Jésus dit[1]:
“Devant un Dieu qui incarne une partie de lui-même[2] pour devenir le salut de ses créatures coupables, l’Univers s’émerveille, ébahi, et se prosterne en un silence d’adoration avant d’exploser en un cantique des sphères et des mondes, jubilant car la Perfection descend porter l’Amour à la planète couverte de péché.
Le Vainqueur, mon Fils très saint, est venu harceler les forces du Mal, les mettre en fuite et apporter le pacte de l’alliance et la paix entre Dieu et les humains.
Il passe encore parmi vous et ne laisse d’autre empreinte que celle de son amour, empreinte que seuls les purs et les honnêtes de cœur reconnaissent et suivent, car la Paix attire les pacifistes, la Miséricorde attire les bons, la Justice les justes, la Pureté les purs. Il vient encore et vous prend par la main et vous dit: ‘N’ayez pas peur car je suis venu à votre secours’.
Dans tous vos besoins, dans toutes vos peines, dans tous vos malheurs, pourquoi êtes-vous méfiants? Vous avez parmi vous Celui au désir duquel le Père ne peut opposer un refus, parce que mon Fils a dépassé tous mes désirs et je lui dois une juste compensation.
Si vous réfléchissiez, ô chrétiens, enfants de mon Fils qui vous a engendrés à la Grâce par son sacrifice d’Homme et de Dieu, si vous réfléchissiez au sort dont je vous ai tirés, vous devriez m’adorer et m’aimer, je ne dis pas pour toute la vie, mais pour plus de cent vies, s’il vous était donné de vivre plusieurs vies. Aimez-moi donc avec un amour suprême et aimez dans une égale mesure mon Verbe qui est venu vous donner la Vie.
Même si vous êtes morts, vous reviendrez à la vie si vous croyez en lui; même si vous êtes des terres arides et sans végétation, vous vous couvrirez de verdure et d’eaux fraîches, car là où passe et s’arrête mon Fils très saint, la grâce du Seigneur jaillit à flots et le lys et la rose fleurissent, les palmiers et les oliviers poussent et les vertus dans le cœur de l’être humain poussent plus haut que le cèdre.
Lorsque vous voyez naître un saint d’une terre corrompue, telle une fleur d’un tas de paille pourrie, lorsque vous voyez d’un être de rien se dresser un athlète du Christ et une lumière briller là où il y n’y avait que ténèbres, retentir une voix là où avant régnait le silence, illuminer et instruire au nom de Dieu, levez les yeux et élevez votre âme à la recherche de la puissance qui a créé le prodige: la mienne qui, comme elle a tiré l’homme du limon, peut de la même façon tirer de l’homme le saint, le porteur de Dieu, le tabernacle de Dieu, l’arche sainte sur laquelle repose ma Gloire et dont ma Sagesse parle aux esprits.
Ne craignez pas de vous approcher de Nous qui vous aimons. Ne scindez pas notre Unité en aimant l’Un sans aimer les Autres. Nous nous aimons et sommes unis par l’amour. Faites la même chose.
Vous ne devez pas négliger le Père pour le Fils. Celui-ci ne le fait pas. Il vous enseigne à m’aimer et de ses lèvres saintes, il a fait couler la prière parfaite au Père des Cieux. Vous ne devez pas négliger le Saint Esprit pour le Fils. Il ne le fait pas. Comme au seuil de sa prédication, il vous enseigne à me prier, le Saint Père, ansi au seuil de sa passion, il vous enseigne à aimer le Paraclet qui sera l’Illuminateur de la Vérité enseignée.
Sans le Père, vous n’auriez pas eu le Fils, sans le Fils, vous n’auriez pas pu recevoir l’Esprit. Sans l’Esprit, vous ne pourriez comprendre la Parole, et sans comprendre la Parole, vous ne pourriez suivre ses préceptes en justes et parvenir à la possession du Père.
Telles des ellipses de lumière, les causes et les effets vont de Dieu, le pôle supérieur, à vous, le pôle inférieur, et de vous, ils remontent vers Dieu. Vous ne pouvez pas causer une rupture dans la parabole divine. On ne brise pas l’Unité. Si elle est brisée par un amour difforme, vous ne pouvez plus remonter sans danger vers la Perfection, car vous troublez de votre désordre le sillage de Charité que traînent derrière eux, tel un filet divin, les esprits de ceux qui ont compris ce qu’est Dieu et qui aiment Dieu, le parfait Esprit, uniquement d’un amour dont est exclue toute humanité.
N’écoutez pas les voix fausses qui vous disent une doctrine différente de celle qu’a apportée mon Fils. Comment ces propagateurs de ‘nouveaux verbes’ peuvent-ils dire des paroles de Vie s’ils n’ont pas la Vie en eux, s’ils sont plus faux que les simulacres des dieux menteurs? Ne faites pas d’eux des dieux: c’est une abomination que de se passer pour tels et c’est une abomination que d’y croire. Il n’y a qu’Un Dieu: moi et celui que j’ai envoyé, qui s’est incarné pour l’Amour. Les autres sont des iniques vendus à Satan et qui vous vendent au Serpent maudit.
Regardez mon saint Fils, mon Christ obéissant comme un serviteur, lui l’Éternel pareil à moi, par amour pour le Père. Il est celui qui a enlevé l’amertume de mon sein et m’a réuni avec mes enfants qui s’étaient détachés de moi. Mon esprit est en lui, car je suis Un avec Celui qui se fait le ministre de la pensée du Père. Comparez-le à vos ‘messies’ menteurs et voyez comme il est doux et parfait ce Fils, l’Attendu des peuples, le Sauveur du monde.
La justice et la miséricorde résident en lui: il est plein de toutes les vertus portées à leur perfection, mais puisqu’il est doux et saint, il n’impose pas, il ne crie pas, il ne menace et n’opprime pas. Le Premier-né de vous tous, le Consacré du Seigneur de toute éternité parle avec la voix de son amour, enseigne par l’exemple et rachète par son sacrifice. Il est comme l’eau tiède qui descend des cieux en avril pour laver et ranimer les fleurs et les mottes de terre et apporter la vie là où les bourrasques ont arraché les feuilles. Il est comme la lumière qui descend nous montrer le chemin et qui est si douce que vous ne la remarquez que lorsque vous l’avez perdue. Il est comme la voix qui appelle pour conduire à la Vérité, et il n’y a sur ses lèvres aucune parole dure à l’égard des misères des humains.
Il a quitté l’étreinte du Père pour se faire l’ambassadeur de ma Loi auprès de vous et il s’est immolé à une vie obscure et une mort tragique pour qu’au pacte d’alliance entre l’humanité et Dieu soit apposé un sceau qu’aucune force ne peut briser: son Sang, qui est comme une splendide signature au bas du traité de pardon.
Il s’est servi de son indestructible puissance de Dieu, point annulée dans son nouveau rôle d’homme, non pour vous dominer, mais pour vous faire dominer le mal, les maladies, la mort. Il s’est servi de sa sagesse, non pour vous écraser, mais pour vous élever. Il s’est fait monnaie de rachat, route, pont, pour vous faire surmonter les obstacles qui vous interdisaient le Ciel et pour vous acquérir le Ciel.
Et moi, j’ai dû appesantir ma main sur lui, l’Innocent, car vos fautes passées, présentes et futures étaient infinies, et le sacrifice offert pour les effacer devait être infini. Pouvez-vous mesurer cette masse de sacrifice? Non, vous ne le pouvez-pas. Moi seul qui suis Dieu peux la connaître. Moi seul connais les souffrances de ma divine Créature.
Ne regardez pas le supplice matériel qui ne dura que quelques heures. Le Verbe ne souffrit pas seulement à cette heure-là. Pendant les siècles des siècles, l’indescriptible fleuve d’angoisse de sa douleur s’est mêlé à sa béatitude de Dieu. Douleur pour les offenses à son Père bien-aimé, douleur pour tout le mépris envers les lumières du Paraclet, douleur pour les offenses au Verbe, offerte en vain aux foules; douleur pour les fautes futures qui poseraient leurs pieds crasseux sur son Moi très-saint, douleur pour l’inutilité de son sacrifice pour une grande partie des vivants.
Ne regardez pas les fléaux, les épines, les clous dont les aveugles d’alors martyrisèrent la chair. Regardez les tourments spirituels que vous causez à mon Saint par vos résistances à ses supplications.
Et qui est plus sourd et plus aveugle que vous? Ce ne sont pas vos pupilles et vos tympans qui sont brisés, mais votre esprit, de sorte que la Loi sublime que mon Fils est venu vous apporter, et vous apporte encore, ne pénètre pas en vous, ou si elle pénètre, elle en sort aussitôt comme à travers un crible défoncé.
C’est pourquoi, à cause de cette difformité spirituelle dont vous êtes délibérément les auteurs, vous avez ces guerres atroces dans lesquelles, outre les vies et les possessions, vous perdez de plus en plus l’amour et par conséquent, vous perdez de plus en plus Dieu.
Mais vous n’êtes pas tous des lépreux et des possédés du démon. Parmi vous, aussi rares que les perles à l’intérieur des huîtres, se trouvent les fidèles du Père et du Fils. À ceux-là je dis: ‘Restez-nous fidèles et je vous jure que je serai avec vous. Soyez les propagateurs de mon Verbe et les témoins de notre Justice, de notre Miséricorde, de notre Sainteté. Nous serons près de vous dans cette vie et, dans l’autre, vous serez près de nous et vous verrez les œuvres de la Divinité. Lorsque Celui à qui j’ai déféré tout jugement viendra séparer le bon grain de l’ivraie et bénir les agneaux en maudissant les aspics et les béliers, vous serez autour de lui, roues de lumière joyeuse autour de la terrible et royale Lumière de la Divinité incarnée. Vous serez le nouveau peuple de Dieu, le peuple éternel sur lequel régnera mon Fils béni et très-saint, et vous chanterez ses louanges aux étoiles et aux planètes, puisque tout ce qui a été fait l’a été pour servir de trône à la Victime, au Héros, au Saint sans tache en qui repose la complaisance du Père; et les astres et les planètes doivent former, à l’heure de son triomphe, un tapis de pierres précieuses pour le Roi du monde qui passe, suivi de son cortège de saints, pour entrer dans la Jérusalem éternelle, quand cette aventure de la création aura pris fin dans la destruction de la Terre et le jugement des peuples’.”
Au début de cette dictée, j’ai écrit: “Jésus dit”. Mais comme vous[3] voyez, c’est ici le très saint Père qui parle pour célébrer son Fils.