Los Escritos de Maria Valtorta

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177. Le 14 septembre

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177. Capítulo 177

ES Traducción en camino

1944-09-14

Jésus dit:

«Viens, sœur Maria de la Croix. A une époque, tu étais seulement: Maria de la Croix.[1] Te souviens-tu de cette période? Tu m’aimais. Je t’ai aimée parce que tu m’aimais de toutes les forces que tu avais en ce temps-là.

Tu as toujours été absolue en toutes choses. Tu n’as jamais pesé le pour et le contre, le combien et le comment, les si et les mais, lorsque tu te lançais dans une entreprise ou une affection. Quand tu es venue à moi, tu y es venue tout entière, avec toutes tes capacités d’aimer et de souffrir pour moi, et même avec plus que tes capacités de souffrir. La force qui te faisait défaut, c’est moi qui te l’ai donnée, parce que ton impulsivité généreuse, ton absence d’arrière-pensées et ta sainte prodigalité dans le sacrifice me plaisaient. Quand bien même tu serais morte à cette époque, tu aurais été justifiée, car tu obéissais au commandement: “Tu aimeras Dieu de tout ton être, de tout ton corps, de toute ton âme, de tout ton esprit et de tout ton cœur.”

Il te semblait alors impossible d’aimer davantage. Et, comme tu aimais ton Jésus, en particulier en son rôle de Rédempteur, tu as désiré t’appeler Maria de la Croix. La croix! C’est tout ton amour. Il te semblait alors impossible d’aimer davantage. Or tu vois, ma petite épouse, que, comme l’amour pour Dieu appartient à Dieu, il en partage l’infini. On peut toujours aimer plus et n’en jamais atteindre les limites. En effet, l’amour augmente au fur et à mesure qu’il s’accomplit et se perfectionne.

Une chose réalisée dans le monde, une œuvre exécutée par les hommes n’est plus sujette à quelque accroissement. Elle est achevée et reste telle. La retoucher, y apporter des ajouts reviendrait à la gâcher. Mais l’Amour n’est pas une réalité humaine. Il est surnaturel. Vous avez la capacité d’aimer Dieu parce que vous êtes de Dieu. La Charité peut alors passer d’une perfection à une plus grande perfection au fur et à mesure que l’âme se perfectionne.

L’Ecclésiastique dit: “La crainte de Dieu est le début de l’a­mour de lui, et le début de la foi doit s’y joindre.”

La crainte de Dieu est le premier degré de l’amour. Celui qui craint respecte déjà et reconnaît que l’autre est son supérieur, un maître, ou du moins un chef. Même les enfants qui ne sont pas parfaitement bons craignent leur père. Même les employés qui ne sont pas parfaitement bons craignent leur patron. Même les animaux qui ne sont pas parfaitement bons craignent le dompteur.

Le croyant qui s’arrête au premier barreau de l’échelle mystique qui monte vers Dieu, craint Dieu dont il voit la face étinceler tout en haut, au loin: vue à cette distance, elle paraît en effet sévère car il n’en distingue que les lignes principales, et le sourire, le regard ainsi que la voix lui échappent. Beaucoup restent paralysés par la majesté de Dieu et en oublient sa paternité. Une paternité si bonne qu’il en est venu à immoler son Fils premier-né pour sauver ses autres enfants. Ceux-là ne font pas le mal parce qu’ils craignent Dieu. Ils seront donc récompensés par la vie éternelle.

Toutefois, ils n’obtiendront pas la récompense qui, alors que la journée terrestre dure encore, est déjà à l’œuvre en ceux qui ne se bornent pas à craindre Dieu mais surmontent leur peur, grimpent sur le deuxième barreau de l’échelle mystique et passent au désir de connaître Dieu de plus près, avec la certitude que, s’ils peuvent mieux le connaître, ils l’aimeront… Et de fait, plus ils s’élèvent plus ils perçoivent qui est Dieu. Leur désir se change en affection. L’affection, que Dieu récompense par de douces caresses d’invitation, se change à son tour en amour. Et l’amour… Oh, l’amour! L’amour ne monte plus l’échelle barreau après barreau. L’amour prend des ailes et vole…

Ma bien-aimée, as-tu déjà vu un petit oiseau faire ses premiers vols? Il commence par passer d’une tuile au faîte d’un toit, ou d’une branche basse à une autre plus haute. Puis il ose davantage. Du faîte du toit, il conquiert le sommet de la maison voisine, ou la cime de l’arbre le plus proche. Une fois là-haut, il gazouille de joie. Il y a tellement de soleil, de chaleur, de ciel bleu! Et puis le monde truffé de pièges, de voyous et de félins est déjà loin. Mais ensuite le petit oiseau se dit: “Je suis encore trop près de ce qui peut mettre des limites à la liberté.” Il regarde alors, et il voit que, sur la tour, sur le clocher ou bien là-bas, à la cime de ce grand arbre qui se dresse au sommet du coteau, il y a encore plus de soleil, plus de liberté et de ciel bleu. Un trille, et en avant… Mais le soleil est toujours plus haut, et l’oiseau, désormais plus sûr de lui, s’élance. Il monte, il monte, il monte… comme il est heureux! Il ne sent plus son poids. L’air le porte, le rayon de soleil semble l’attirer. Sa force augmente à tout instant. Il va et chante, il vole et jubile, en maître de l’air.

C’est ce que fait l’âme qui a pris les ailes de l’amour. Le moment vient où elle ne se sent dans son élément que lorsqu’elle aime avec fougue, lorsqu’elle est plongée dans des océans célestes ou emportés par des tourbillons de passion divine… Les pauvres hommes s’évertuent à monter plus haut dans la stratosphère en utilisant des instruments – ces derniers avaient d’ailleurs été créés dans un but scientifique mais ensuite, quand le serpent démoniaque les mord plus atrocement, ils s’en servent à des fins criminelles –. Cependant, leur montée a et aura toujours une limite, au contraire de l’élévation de l’amour, qui n’en connaît pas. Il s’élève, s’élève, s’élève… et Dieu ne cesse d’accroître les forces de celui qui s’élève en se communiquant toujours plus à la créature. C’est pourquoi plus celle-ci se divinise, plus elle s’élève et plus elle aime, et inversement… Elle accomplit pleinement son amour et son élévation lorsque, telle une alouette foudroyée d’ivresse en plein vol, elle meurt au monde, autrement dit tombe sur le cœur de Dieu, en une ultime palpitation de l’âme emprisonnée sous la chair, et conquiert son Amour et sa Liberté éternelle.

Quant à toi, que ton désir a fait devenir naguère Maria de la Croix, te voici maintenant sœur Maria de la Croix de par ma volonté. Comme à une fiancée que l’on épouse, je t’ai donné mon domaine. Tu te l’es mérité par ta constante élévation.

Du sommet où tu te poses, regarde et compare ta crainte de croyante (la crainte de Dieu est l’amour des croyants) à ton amour d’épouse. Observe les différentes phases de ta croissance… Est-ce qu’il peut encore augmenter? Oui. L’amour des saints est un vertige d’amour. Et c’est à un tel amour que j’appelle chacun. Je t’y appelle, toi, ma bien-aimée.

Je te parle du haut de ma croix. Mais je ne me limite pas à te parler dans la pourpre de mon sang. Je t’attire à moi pour t’en revêtir. Viens. Dans un monde qui se hait, que, nous, nous nous aimions. Toi en essuyant mes plaies par tes baisers, moi en essuyant tes larmes par mon amour. Viens, et repose-toi sur ma paix.»

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Notes

  1. Voir l’ “Autobiographie”, pp. 226 et 333. ↩