1944-04-16
7. J’ai relu les dictées. C’est un baume. Est-ce réellement moi qui les ai reçues? Comment puis-je maintenant ne plus rien ressentir de cette douceur? J’ai lu “Jésus et les enfants”[1] et j’ai pleuré en repensant à ma joie de ce soir-là, quand il me semblait que Jésus me donnait sa main à observer. Comme tout cela est loin! Maintenant que je suis proche de la mort, je n’ai plus rien de ces bienfaits. Plus rien. Et j’ai peur. Je me sens seule. Seule au milieu des tentations et des dangers. J’ai peur. Je me suis rebellée, je ne me suis pas résignée. J’ai déplu à Dieu, à mon Jésus! Je ne me le pardonne pas. Mais s’il ne vient pas à mon secours en cette heure horrible pour moi, comment puis-je en sortir victorieuse toute seule? Je souffre d’une façon si totale et si inhumaine qu’il n’existe pas de mot pour le décrire. Je ne me sens plus protégée par Dieu. J’ai peur, peur! Peur de tout. Peur de la terre et du ciel. Peur de moi et de Satan, qui veut m’arracher à Dieu. Peur…