la lumière. La lumière fait resplendir la vérité même aux yeux qui veulent rester aveugles. Et ceci pour qu’on ne puisse pas dire: “Nous n’avons rien vu”. Et la condamnation qu’ils recevront par le Juge divin sera motivée par leur mauvaise volonté. Ils l’auront méritée pour avoir volontairement et obstinément voulu rester aveugles face à la vérité.
Dieu, dans sa volonté d’amour, agit de façon à ce que tous puissent avoir accès à la Vérité, et ainsi parvenir au salut. Le désir de Dieu est que tous parviennent au salut. La gloire pour tous est son soupir éternel. Le rejet du salut et de la gloire par un trop grand nombre est sa douleur infinie.
Pour que les personnes de bonne volonté soient justifiées, aient le salut et la gloire, Dieu le Père a envoyé son Verbe parmi les hommes. Il l’a vêtu d’un Corps pur, saint et immaculé, pour que la Sagesse divine parle aux multitudes et les instruise. Il a envoyé son Agneau pour qu’il soit sacrifié, et qu’il rachète ainsi l’Humanité du Péché, obstacle qui empêchait l’homme de profiter de la Grâce. Il a envoyé son Fils pour que les hommes soient recréés à la vie surnaturelle, en suivant le chemin tracé par son Fils, le Christ, pour qu’ils atteignent le Royaume des Cieux, la connaissance de Dieu, sa vision, la Vie éternelle et glorieuse la fin pour laquelle ils ont été créés».