Jésus dit[1]:
«Pourquoi Isaïe dit-il: “Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau, même si vous n’avez par d’argent, venez, achetez et mangez… du vin et du lait”?
Parce que quelqu’un a payé pour vous toutes les richesses éternelles. Pour votre faim et votre soif, il a acheté et moulu le blé le plus pur et il a acheté et pressé le plus beau raisin. Avec ces acquisitions, payées un prix sans mesure puis moulues et pressées avec une sueur de sang, il vous a fait un Pain et un Vin qui enlèvent toute faim et toute soif – à moins qu’il ne s’agisse de faim et de soif de ce qui est surnaturel – et qui procurent la Vie à ceux qui les reçoivent.
Le blé est la Chair née du sein virginal de mon Epouse. Le vin est le Sang dont la source se trouve dans le cœur immaculé qui s’est ouvert comme un bouton de fleur quand ma Splendeur est descendue, telle une flèche de feu, faire d’elle une Mère. La Mère de celui qui était pour elle tout à la fois Père et Epoux.
Oh, ce moment où nous fûmes tous Trois, bienheureux, dans son cœur et trouvâmes l’amour de la créature comme nous avions désiré qu’il soit en toute créature et que personne, hormis elle, Marie la très sainte, ne possédait!
Son sang! Ce n’étaient que quelques gouttes autour du Germe du Seigneur. Mais il devint par la suite un fleuve si grand, si intarissable que, depuis des siècles, il ne cesse de couler et ne s’arrêtera pas jusqu’au dernier jour.
Moi, l’Amour, j’ai donné cette nourriture afin qu’elle témoigne de la Bonté du Père auprès des peuples. J’ai donné ce Verbe. Mon amour l’a envoyé sur la terre afin qu’il soit le Maître des peuples et leur Chef [pour les mener] à Dieu. Par amour, il s’est séparé de Nous[2] et la Parole éternelle est restée dans son douloureux exil, qui se termina par une mort ignominieuse, jusqu’à ce qu’il ait produit le fruit attendu par les nations: la Rédemption. Rédemption de la faute par son Sang. Rédemption des faiblesses par sa Chair. Rédemption des ignorances par sa Parole.
Il a accompli tout ce que l’Amour a voulu, il a fait tout ce qu’il devait. Il ne s’est rien épargné.
Ne fermez pas votre esprit à ce trésor. Venez, car vous avez soif. Vous qui le savez et vous – qui êtes encore plus mourants –, qui ne le savez même plus. Venez. C’est ici que se trouvent le Vin qui fortifie et le Lait qui console et soigne. Et si vous êtes pauvres et sans argent, venez également. L’Amour un et trine vous ouvre ses richesses à condition que vous l’aimiez.»