Les Écrits de Maria Valtorta

209. Le 17 novembre

1944-11-17

Je viens de recevoir la communion, offerte pour mon retour et pour un bon voyage des Belfanti.[1]

Tout en priant pour Paola surtout, que je voudrais savoir heureuse surnaturellement et humainement, comme elle le mérite, je pense aussi à Giuseppe… Souvent, bien souvent, je réfléchis sur lui et sur de nombreux points de sa personnalité confuse. Et je m’interroge: «Sera-t-il réellement délivré? Prendra-t-il la bonne voie? Saura-t-il s’y tenir? Saura-t-il y marcher jusqu’à sa mort en catholique?»

Jésus ne m’a jamais abandonnée de ces sept jours pendant lesquels j’ai souffert de l’abandon de ma famille, et sa présence en a soulagé ce qu’elle aurait eu d’excessif, de sorte que je l’ai considéré comme un fait déplaisant mais pas réellement mien, un événement qui se produit sans que j’y sois réellement impliquée, car autre chose m’en préserve. Il me dit: «ne te fais pas trop d’illusions. Il est sin­cère, mais il n’est pas ferme. Il y a trop d’orgueil en lui. Or l’orgueil est le terrain sur lequel Satan pose le pied pour reprendre son œuvre en un cœur qui lui a à peine échappé. Judas, comme beaucoup d’autres avec lui, a eu de sincères désirs de bien et retours au bien. Mais, ensuite, il a cédé aux assauts du mal qui semblait près de mourir en lui, et il les a flattés. Le Mal s’est alors senti le plus fort, et il a repris vie et ardeur. La possession démoniaque est la plus récidivante des maladies et elle ne meurt vraiment que chez une personne humble. Or il est difficile à un possédé d’être humble. L’orgueil est la première graine semée par Satan.

– Pourtant, tu as dit que “tu l’aimes parce que tu le vois sincère et désireux de suivre la Vérité”. Alors?

– Alors? C’est sa disposition actuelle. Judas, lui aussi, avait cette même disposition quand il venait à moi avec l’intention d’être mon disciple ou de le redevenir. Mais ensuite… tu l’as vu! Que de Judas! Que de malheureux! partout! dans les maisons, les bureaux, les couvents. Les supérieurs doivent avoir un regard spirituel attentif et ouvert. Dis-le au Père Migliorini. Ces malheureux ne veulent pas toujours l’être. Mais ils ne sont pas assez forts et fermes. Leur supérieur doit les surveiller et les soutenir, et se surveiller eux-mêmes.

– En quoi?

– Oh, en bien des choses! Attention quand on les élit à des charges spéciales et à des fonctions particulières, attention quand on les admet à des connaissances secrètes. Surtout les jeunes, si peu formés dans les temps qui courent! Où sont donc passés les Jean, fils de Zébédée, les diacres comme Laurent? Attention! Attention! Attention! Cela suffit, maintenant. Reste dans ma paix.»


Notes

  1. Ils étaient partis le 10 novembre, comme il en est fait mention dans le texte du même jour. Voir la note 139. ↩