Los Escritos de Maria Valtorta

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120. Le 15 juin

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120. Capítulo 120

ES Traducción en camino

1944-06-15

Aujourd’hui, le 15, je relis l’heure sainte dictée hier, et Jésus me dit:

«je dis à ceux qui se permettent toujours de faire des observations sur mes paroles d’étudier la théologie s’ils ne les comprennent pas. Elles correspondent à ce que la théologie enseigne.

Quant à cette phrase, qui les dérangera sûrement: “L’âme est essence issue de Dieu”[1], qu’ils pensent que l’âme est “un souffle infusé par Dieu”. Sans âme, vous n’êtes guère que des cadavres.

Qu’ils ouvrent la Genèse. Elle dit: “Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie.” Qu’ils ne me répondent pas: “C’est pour lui donner vie.” Non. Pour donner vie aux animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages, quadrupèdes, reptiles, poissons ou oiseaux, il n’a pas eu besoin “d’inspirer le souffle de vie dans leurs narines”. Il les a créés, voilà tout. Ce souffle de Dieu, c’est l’âme, l’âme qui est vie. C’est le souffle de l’Esprit de Dieu qui devient esprit vital en l’homme.

Qu’ils ouvrent aussi les évangiles. Avec quoi croyez-vous que je rendais vie aux morts? Par la main? Par la voix? Non, en infusant en eux mon souffle qui, puisqu’il était divin, était vital, autrement dit était spirituel, était âme. Je me penchais sur les morts, je les prenais par la main et je leur ordonnais: “Lève-toi.” Oui, mais c’était là la forme extérieure et visible. Tout en m’inclinant, j’insufflais l’esprit sur leur visage, l’effusion de mon esprit, et la vie revenait en eux.

Quant à la résurrection de Lazare, si ceux qui font des observations sur mes paroles viennent me dire: “Lazare, tu ne l’as pas ap­pro­ché”, je rétorque: “Pour cette raison précisément, à l’occasion de ce miracle, j’ai invoqué l’aide du Père et – sachez-le, ô hommes –, pour l’avoir sans faute, je l’ai remercié dès avant le miracle de m’avoir exaucé: ‘Père, je te rends grâces de m’avoir écouté. Je savais que tu m’écoutes toujours; mais c’est à cause de la foule qui m’entoure que j’ai parlé, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé.’” Une foi ferme, une reconnaissance prompte. Une reconnaissance anticipée, même, qui prouve la foi ferme. l’effusion vitale de Dieu est nécessaire à Lazare enseveli dans son tombeau, séparé de moi par l’espace, les bandelettes et la putréfaction, loin de moi. Et la vie revient.

Qu’ils ouvrent encore le Livre. Le troisième livre des Rois, au chapitre 17.[2] Comment le prophète Elie rend-il la vie au fils de la veuve de Sarepta? En s’étendant par trois fois sur l’enfant et en implorant Dieu. Mais aussi en insufflant au mort l’esprit que sa prière à Dieu avait rendu puissant d’une force vitale. Elie, qui était prophète, c’est-à-dire serviteur de Dieu mais non pas Dieu ni Fils de Dieu, dut répéter à trois reprises cette prière et cette infusion. Mais c’est toujours un souffle qu’il infuse, un souffle spirituel.

D’ailleurs, le Livre ne dit-il pas: “Ne soyez pas comme les animaux dont la vie est dans les narines”? Cela signifie que la Vie ne se situe pas au niveau de la respiration, mais plus profond, en un point secret, d’où elle se diffuse dans le corps entier et d’où elle peut se répandre en pulsations qui montent au ciel: c’est l’amour de Dieu; et d’où elle se déverse sur la terre: c’est l’amour du prochain. Par conséquent: essence issue de Dieu et infusée par Dieu, elle se nourrit de la nourriture de Dieu.

En ce qui concerne cette autre phrase: “Moi-même, j’ai demandé pour vous ma propre gloire, mieux, je vous l’ai donnée…”[3], qui les heurtera à coup sûr, qu’ils prennent l’évangile de Jean et l’ouvrent à l’endroit de ma dernière prière avant la Passion. Il leur serait salu­taire de s’en nourrir quotidiennement l’âme et de la distribuer com­me des miettes de pain au peuple des “petits” que je leur ai con­fié.

Moins de livres et de volumes, vous les scribes du 20e siècle! Mais bien plutôt cette prière, cette prière dont chaque mot ouvre des horizons, des sources, des trésors de salut: elle vous enseigne en effet l’amour, la foi, l’espérance, la force, la justice, la prudence et la tempérance. Et s’ils ne voient pas où trouver ces vertus en elle, ils accepteront difficilement ma leçon qui le leur montre.

L’amour est la note fondamentale de toute ma prière.

La foi se reconnaît quand je demande les dons célestes pour tous les hommes.

On voit l’espérance quand je parle de ceux qui n’existent pas encore mais qui seront sanctifiés parce que le Père les sanctifiera même après que je ne serai plus l’évangélisateur des hommes.

La force est reconnaissable à ce que je crie ma prière, qui paraît être un hymne de triomphe, à l’heure même où je sais que se pré­pare ce qui est torture pour le corps et faillite apparente de toute espérance, de toute foi et de tout amour de la part Dieu et des hom­mes, en Dieu et chez les hommes.

Quant à la justice, on la voit quand je demande que ceux qui ne sont pas des fils de perdition pour ne pas avoir voulu suivre Satan “fassent un avec le Père et avec moi”. Non, celui qui ne veut pas périr ne périt pas. Il ne périt pas. L’amitié de Dieu et l’union à lui est réservée à ceux qui ne veulent pas périr. En effet, le Père et moi sommes justes et nous jugeons avec justice, en tenant compte de la faiblesse de l’homme et des circonstances qui augmentent sa faiblesse.

Je fais aussi place à la prudence dans ma prière. Je ne dis pas: “Qu’ils soient sanctifiés par moi, et il n’est rien besoin d’autre. Je suis sûr d’eux.” Non, je dis plutôt: “Sanctifie-les dans la vérité.” Je prie pour que cette sanctification soit intarissable pour contrebalancer l’action intarissable et nuisible de la nature excitée par Satan.

Enfin, la tempérance se reconnaît quand je n’ose pas dire: “je me sacrifie totalement et je veux l’ensemble des hommes.” Je les voudrais, certes. Mais ce ne serait pas respecter la justice, car beaucoup ne méritent pas le salut à cause de leur union à Satan. Il s’ensuit que je demande, avec tempérance, ceux qui se sanctifieront pour avoir cru et vécu en conformité à la Parole que le Père m’a donnée pour que je la leur transmette. “Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un” (Jn 17, 22).

Cette phrase leur semblera être une hérésie de mon petit Jean. Non. Je le protège. Je le serre contre mon cœur, je l’entoure de mes bras, ce “petit” qui sait m’écouter et me comprendre, parce qu’il m’aime. C’est là sa force. Il m’aime et vous dépasse donc, vous les savants qui l’êtes comme vous le pouvez: votre science a une seule aile, l’autre vous manque car vous n’avez pas d’amour ardent et absolu; vous êtes savants sans aimer.

Ma petite “voix” ressemble à celle d’un petit passereau qui se tient les ailes ouvertes pour suivre le vol de l’aigle, ce qu’il voudrait faire pour en entendre le chant et le répéter à ses compagnons. Comme l’aigle royal n’opprime jamais les petits passereaux mais s’en fait des amis jusqu’en prison, ma petite “voix” mérite que la course impétueuse du vol royal entraîne sa petitesse, incapable de monter bien haut, vers des hauteurs paradisiaques, et que, sous la protection de ses puissantes ailes, l’aigle la défende contre milans et faucons et lui accorde de se nourrir sur le rocher solitaire des miettes qu’il lui morcelle. Car l’aigle l’aime.

Il l’aime tant, cette petite “voix”! C’est pourquoi il l’a rebaptisée “Jean” afin que, en plus de l’aigle divin, elle soit défendue par l’aigle apostolique et apprenne de nous à chanter, et qu’elle trouve la paix à l’ombre de notre force, la chaleur auprès du Soleil vers lequel nous l’entraînons, la nourriture de ce que nous lui procurons. Je la défends. Jean et moi la défendons.

Quand le petit passereau n’aura plus de voix et se taira après son ultime profession d’amour, quand ses petites ailes se recueilleront sur son cœur qui a tellement battu d’amour, quand ses yeux se fermeront, non pour être rassasiés de voir le Soleil, son Soleil[4], mais parce que l’ardeur de celui-ci les aura brûlés, nous le prendrons et l’emporterons avec nous au-delà des limites qui séparent l’homme du surhumain, et nous le déposerons sur le sein de Marie, au pied du trône de Dieu, afin qu’il rouvre les ailes, la bouche et les yeux, et ainsi vole, chante et voie. Afin qu’il vole devant le Soleil-Dieu, qu’il chante pour le Soleil-Dieu, et qu’il voie le Soleil-Dieu.

Ceci dit pour ceux qui “la haïssent sans raison”, comme ils m’ont haï, moi.

je dis ensuite à ceux qui m’aiment et l’aiment que je leur donne l’Heure sainte.[5] Je l’ai dictée pour beaucoup, mais je la dédie à ceux qui la désiraient ainsi qu’au P. Migliorini. Je ne la dédie pas à “ma” petite voix. Elle est, elle, une adoratrice perpétuelle et son Maître lui suggère les adorations d’heure en heure, en un Cœur à cœur avec elle.

Je la dédie au P. M., le petit père de cette petite voix dont le Père est Dieu. A Paola, dont je veux qu’elle pense et sente maintenant et toujours qu’elle a un Père et une Mère au ciel, et aussi qu’elle soit sereine; car la foi en un véritable amour – et aucun amour ne l’est plus que le nôtre – procure la sérénité. A Marta, car elle a, elle aussi, besoin de penser qu’elle n’est pas seule. Il lui faut le penser même quand la “petite voix” sera loin d’elle, et cependant active pour elle en mon sein plus qu’aujourd’hui.

Je vous bénis tous.»

Lorsque Jésus disait: «Mon petit Jean, je le protège. Je le serre con­tre mon cœur, je l’entoure de mes bras», je me sentais touchée par lui sur les épaules. Sa main droite sur mon épaule droite et sa main gauche sur mon épaule gauche; Jésus m’attirait à lui, ainsi, en restant derrière moi et en me parlant dans les cheveux pour poursuivre le reste de la dictée. Je sentais son souffle au-dessus de ma tête et ses longs cheveux me chatouiller une tempe.

Comme il est beau de rester ainsi sous le manteau de Jésus et contre son cœur! Je sentais, je ne voyais pas. J’ai vu Jésus, pour moi, le 7 juin seulement.

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Notes

  1. A l’endroit indiqué par la note 205. ↩
  2. Cette citation, exacte selon la nomenclature alors en vigueur, correspond au 1er Livre des Rois 17, 17-24. ↩
  3. A l’endroit indiqué par la note 206. ↩
  4. Rappelons que, durant les années d’isolement psychologique qui précédèrent sa mort, l’écrivain, qui avait perdu toute capacité de dialoguer et reposait sur son lit d’infirme sans plus écrire ni travailler, avait coutume de s’exclamer : «Quel soleil il y a ici !» ↩
  5. Donnée la veille et dédiée à des personnes bien connues et mentionnées à plusieurs reprises : le Père Migliorini, Paola Belfanti, Marta Diciotti. ↩