Les Écrits de Maria Valtorta

185. Le 25 septembre

1944-09-25

C’est l’âme encore troublée par la dictée d’hier et en combat entre une obéissance au Père Migliorini et un désir de ne pas lui causer de peine, que je dis ce matin le “Veni Sancte Spiritus”, comme toujours avant d’ouvrir la Bible pour y trouver lumière et réconfort quand Jésus ne parle pas directement.

Elle s’ouvre à la page qui porte la dernière partie de la prière de Judith avant de se rendre auprès d’Holopherne: “Dieu du ciel… écoute une pauvre femme qui recourt à toi et espère tout de ta miséricorde… mets les mots sur mes lèvres, fortifie dans mon cœur mon intention, afin que ta maison conserve toujours la sainteté… etc.”

Je me dis: «Cela me correspond bien, car je ne veux que la gloire de Dieu en reconnaissant ma pauvreté et ma faiblesse, et je désire uniquement que la maison de Dieu, l’Eglise militante, connaisse la sainteté, une sainteté toujours croissante.»

Or, tandis que j’écris ces lignes, la voix bénie de mon Seigneur, dont la présence est constante depuis avant-hier, dans son vêtement blanc, me dit:

«Pas seulement ma maison. La tienne aussi, c’est-à-dire la maison spirituelle du cœur où tu accueilles Dieu, et l’amour pour ton Dieu doit garder sa sainteté – tu y parviendras grâce à ma force –, autrement dit l’amitié avec Dieu et le dévouement à sa cause jusqu’au sacrifice. N’aie jamais peur de parler ou d’agir! Vois-tu com­me je suis visiblement à tes côtés aux moments où il te faut prendre les décisions les plus graves? C’est pour te transmettre ma force et mon approbation.»

De fait, quand il est présent, j’ai un de ces courages et une de ces sincérités! Comment serait-il possible de faire quelque chose de faux, ou même simplement de se taire en raison de quelque affection humaine, quand il me regarde avec ces yeux-là?

Plus tard, il me fait ouvrir [la Bible] à la fin de la prophétie de

Jonas, et Jésus dit avec une sévérité telle que j’en ai peur:

«Ecris. Voici quelque chose pour vous deux.[1] Car tous deux, vous vous affligez pour quelque chose qui ne vous a demandé aucun effort, que vous n’avez pas fait croître, et – lui dans un sens, toi dans un autre –, vous voudriez retirer cette miséricorde aux Ninive modernes. En d’autres termes, toi, mon porte-parole en ce qui con­cerne tes frères laïcs, et le Père Migliorini en ce qui concerne ses frères consacrés.

Ignorez-vous donc que, dans l’une et l’autre Ninive, il y a cent vingt mille personnes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche (autrement dit le bien du mal) parce que tout un ensemble d’éléments, qui sont autant de pièges et d’œuvres de Satan, leur a causé une déficience spirituelle? Ignorez-vous que, dans l’une et l’autre Ninive, il y a au moins dix pour cent et cinq pour cent de ces cent vingt mille qui ressentent leur malheur d’être aveugles spirituellement et la déficience de leur intelligence spirituelle? Ils me crient: “Jésus, aie pitié de nous, qui sommes malades! Fais que nous voyions! Ouvre nos cœurs et nos esprits pour qu’ils te comprennent!” Et moi, Jésus de Nazareth, le bon Maître, le divin Thaumaturge, ne devrais-je pas avoir pitié d’eux? D’ailleurs pas d’eux seulement, mais aussi de ceux que leur commerce avec le Vice a rendus semblables aux animaux.

Quel grand nombre d’animaux la terre ne compte-t-elle pas! Des hommes que le maléfice de Satan a dégradés au rang d’animaux, rien de plus!

Je suis venu ramener l’Esprit. J’ai été le Précurseur de la venue du Paraclet. Et je viendrai rassembler ceux qui seront fidèles à l’Esprit du Seigneur, qui est Sagesse et Conscience du Bien, Fidélité et Amour pour Dieu. Mais je ne peux pas venir maintenant revêtu d’une chair préparer les voies pour le triomphe du Roi. Le Père ne le veut plus.[2] Vais-je donc laisser la barque de cette pauvre humanité aller au naufrage dont peu seront sauvés? Non. La Chair ne vient pas, mais la Parole si, et elle se confie à ses serviteurs, pour mes pauvres hommes.

Mes serviteurs ne sont pas maîtres de la Parole, mais ses gardiens et ses diffuseurs. Ils doivent l’être sans irritations ni attachements humains. Je vous répète donc mes commandements d’hier. Que l’on s’y tienne scrupuleusement!»


Notes

  1. Maria Valtorta et le Père Migliorini. ↩
  2. Comme dans la dictée du 23 avril, dans “Les cahiers de 1943”. ↩