Los Escritos de Maria Valtorta

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110. Le 29 mai

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110. Capítulo 110

ES Traducción en camino

1944-05-29

Jésus dit:

«Viens, petit Jean. J’ai beaucoup de choses à te dire pour apaiser ta douleur.

Pour commencer, viens et bois. Tu as plus de chance que Jean. Lui, il a appuyé sa tête contre ma poitrine, mais elle n’était pas encore blessée. Toi, tu es serrée contre ma poitrine transpercée, et tu peux boire l’amour qui jaillit de mon cœur blessé. Sois bonne, sois tranquille. Je te tiens comme une mère tient dans les bras son enfant malade pour le consoler de sa souffrance.

Oh! Tu ignores tout ce que tu as accompli, tout ce que tu accomplis encore grâce à tes tourments. Tu as l’impression de ne rien faire parce que tu ne sais rien faire d’autre que souffrir. Or tu fais beaucoup, beaucoup plus que lorsque tu enseignais, que tu priais, que tu travaillais pour moi. Car alors, c’était toi qui agissais et qui m’offrais ce que tu faisais ou voulais faire. Je l’acceptais, car je suis bon. Je l’acceptais, car je ne dédaigne rien. Je l’acceptais, car j’enrichissais tes pauvres actes de mes mérites.

Mais maintenant, c’est moi qui agis, et je fais tout. Je prends tout. Je veux tout. Je ne te laisse pas une miette de ta richesse de vie, de santé, de force, de tranquillité, de liberté. J’entends par là la vie, la santé, la force, la tranquillité et la liberté humaines. J’efface tout, je supprime tout. A toi en tant que femme, rien. A toi comme âme, je me donne moi, c’est-à-dire tout.

Ecoute ton Maître. Avant de te dire deux choses que tu désires savoir, je veux t’indiquer ton programme de souffrances pour tes journées de la semaine.

Voyons les grandes catégories pour lesquelles il faut souffrir, celles pour lesquelles j’ai souffert, moi aussi, dans ma Passion: le clergé, les désespérés, les pécheurs, les idolâtres, les âmes en attente de retourner à Dieu, en d’autres termes, pour toi, les âmes du purgatoire; pour moi, il s’agissait alors des justes des limbes.

Il y a sept jours dans la semaine. Pour répondre aux besoins de trois catégories, il en aurait fallu sept fois sept. Mais il n’y en a que sept. C’est donc de la façon suivante que tu vas souffrir.

Le dimanche, le lundi et le mardi, ce sera pour le clergé. Dans le clergé, j’inclus tous les consacrés de quelque manière que ce soit. Pourquoi trois jours pour eux seuls? La raison en est que, si l’on considère leurs besoins, les sept n’y suffiraient pas.

Qu’est-ce que le clergé pour la grande masse des fidèles? A quoi le comparerons-nous? Aux éléments vitaux. La vie aurait-elle pu venir sur la terre et y subsister sans lumière, sans chaleur, sans eau et sans air? Non. Cela aurait été impossible.

Eh bien, prends la Bible et lis-en le premier chapitre. Que dit-il? “Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre… le premier jour, il fit la lumière”, car les ténèbres recouvraient la terre, et il ne peut y avoir de vie là où se trouvent les ténèbres perpétuelles. Le second jour, il dit: “Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux”, car il fallait de l’eau pour que la vie sur terre soit possible. Mais elle ne devait pas se trouver en totalité sur le globe ou dans le ciel. Il lui fallait descendre au bon moment, se rassembler là où c’était juste, remonter de façon appropriée. Sinon, la terre serait devenue poussière ou bourbier. Le troisième jour, Dieu créa la mer en rassemblant les eaux. La mer, c’est cet énorme bassin où se jettent toutes les eaux terrestres et qui sert à alimenter toutes les eaux célestes que les nuages vont déverser de nouveau sur la terre.

Il a donc fallu trois jours pour préparer la terre à être habitée; puis, le troisième jour, il la revêtit d’herbe et de plantes afin qu’elle puisse désormais recevoir des semences et en faire une flore utile. C’est alors que, après la lumière, l’eau et l’air qui existaient déjà sur la terre, Dieu allume la source de la chaleur; par le soleil, il perfectionne la lumière, par les étoiles il règle les marées, les flux des vents et ceux des eaux célestes. La terre est alors prête à recevoir les animaux et, en dernier, sur la terre ainsi complétée par toutes ces bonnes choses, l’homme, le roi.

Si la semaine comptait plus de jours, je t’en aurais imposé qua­tre consacrés à faire pénitence pour le clergé. Cela est en effet aussi nécessaire à la vie de l’esprit que ces quatre éléments vitaux à la terre que sont la lumière, l’eau, l’air et le feu. Mais comment la lumière pourrait-elle exister si elle est éteinte ou obscurcie? Comment l’eau pourrait-elle exister si elle est aride? Comment pourrait-il y avoir une respiration si elle est elle-même asphyxiée? Comment le feu pourrait-il exister si c’est de la glace?

Oh, mes pauvres âmes! Vous êtes miennes, parce que je vous ai conquises par ma mort! Mes pauvres, pauvres âmes qui ne cessez de vous affaiblir, comme des plantes qui viendraient à manquer d’air, de lumière, de chaleur et d’eau, quelle peine vous me faites! Et quel mépris, quel dégoût je ressens pour ceux qui ne savent pas et ne veulent absolument pas absorber les quatre éléments vitaux pour vous les communiquer!

A quoi servent-ils donc, ceux-là? Quelle mission accomplissent-ils? Celle que j’ai confiée au clergé? Non. La mission de leur profit et celle de disperser ce que, moi, j’ai rassemblé. Oh! Je suis à deux doigts de les frapper!

Maria, regarde et tremble à la vue de mon visage. C’est avec ce visage que je leur demanderai: “Qu’avez-vous fait de mes enfants, de mes agneaux? Où sont donc mes troupeaux? Pourquoi [mes brebis] sont-ils devenues des boucs sauvages? Pourquoi ont-elles été mises en pièces par les quatre ennemis de l’homme: la chair, la science, le pouvoir et le démon? Pourquoi ont-elles été ainsi aveuglées, blessées, dispersées, affamées, assoiffées, pourquoi sont-elles devenues nues, analphabètes dans les réalités spirituelles, persécutées, abandonnées, au point d’avoir été obligées de crier: ‘Dieu n’existe pas puisque nous ne le voyons pas, nous ne l’entendons pas, nous ne le connaissons pas par les actes et la parole de ceux qui se prétendent prêtres de Dieu’? Pourquoi avez-vous frappé et crucifié – sur une croix à vous – les meilleurs, ceux qui ont eu le tort à vos yeux, le tort impardonnable, d’être meilleurs que vous en matière de foi, d’espérance, de charité, de sacrifice, de chasteté, de détachement de tout ce qui n’est pas moi, et moi crucifié? Je les avais comblés d’eau pure et de farine de qualité destinées aux affamés et à ceux qui mouraient de soif spirituelle, pour remplacer les citernes desséchées et les greniers que trop de charançons avaient pris pour demeure. J’avais fait d’eux une lumière et de la chaleur pour ceux qui cherchent dans les ténèbres un guide qui les conduise à Dieu, et dans le gel un feu pour ne pas mourir. Ils furent déjà sur ma croix, et cela bien volontiers, en votre faveur également. C’était suffisant pour qu’ils souffrent, ô serviteurs présomptueux et paresseux qui n’avez jamais voulu souffrir de quoi que ce soit, pas même de fatigue physique ni de cette humiliation salu­taire de vous voir surpassés en héroïsme par mes fidèles serviteurs. Ces derniers, je les serre sur mon cœur, car c’est grâce à eux que la Lumière et la Parole sont restées sur la terre, comme des étoiles qui brillent à travers les siècles au cours de leur trajectoire, afin que le ciel resplendisse toujours sur les hommes, et que ceux-ci puissent le trouver et dire: ‘Dieu est là. La Parole de Dieu scintille dans ce rayon et je peux encore l’entendre, juste assez pour croire, espérer et aimer, pour être sauvé.’ C’était suffisant pour qu’ils souffrent. Mais vous vous êtes affiliés à Satan pour les torturer. Or vous voyez? Leurs [blessures dues à vos] tortures ont été soignées par le baume qui me sort du cœur. Ils ont bu réconfort, ivresse sainte, paix et amour, l’amour d’un Dieu, en restant ainsi, comme je les tiens, serrés tout contre mon cœur.”

Je leur dirai tout cela. Mais toi, donne-moi trois jours de souffrance pour eux. Il est douloureux pour moi, qui suis le Pontife éternel, de voir que mon armée sacerdotale est pleine de fainéants et de déserteurs.

Ton mercredi, tu l’offriras à ton Seigneur pour “tes pauvres frères désespérés”, comme tu les appelles.[1]

Ils sont effectivement tes frères. Personne ne doit être davantage un frère pour toi que celui qui est pauvre, seul et malade. Or les désespérés sont pauvres de la plus grande des pauvretés. Ils ont tout perdu en perdant l’espérance en Dieu. Ils sont seuls. Il n’est pas de solitude plus grande que celle-là. C’est même la seule vraie solitude. Ils sont sans Dieu. Ils sont malades, d’une maladie qui mène à la mort. Il faut les guérir, les rendre à Dieu, les rendre riches de Dieu.

Cependant, ta fraternité est d’amour, non de nature. Tu n’es pas “désespérée”. Tu crois, tu as cru être en enfer[2] et hier… hier au paradis, parce que tu me servais. Tu me sers. Tu es là, tu es à Gethsémani et tu passes de là à la croix, et de celle-ci à Gethsémani. Mais tu reposes sur mon cœur à chaque élévation. C’est moi qui t’élève. Tu reposes sur le cœur de Marie à chaque déposition. Puis tu retournes à ton Gethsémani et à ta croix. Tu y vas cependant avec la saveur de mon amour et avec le parfum du cœur immaculé de ma Mère.

Le jeudi, tu souffriras pour la grande catégorie des idolâtres.

L’idolâtrie ne revient pas seulement à adorer une idole. Pour moi, l’idolâtrie est le culte de tout ce qui n’est pas le vrai Dieu. Certes, les sauvages sont idolâtres, mais ils le sont moins que bien des gens civilisés qui, tout en sachant qu’il y a un Dieu un et trine, adorent mille idoles qui vont de leur moi au moi d’un autre de leurs semblables; sur cette voie, il y a de nombreux autels consacrés à de faux dieux qui ont pour nom: argent, pouvoir, sensualité, connaissance rationnelle, etc. Donc, à mes yeux, les gens civilisés sont aussi idolâtres que les sauvages quand ils rendent de faux cultes nationaux ou particuliers.

Par conséquent, inclus dans les intentions du jeudi tous ceux qui doivent connaître le saint nom de Dieu et le mien, ceux qui ne connaissent pas encore la croix comme étant une flèche qui indique le ciel, ceux qui suivent une religion révélée mais qui n’est pas la Religion, ceux qui sont “chrétiens” mais pas catholiques. L’Eglise est une: c’est celle de Rome. Offre et souffre pour ceux qu’une science erronée rend idolâtres de l’esprit, et ceux qu’une passion rend idolâtres du cœur. Fais en sorte qu’ils reviennent à moi. C’est moi le vrai Dieu et il n’en est pas d’autre supérieur à moi ou en dehors de moi. C’est à moi que doivent s’adresser l’amour et le culte des êtres créés par le Père, rachetés par le Fils, aimés par l’Esprit. Le jeudi sera ton jour de souffrance pour eux tous.

Il y a longtemps, un jeudi soir, le Fils de l’homme, le Fils de Dieu, moi, j’ai prié pour tous, alors que j’avais déjà dans le cœur la blessure de la trahison, l’écho des adieux de ma Mère, et la prescience du martyre complexe qui approchait: j’ai prié pour ceux qui étaient “à moi” et pour ceux qui allaient devenir “miens” grâce à la Parole que j’avais dite et confiée à mes amis et disciples; j’ai prié pour ceux qui, à cause de l’hérésie d’un malheureux, allaient se séparer du tronc vivant de l’Eglise romaine, afin qu’ils reviennent ne faire qu’un avec elle, et par conséquent avec le Père et avec moi; enfin, j’ai prié pour tous les hommes car c’est pour eux tous que je mourais.

Dieu, mon Père, m’avait confié la race humaine tout entière. Je me suis fait Homme pour racheter et sauver les fils d’Adam. Or il n’y eut qu’un seul Adam. Il n’y a pas eu autant d’Adam que de races humaines. Il n’y eut qu’un seul Adam. Et je suis venu sauver sa descendance, quels que soient sa couleur, la latitude ou la longitude [de son lieu de vie] ou son niveau de civilisation. Et je veux que, là où je suis, c’est-à-dire dans le sein du Père, tous les hommes soient aussi. Ce serait ma joie comme c’est mon aspiration.

Prie donc pour ceux qui ne sont pas en moi, ou qui en sont sortis par suite des erreurs de leurs pères ou en raison d’erreurs de leur esprit orgueilleux du semblant de connaissance qu’ils possèdent.

Que le vendredi soit pour ceux qui vivent leur crucifixion spirituelle au purgatoire en cherchant Dieu sans pouvoir le posséder encore.

Tu sais comme moi ce que signifie se sentir séparé de Dieu.[3] Je connais, mais pas toi, la joie qui emporta les justes dans un tourbillon d’amour lorsque je leur suis apparu, un vendredi d’il y a bien longtemps[4], et que je leur ai dit: “Votre attente est terminée. Venez posséder Dieu.”

Souffre et offre chaque vendredi pour que mes anges puissent dire cette parole à beaucoup d’âmes du purgatoire. Les bienheureux sont les pierres précieuses nées du Sang que j’ai versé jusqu’à la dernière goutte le vendredi qui précède Pâques. Ouvrir le Royaume à une âme et l’introduire dans la béatitude revient à me rendre ce qui m’appartient. Justice, donc, et amour pour moi.

Le samedi est le jour de ma Mère, et elle t’a déjà demandé de souffrir pour les pécheurs.[5] Que chaque samedi soit donc pour toi une gerbe d’épines que tu serres contre ton cœur afin qu’il fleurisse en roses à offrir à Marie. Tout pécheur qui revient à Dieu est une rose que tu déposes aux pieds de la Mère, une rose avec laquelle elle essuie les larmes qui coulent de ses yeux depuis que j’ai fait d’elle la Mère du genre humain, qui s’oppose tellement à moi.

Et pour toi? La semaine est finie et le petit Jean n’a pas eu la moindre heure de liberté pour penser à lui!

C’est moi qui prends soin de toi, avec la Mère. Et pendant que tu fais ce que tu peux, mal, d’ailleurs, en dépit de ta bonne volonté, la Mère et moi agissons pour toi, comme nous savons le faire. Si tu t’usais les yeux, les lèvres, les genoux et le cœur à prier, à travailler pour toi-même, l’habit que tu te fabriquerais ne serait qu’une loque en comparaison du vêtement royal que Marie tisse pour toi et que ton Jésus rougit de la pourpre de son sang, car nous t’aimons et nous voyons que tu nous aimes.

Mais tu es fatiguée, maintenant. Repose-toi. Avant la fin du temps de la Pentecôte, je te dirai ce que tu désires savoir. Que ma paix soit en toi.»

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Notes

  1. Le 15 mai. ↩
  2. A partir du 9 avril. ↩
  3. En ce qui concerne l’écrivain, voir la note précédente. En ce qui concerne Jésus, voir Mt 27, 46 ; Mc 15, 34. ↩
  4. Celui de la mort de Jésus et de sa descente aux enfers. ↩
  5. Par exemple, à la fin de la dictée du 30 mai. ↩