1944-12-02
Le Père Pennoni[1] est venu, et il vient juste de partir.
Au vu de mes réflexions à ce propos, Jésus me dit avec un beau sourire:
«Tu vois que c’est moi qui ai raison? Ma Maria, les âmes sont plus emmêlées et pleines d’éléments contraires qu’un écheveau tombé dans les pattes d’un chiot qui l’échevèle et le déchiquète. Il faut, avec patience et amour, en ramasser tous les morceaux sur le sol, puis tous les débris inutiles et lacérés de laine filée pour pouvoir le dévider et l’utiliser. Une partie est perdue, mais toujours peu. Alors que, si l’on se disait: “Oh, ce travail est bien trop compliqué” et qu’on le jette, on perdrait tout.
Je sais que certains caractères se heurtent à d’autres et que cela engendre des frictions. Mais où est l’amour, dans ce cas? Au reste, ne te rappelles-tu pas cet élément que je t’ai mentionné?[2] Réfléchis, observe bien que c’est celui qui, comme sous le coup de délires soudains ou d’hypnoses momentanées, pousse les hommes à commettre des actes qui sont autant de souffrances pour les autres.
Tu le vois. C’est un jeune garçon. Je te demande de le plonger, jusqu’à l’y faire sombrer, dans ton monde, qui est le mien, afin qu’il s’en imprègne et qu’il en émerge homme et nouveau, nouveau et prêtre, comme j’attends que mes prêtres soient.
Va en paix. Je te bénis.»