Les Écrits de Maria Valtorta

131. Le 1er juillet

1944-07-01

1 Jean 5, 5-8.

Je n’ai pas écrit hier, car j’étais en agonie et Jésus m’a laissée me reposer et souffrir.

Saint Jean me dit maintenant:

«Moi, le témoin, j’atteste que le Christ Jésus, qui nous a aimés jusqu’à se haïr lui-même – c’est en effet par amour pour nous qu’il s’est livré aux mains des hommes et de la mort, lui, le Vivant éternel – a versé tout son sang pour nous.

Je vous en rends témoignage, moi qui ai mis mes pas dans les siens dans les rues de Jérusalem, moi qui, sous la croix, ai reçu sur la tête des gouttes de son sang, moi qui ai vu du sang et de l’eau couler de son côté ouvert et qui fus entièrement taché de sang quand nous l’avons détaché de la croix comme une grappe mûre au point de s’ouvrir de toutes parts et dont le jus est filtré pour devenir du vin qui enivre et réconforte.

Que ceux qui blasphèment en prétendant que le Christ ne fut pas vrai Dieu et vrai homme cessent de le faire par pitié pour leur âme.

Rien n’empêchait le Verbe de Dieu de se manifester aux hommes en matérialisant son esprit divin, déjà adulte, homme fait, et d’apparaître miraculeusement aux foules pour leur apprendre la perfection de la Loi et les sauver par la parole. Qui plus est, rien ne pouvait empêcher le Puissant, non seulement de matérialiser son esprit, mais de le rendre en tout semblable au nôtre, dans un corps composé de vraie chair, de vraies veines, de vrais nerfs, de vrais os et de vrai sang, tout en sachant que la Parole n’aurait pas suffi à sauver les hommes et qu’un sacrifice était nécessaire pour la Justice. Les anges se sont matérialisés et c’est aussi ce que nous faisons lorsqu’il nous faut vous apparaître de par la volonté de Dieu. Des hosties et des images ont suinté du sang pour ébranler vos doutes et vos indifférences.

Mais parce qu’il ne doit y avoir aucune excuse à la Négation, il a voulu devenir un petit germe qui mûrit dans un sein de femme, puis un bébé qui gémit et tète pour vivre, ensuite un petit enfant, un adolescent, un jeune homme et un adulte à l’instar du plus grand et du plus petit des enfants de la femme. Car, en vérité, nous sommes tous égaux à la naissance et devant la mort. Or lui, qui est Dieu, n’a pas voulu être différent de nous, puisque c’est par amour qu’il a voulu devenir l’Homme.

Il a différé de nous uniquement par sa Perfection et sa Passion, si absolue et épouvantable – pour la chair, l’intelligence, le cœur et l’esprit – qu’aucun être n’en a jamais souffert de pareille. Il l’a voulue pour lui alors qu’il ne méritait aucun châtiment, puisqu’il est l’éternel Innocent dont la seule activité est amour et lumière, con­naissance et bonté.

Il a donc pris une âme et c’est avec elle qu’il est descendu dans le sein immaculé [de Marie].

Bienheureuse âme créée par le Père pour être l’âme de son Verbe incarné! Bienheureux sein qui porta la perfection de son être immaculé à la perfection de la Maternité divine et s’emplit de la Lumière! Puisque le monde obtiendra la vie, tu es devenu le phare du monde, ô bienheureux sein de la Mère de Jésus et ma mère! Tour de David, tour de nacre, tout d’ivoire, tour de lys, plus resplendissante que la lune grâce au Soleil qui s’est enfermé en toi!

Mon Seigneur a donc pris âme et l’a revêtue d’une chair qui se nourrissait du sang de la Vierge et se formait; il est même surprenant que ce sang qu’il avait pris de la Toute-Pure ait été plus rouge que le rubis, alors qu’en elle tout semblait devoir être d’une blancheur plus nette que celle dont les lys sont revêtus. Il a pris chair parce que l’Amour avait fécondé celle qui était amoureuse de Dieu. Il est donc justifié de dire que Jésus Christ est le fruit de l’Amour parfait uni au plus parfait amour, que Jésus Christ est le Feu uni à la neige pour susciter la Matière la plus précieuse, la plus sacrée et la plus pure que la création ait manifestée et vu fleurir.

Tout comme nous, il rendit l’âme, avec un grand cri, lorsque, une fois le Sacrifice consumé, il eut le cœur et les veines vidées de leur sang; en outre, pour bien montrer qu’en raison de son amour il n’avait rien gardé pour lui, il cria par son côté ouvert: “Voilà, je suis mort pour vous” en suintant sa dernière goutte de sang et l’eau de sa chair sans vie, en sorte que vous ne puissiez prétendre: “Il n’était pas un homme et n’est pas réellement mort.”

Il était homme, et il a connu toutes les faiblesses et les tourments du mourant. Il est réellement mort, car personne n’aurait survécu au profond coup de lance par la déchirure de laquelle j’ai vu son cœur, ouvert comme celui de l’agneau que le boucher expose dans sa boutique, et son poumon sans mouvement et contracté après son dernier souffle. L’esprit, l’eau et le sang témoignent sur la terre que Jésus Christ était Homme. Tout comme sa parole, confirmée par la voix du Père et l’apparition de l’Esprit sur lui, atteste qu’il est bien le Fils de Dieu.

Ne doutez ni de sa nature divine ni de sa nature humaine. Ceux qui ont vaincu le monde triompheront. Ce monde le nie car il est plein de haine satanique et ne peut croire qu’il ait existé quelqu’un qui ait aimé au point de s’humilier en devenant homme alors qu’il était Dieu, et au point de vouloir la mort pour nous rendre la Vie.

C’est par la foi qu’on vainc le monde. Or la foi vous atteste que notre Seigneur Jésus Christ est vrai Dieu et vrai Homme, qu’il a pris chair dans le sein de Marie par amour pour nous, qu’il est né, non pas en vertu d’un pouvoir d’homme mais à la suite d’une union divine, et qu’il est mort pour nous sur la croix en donnant tout son précieux sang pour nous, et en nous demandant seulement en échange de croire en lui, d’espérer en lui et de l’aimer.

Voilà ce Sang qui rend les étoles des croyants pures et dignes de resplendir devant le trône de Dieu. Voilà ce Sang qui jaillit comme un fleuve du trône de l’Agneau et nourrit l’arbre de Vie dont les fruits sont les remèdes du monde; ceux qui se tiennent à son ombre ne connaîtront plus ni larmes, ni faim, ni soif, ni douleur, car ils en auront fini avec toutes les misères de la chair et leur âme sera bienheureuse en Jésus notre Seigneur. Ainsi soit-il! Ainsi soit-il pour tous tes serviteurs, Seigneur! Viens pour tous, Seigneur Jésus!

Que la grâce du Seigneur Jésus soit toujours avec toi.»

Alors mon saint Jean me ravit au ciel. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas entendu sa douce voix[1], la plus belle après celles de Jésus et de Marie! Si vous pouviez l’entendre ne serait-ce qu’une fois, même une seule phrase prononcée par cette voix-là, vous ne pourriez plus l’oublier. L’entendre parler est à la fois un repos et une force. Calme, passionné et puissant, il est réellement l’aigle qui conduit au Soleil.[2] Je suis très contente que, précisément aujour­d’hui et précisément lui, il m’ait parlé du très-précieux Sang que j’aime tant.

Il y a de cela treize ans, j’avais fait l’offrande totale de moi-même, justement en la fête du Sang de Jésus. Je ne regrette pas de m’être donnée. Si je pouvais revenir en arrière, même maintenant que je sais ce que signifie s’être offerte, je le referais aussitôt. En raison de ma générosité – je n’ai que celle-ci –, que Dieu me fasse miséricorde et donne à la pauvre fourmi des ailes pour s’élever vers lui.


Notes

  1. Du 6 mars. ↩
  2. Dictée du 15 juin. ↩