Les Écrits de Maria Valtorta

215. Le 6 décembre

1944-12-06

Je vais toujours plus mal. Depuis trois jours, ma douleur à la région splénico-rénale gauche est si atroce qu’elle m’arrache des cris lorsque je bouge et, si je reste tranquille, c’est comme un chien qui me rongerait à l’intérieur ou comme s’il s’y trouvait un énorme abcès. Je suis même gonflée à cet endroit. En outre, j’ai depuis hier des souffrance encore plus aiguës aux deux poumons, si bien que chaque respiration m’est extrêmement pénible et difficile. Hier, à 15 h, j’ai vraiment connu un moment de découragement… et j’ai pleuré à l’idée qu’il me faudra peut-être mourir ici, seule et loin de chez moi…

Pourquoi êtes-vous si loin? Pourquoi avoir accepté de venir ici? Quelle pitié ai-je donc eue pour avoir fait ce sacrifice pour les autres? Aujourd’hui que je suis comme cela, dans un état grave et isolée, eux sont partis et adieu! Mais patience et allons de l’avant…

Heureusement que je reste dans les bras de Jésus. Voici peu de temps, je me plaignais à lui: «Seigneur, lui disais-je, je vais toujours plus mal. Et toi, par pitié pour mon état, tu ne dictes plus rien. Nous ne sommes plus libres et n’avons plus le moindre espoir de pouvoir partir. Que faire?»

Il m’a alors répondu, en m’attirant à lui (oh, que c’est doux!): «remets tout dans mon pauvre berceau de Bethléem. Tu as si froid. Tu as tant d’épines. Tu manques de confort. Tu es si seule. Tu souffres tellement. Donne-moi ton froid, tes épines, ton inconfort, tes solitudes, tes souffrances. Emplis-m’en mon pauvre berceau. Au contact de l’Enfant-Dieu elles deviendront autant de bénédictions et de grâces. Je veux que le berceau en soit rempli, car le monde a besoin de grâces d’amour et de miséricorde. Je veux inonder le monde de miséricorde, et celle-ci doit déborder de mon berceau. Mais ce qui l’emplira, ce sont l’amour et la générosité de mes âmes victimes, des âmes qui sont vraiment mes épouses. Va en paix. je suis avec toi.»

Dans ce cas… en avant! Mais pitié, Jésus! Un peu de pitié pour nous aussi, les victimes! Tu as eu Simon de Cyrène et les saintes femmes, Véronique et l’amour de ta Mère et de Jean. Donne-moi au moins mon directeur spirituel et ma maison. Permets que je meure avec lui à mes côtés et chez moi. Puis fais ce que tu veux de moi, ce que tu veux, comme tu le veux.