Si l’on en juge humainement, je devrais être en état de disgrâce. Au contraire, je suis depuis hier en état de grande grâce.
Après avoir subi la bataille infernale du 4 après-midi, que j’ai voulu décrire parce qu’il me semblait juste que ce soit mis par écrit, j’ai beaucoup pleuré. J’étais à proprement parler épuisée, exténuée. Dans la nuit, l’anxiété m’a tirée de mon sommeil à 3 h. Cela faisait longtemps que ce n’était plus arrivé. J’ai encore pleuré désespérément. Je crois que mon cœur s’est encore plus déséquilibré.
J’ai ensuite prié, puis j’ai fait mes offrandes habituelles. Arrivée à celle pour Nennolina[1], je lui ai dit: «Nennolina, donne-la toi-même à Jésus et dis-lui de me faire rentrer chez moi. Si c’est toi qui le lui dis, il t’écoutera… et tu peux comprendre, toi qui as été si malade, ce qu’est la souffrance d’une infirme.»
Nennolina m’est alors apparue. Vêtue de blanc, presque aussi grande que Marta, les yeux pensifs et rayonnants, souriante, lumineuse, une ceinture de lumière au côté, là où se trouvait sa grande blessure.
«Est-ce toi?», ai-je demandé.
Elle m’a répondu avec un sourire d’enfant heureuse.
«Es-tu très heureuse?»
Nouveau sourire d’assentiment.
«Et ta jambe?»
Nennolina répondit: «Elle ne m’est plus d’aucune utilité. Là où je suis, plus rien n’est utile. L’amour suffit.» Puis, d’un geste typique de fillette, elle a fait une demi-pirouette sur elle-même, en riant de toutes ses petites dents.
«Tu m’aimes, Nennolina?»
Sourire d’assentiment.
«Souviens-toi de dire à Jésus que la pauvre Maria n’a que lui et n’espère qu’en lui seul.»
Un sourire, un adieu, et la forme se dissout en lumière.
C’est ensuite Jésus qui vient avec ces deux dictées, et, ce matin, après une nuit de sommeil tranquille, consolé par les caresses divines, j’ai reçu une dictée sublime.[2] je suis contente, même humainement… parce que je suis encore une femme et que j’ai eu aujourd’hui une «fleur», comme dit Jésus. «Une petite chose pour une… grande âme», comme dit Jésus.
Grande? Grande, mon âme? Non!!! Mais une âme qui essaie de grandir pour plaire à Dieu, à lui seul.
Eh bien, j’ai reçu une petite chose: une fleur d’amour humain, ce qui m’a fait énormément de bien sur ma pauvre humanité écorchée, écorchée de partout et frappée sur les lacérations par des gerbes d’orties… En moi, l’esprit comme l’humanité sont dans la joie.
Oh! béni soit le Seigneur qui a eu pitié de sa pauvre Maria… Mais mon Maître me fait comprendre que cette pitié est due au fait que j’ai su, avant-hier, lui rester fidèle et ne pas recourir au mensonge en servant Satan.
Ces pages seront lues par Paola, Peppino, Marta[3] et le P. Migliorini, si je le revois. C’est tout. C’est là la volonté du Maître.