1943-12-05
Jésus dit:
“Je ne suis pas venu nier la Loi et les prophètes, mais la confirmer et la perfectionner en modifiant ces inexactitudes et ces superstructures que l’être humain y a apportées, en partie à cause de sa propre imperfection et en partie à cause d’une humanité supérieure à l’âme.
L’être humain est porté à comprendre mal. Il n’est pas parfait dans ses sens mystiques et ses sens naturels. C’est seulement en vivant en moi qu’il perfectionne les premiers, puisque c’est alors moi qui agis en lui. L’humain est aussi porté à compliquer les choses parce que, dans son tenace et indestructible orgueil, il est toujours séduit par l’idée de retoucher même l’œuvre de Dieu.
Vous êtes des dieux en étant enfants de Dieu. Mais Dieu est toujours l’Être supérieur, l’Être parfait, Celui qui s’engendre lui-même. Vous êtes des êtres mineurs qui devenez parfaits si vous vivez en Dieu et qui êtes engendrés par Dieu. Alors, pourquoi donc voulez-vous toujours modifier avec vos complications ce que Dieu, dans sa Simplicité, qui est un des signes de sa nature, donne déjà parfait dans sa simplicité?
Quand je suis devenu le Maître, j’ai constaté que la Loi, à l’origine si claire et linéaire, était devenue un enchevêtrement d’impositions et un fardeau de formules qui la rendaient impraticable aux fidèles. Naturellement, les poids et les formules étaient pour les humbles. Les puissants qui les avaient créés ne les assumaient pas.
Les prêtres, les scribes et les pharisiens suscitèrent mon horreur et mon mépris. Et si parmi eux, je vis quelque âme loyale que j’aimai divinement, je vis aussi la foule des autres, plus nombreuse qu’un troupeau de boucs sauvages puants, qui contaminaient la Maison du Seigneur de leurs marchés, de leurs faussetés, de leurs impiétés, de leurs duretés et faisaient du Seigneur quelque chose de terrible pour les pauvres de la Terre.
C’est pour moi que ces sépulcres fétides jeûnaient et faisaient des sacrifices? Non. Pour en avoir un avantage humain et des louanges. C’était commode pour eux d’être les docteurs de la Loi et commode de faire partie du peuple élu en Israël. Mais il n’avaient pas de véritable désir et de véritable offrande pour attirer le Messie et ses bénédictions.
Et le Messie alla ailleurs, dans la région méprisée, où une Toute Sainte et un juste méritaient d’accueillir et de défendre le Germe de Dieu.
Et maintenant, mes enfants, est-ce que vous jeûnez et priez pour l’intérêt de Dieu? Non. Vous ne supportez pas avec résignation vos privations naturelles, qui pourraient tenir lieu de jeûne, mais vous en faites une source de haine et d’incessantes imprécations, sottes et sacrilèges. Vos prières sont souillées et dénaturées par vos sentiments intérieurs et Dieu les regarde comme des choses immondes que vous mettez sur la pierre de l’autel. Dieu les réduit en cendres et en disperse la fumée vers la terre.
Une fois de plus, je viens réitérer la forme dont vous devez vous servir pour présenter à Dieu les sacrifices et les prières dont le parfum pur puisse s’élever de l’autel jusqu’au trône de Dieu comme l’holocauste d’une victime parfaite.
‘Jugez selon la vérité, soyez miséricordieux et compatissants envers vos frères et sœurs, quels qu’ils soient, n’opprimez pas la veuve et l’orphelin, les pauvres étrangers, les humbles et les faibles de la Terre, n’ayez pas dans votre cœur des pensées de hargne, de vengeance et de mauvaises actions envers vos semblables. En somme, aimez, car l’amour est la synthèse de la Loi et celui qui aime fait tout, et l’amour est l’encens qui parfume les hosties propitiatoires et l’eau lustrale qui lave les pierres de votre autel’.
Ne rendez pas votre cœur et votre ouïe encore plus durs qu’ils ne le sont déjà. Ne fermez pas votre cœur et votre ouïe à la voix de Dieu qui parle à travers ses ‘porte-parole’, comme autrefois les anciens durcirent leur cœur et leur ouïe à la voix de Dieu qui parlait par ses prophètes.
Si vous ne m’écoutez pas, en toute justice je ne vous écouterai pas, et vous ne m’aurez plus pour Dieu, Père et Sauveur. Vous connaîtrez alors la colère du Seigneur, pleine et inexorable et, ayant refusé le pain de la Parole de Dieu, vous mordrez la poussière et, comme des fauves sans nourriture, vous vous déchirerez les uns les autres, mourant dans l’horreur pour connaître ensuite une horreur encore plus terrible et éternelle.”
Jésus dit:
“Sois patiente, mon âme. Je ne peux pas rester sans te parler, car parler à ceux qui m’aiment est mon délice, mon désir, le besoin de mon cœur qui vous aime.
As-tu déjà remarqué ce que font deux époux qui s’aiment réellement? La femme, qui est à la maison, regarde continuellement l’horloge, court à la fenêtre, pour voir si le temps passe, si son mari revient du bureau. Le mari, aussitôt qu’il le peut, s’échappe pour dire un mot d’amour à sa femme. Il vient de la quitter et il se souvient de quelque chose qu’il aurait pu lui dire pour la rendre heureuse, et aussitôt qu’il en a la chance, il court le lui dire. C’est l’amour qui les pousse.
Moi aussi, aussitôt que je me tais, je sens que j’ai autre chose à te dire. Je voudrais te parler nuit et jour, t’avoir toute à moi. Si tu savais comme je t’aime!
Maintenant, écoute. Il y a quelques années, en lisant les écrits de mon serviteur Contardo Ferrini, tu te demandas à plusieurs reprises – parce qu’en mystique tu étais une analphabète – en quoi consistait ‘la conversation dans les Cieux’.
Voici: quand tu m’écoutes et je te parle, quand au lieu de murmures superficiels de prières, je te ravis dans le feu des révélations et t’occupe de moi, quand tu me dis: ‘Viens, Jésus, parler à ta servante’, quand tu goûtes à la saveur de ma Parole, que je dépose en toi comme en un coffre pour que tu la donnes aux pauvres et aux assoiffés de la Terre, alors nous faisons une conversation dans les Cieux.
Tu étais trop attachée aux formules, comme presque tous les catholiques fervents. Je t’ai détachée. J’ai lancé ton âme, hors du guêpier des circonscriptions formulables et des mesquineries des pratiques, dans les espaces sans fin de la mer mystique de l’oraison. Je t’ai enveloppée, aspirée, ravie, déifiée dans le feu de l’oraison.
Tu étais un petit moineau entravé. Tu es maintenant un aigle qui plane et domine et monte vers le Soleil, et le fixe et en est fortifié. Tu t’élèves de plus en plus, comme l’aigle, par vols concentriques. Je suis tout en haut, Aigle éternel, et je t’attends pour t’amener, au-delà des sens, à la connaissance de l’amour.
Obéis toujours à l’appel, promptement et avec confiance. Abandonne-toi au vent de l’amour. Il te soutient, ne te fait point obstacle. Il souffle pour te porter à moi dont il émane. Perds-toi, goutte d’eau, dans mon océan infini, perds-toi, étincelle de lumière, dans mon immense splendeur. Entre à faire partie de ton Dieu et Seigneur, de ton Époux. Je t’ouvre toutes les portes de mes trésors pour que tu les possèdes.
Je t’aime!”.
Marie dit:
“En parlant de la présentation au Temple, Luc écrit que ‘le père et la mère s’émerveillaient des choses qu’on disait de l’Enfant’.
Émerveillement différent des deux époux. Moi, à qui l’Esprit avait révélé tout l’avenir, je m’émerveillais surnaturellement en adorant la volonté du Seigneur qui se revêtait de chair pour racheter les humains et qui se révélait aux vivants de l’esprit. Je m’émerveillais une fois de plus que Dieu m’eût choisie, son humble servante, pour être la Mère de la Volonté incarnée. Joseph s’émerveillait aussi humainement puisqu’il ne savait rien en dehors de ce que les Écritures lui avaient dit et l’Ange révélé. Moi, je me taisais.
Les secrets du Très-Haut étaient comme déposés dans l’Arche enfermée dans le Saint des Saints, et moi seule, Prêtresse suprême, les connaissais, et la Gloire de Dieu les voilait aux yeux des humains de son insoutenable splendeur. C’étaient des abîmes de splendeur et seul l’œil virginal qui avait reçu le baiser de l’Esprit de Dieu pouvait les fixer. Voilà pourquoi, moi autant que Joseph, nous étions si émerveillés. De façon différente, mais également émerveillés.
Il faut interpréter de la même façon l’autre passage de Luc: ‘Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur avait dit’ (2, 50).
Moi, je compris. Je savais même avant et, si le Père permit mon angoisse de mère, il ne me voila pas la signification sublime des paroles de mon Fils. Notre famille ne connut pas de défauts, dans aucun domaine et pour aucune raison. Nous nous aimâmes, saintement soucieux d’une seule chose: du Fils.
Oh! Jésus rendit, à l’heure de la mort, comme lui seul pouvait le faire, chaque réconfort à mon Joseph, en souvenir de tout ce qu’il avait obtenu de la part de ce Juste. Jésus est le modèle des enfants, tout comme Joseph est celui des maris. J’ai eu beaucoup de souffrance du monde et pour le monde. Mais mon saint Fils et mon juste Conjoint ne me causèrent pas d’autres larmes qui ne fussent celles de leur douleur.
Quand Joseph ne fut plus à mes côtés et que je fus la première autorité terrestre de mon Fils, je ne fis pas semblant de ne pas comprendre en me taisant. Personne ne se serait plus senti mortifié de se voir dépassé en compréhension, et à Cana, je parlai: ‘Faites ce qu’il vous dira’, dis-je, car je savais que Jésus ne me refuse rien et que derrière ses paroles réservées, il y avait déjà le premier miracle que j’ai suscité et que mon Fils m’a offert, telle une rose blanche qui s’ouvre la première sur un rosier au printemps.
Il faut savoir lire l’Évangile, Maria. Les humains ne le savent pas lire. Je guiderai ta main et je te l’expliquerai aux endroits où Jésus ne te l’explique pas. Je suis votre Maman à tous deux. Je veux que ma petite fille connaisse son très doux Jésus, notre Jésus, comme peu le connaissent.
Plus tu le connaîtras et plus tu l’aimeras. Plus tu l’aimeras et plus tu me rendras heureuse.”