Daniel 7.
Jésus dit:
«Daniel est celui qui a la même caractéristique que Jean, et Jean est celui qui recueille et amplifie la caractéristique initiale de Daniel. Voilà pourquoi il te plaît tant, à toi qui es le petit Jean.
Comme un poisson dans un bassin limpide, tu es heureuse lorsque tu te trouves dans l’atmosphère de ton Christ, qui connaîtra son triomphe suprême à l’heure où Satan, son fils et ses courtisans seront rendus impuissants pour toujours. Or tu trouves cette atmosphère chez Daniel. Si Isaïe est le pré-évangéliste qui traite de mon avènement dans le monde pour le salut du monde, Daniel est le pré-apôtre, le pré-Jean qui annonce les gloires de mon triomphe éternel en tant que roi de la Jérusalem qui ne passera pas.
Vois maintenant comment les quatre bêtes décrites par Daniel anticipent les signes des ministres diaboliques de l’Apocalypse. Les commentateurs se sont épuisés à trouver une signification humaine et historique à ces quatre monstres. mais il faut porter son regard bien au-delà et bien plus haut. Lorsque vous méditez les livres saints, élevez-vous au-dessus de la terre, détachez-vous du moment présent, regardez vers l’avenir et vers le surnaturel. C’est là que se trouve la clé du mystère.
Les quatre bêtes représentent les quatre erreurs qui précéderont la fin, les quatre erreurs qui seront quatre horreurs pour l’humanité et donneront naissance à l’Horreur finale.
L’homme était un demi-dieu par la grâce et la foi. Tel un aigle et un lion, il savait affronter et vaincre les dangers des sens, et s’élever pour se mouvoir dans l’atmosphère de Dieu, là où l’âme s’unit à son Seigneur par des noces surnaturelles en d’ardentes unions, continuelles et rapides. Elle en redescend renouvelée en force, en joie, en charité qu’elle répand sur ses frères, puis de nouveau s’élance avec encore plus d’impétuosité vers Dieu; car chaque union fait croître en perfection, qui trouve son achèvement quand l’union devient éternelle dans mon paradis.
L’athéisme a arraché à l’homme ses ailes d’aigle et son cœur de demi-dieu et a fait de lui un animal qui marche dans la boue et tourne vers la boue son cœur pesant, tout de chair et de sang. L’homme porte, sur son “moi” privé des ailes spirituelles de l’âme, un poids plus lourd que le plombs, qui l’incline vers la fange, l’y étend, l’y embourbe.
L’homme était un demi-dieu par l’amour qui vivait en lui. En aimant Dieu et sa Loi, qui est une loi d’amour, il possédait Dieu et avec lui la paix, qui est un attribut principal de Dieu, et avec la paix, un grand bonheur universel et particulier.
Or l’homme a repoussé la Loi de Dieu pour suivre foule d’autres doctrines. Mais aucune d’elles ne provenait ni ne provient de Dieu, si bien que le véritable amour n’est en aucune. Il s’ensuit que l’homme, qui avait embrassé l’athéisme et abandonné ainsi son état d’aigle et de lion pour devenir un simple homme, s’enfanta lui- même, par un sortilège infernal, en ours, dévoreur féroce de ses semblables.
Or l’horreur appelle l’horreur. C’est une escalade. L’horreur ne cesse de croître car, par ses maudites unions avec Satan, l’homme, que le Christ avait ramené à sa nature de demi-dieu, engendre des monstres toujours plus terribles. Ce sont les enfants de son erreur, vendus à Satan pour en obtenir une aide terrestre.
De l’homme demi-dieu provient donc l’homme, de l’homme l’ours, et de l’ours le nouveau monstre féroce et faux comme la panthère, doté par Satan d’ailes multiples pour être plus rapide à nuire. Je vous ai dit[1] que Satan singe Dieu. Il a donc voulu, lui aussi, donner des ailes à celle qui est désormais “sa” créature, à l’humanité sans foi ni Dieu. Non pas des ailes d’aigle, mais de vampire pour faire le cauchemar de l’humanité et pour pouvoir s’abattre rapidement sur des parties d’elle-même, victime de soi, afin d’en sucer le sang.
Moi, tel un pélican mystique, je me suis ouvert le cœur pour vous donner mon sang. Satan fait de l’homme, à qui j’ai donné mon sang, le vampire qui suce des parties de soi-même et se torture jusqu’à se donner la mort.
Ne dirait-on pas une légende de cauchemar? C’est pourtant votre réalité. Ce n’est pas un monstre mythique. C’est vous qui, avec une faim diabolique, dévorez des parties de vous-mêmes, c’est vous qui vous saignez, qui vous mutilez pour engendrer ensuite de nouvelles parties tout en dévorant celles qui sont déjà formées, avec une continuité qui a quelque chose de maniaque, mais d’une maniaquerie diabolique.
La puissance voulue, stimulée, imposée jusqu’au délit, voilà la troisième bête. Etant donné qu’il s’agit de puissance humaine, autrement dit qui s’est vendue à Satan pour s’accroître sans cesse, contre toute loi divine et morale, elle engendre ce monstre qui porte le nom de Révolution. Conformément à sa nature, ce dernier porte dans les protubérances de sa monstruosité les plus violentes horreurs des révolutions, le naufrage social du bien et de la foi.
L’honnêteté, le respect, la moralité, la religion, la liberté, la bonté disparaissent quand ce monstre exhale sur une nation son souffle infernal. Comme une émanation pestilentielle, il se répand au-delà des frontières et infecte de nombreux peuples, jusqu’à ce qu’il contamine le monde entier; ce faisant, il prépare, sur les civières des victimes qu’il tue et met en pièces tout comme sur les ruines des nations réduites en décombres, le berceau du monstre final: l’Antéchrist.
Je vous ai déjà dit[2] que celui-ci sera le fils de la luxure de l’homme né de son union avec la Bête. Je vous l’ai dit, et je ne change rien à mes paroles. Ce que je dis est vrai. je le connais sans avoir nul besoin de le lire, je m’en souviens sans avoir nul besoin de le relire. C’est écrit dans la pensée de Dieu, devant qui tous les événements de l’homme dans le temps ne cessent de défiler, l’un sur l’autre, sans que l’un empêche de voir l’autre.
Cet Antéchrist, perfection de l’Horreur comme je fus la perfection de la Perfection, tourmentera au-delà de toute mesure ceux qui formeront mon petit troupeau fidèle et resteront mes disciples. Il le fera en se servant de ses armées innombrables, symbolisées par les dix cornes, de ses mâchoires aux dents de fer, de ses pieds féroces et enfin de sa petite corne, symbole de la hargne extraordinaire dont Satan dotera son fils pour corrompre l’humanité, tandis qu’il la séduira par sa bouche menteuse pour se faire adorer comme dieu. Peu à peu, la petite corne grandira pour nuire; l’intelligence satanique grandira pour faire dire à la bouche les mensonges les plus perturbateurs, elle grandira en puissance comme, moi, j’ai grandi en sagesse et en grâce, armée d’yeux pour lire la pensée des hommes saints et les tuer par cette pensée.
Oh! Mes saints des derniers temps! Si la vie des premiers, au milieu des persécutions du paganisme, fut héroïque, celle de mes derniers saints le sera trois fois, sept fois, sept fois sept fois plus. Seuls ceux qui se seront nourris de la mie de la foi pourront avoir un cœur de lion pour affronter ces tourments, ainsi que des yeux et des plumes d’aigle pour me fixer, moi qui suis le Soleil, et voler vers moi, qui suis la Vérité, alors que les ténèbres les recouvriront de toutes parts et que le Mensonge tentera de les convaincre de l’adorer et de croire en lui.
Après les précurseurs de l’Antéchrist viendra l’Antéchrist en personne. la période antichrétienne est symbolisée par la Bête armée de dix cornes – les dix serviteurs de Satan qui se croient rois, dont trois (remarque-le bien) seront arrachés et jetés dans le néant, en d’autres termes dans l’abîme où Dieu n’est pas mais où se trouve donc le Néant, le contraire de Dieu, qui est tout –. cette période antichrétienne culminera dans la naissance et la croissance, jusqu’à sa puissance maximale, de la onzième corne. Cette dernière est la raison de la chute des trois précurseurs et le siège du véritable Antéchrist, qui blasphèmera contre Dieu comme aucun fils d’homme ne l’a jamais fait, foulera aux pieds les saints de Dieu et torturera l’Eglise du Christ. Comme il est fils de l’union entre l’orgueil démoniaque et la luxure humaine, il croira “pouvoir faire de grandes choses, changer les temps et les lois”, et durant trois ans et demi il sera l’Horreur régnant sur le monde.
Puis le Père dira: “Cela suffit” devant le grand chœur qui se formera au ciel par “le son des paroles solennelles” des saints; alors la Bête mauvaise sera tuée et jetée dans le puits de l’abîme, et avec elle toutes les bêtes de moindre importance pour y demeurer pour l’éternité avec Satan, qui les a engendrées.
C’est alors que je serai appelé par le Père pour “juger les vivants et les morts”, comme le dit le Symbole de la foi. Les “vivants”, ceux qui ont préservé la vie en eux en ayant gardé vivantes la grâce et la foi, hériteront “du Royaume, de la puissance et de la magnificence de Dieu”. Quant aux morts spirituellement, ils auront la mort éternelle, car c’est ce que leur volonté a choisi d’avoir.
Il n’y aura plus ni Terre ni homme charnel. Il y aura seulement des “enfants de Dieu”, des créatures délivrées de toute peine. Il n’y aura plus de péché, il n’y aura plus de ténèbres, il n’y aura plus de crainte. Il y aura seulement de la joie, de la joie, une joie immense, éternelle, inconcevable pour les hommes: joie de voir Dieu, de le posséder, d’en comprendre la pensée et l’amour.
Venez, vous, les hommes, à la Fontaine de vie. Je vous en ouvre la source. Puisez-y et fortifiez-vous pour être intrépides dans l’épreuve;
venez vous y immerger complètement, en moi qui suis la source de la béatitude, en ce beau paradis que mon Père a créé pour vous: l’Amour trinitaire du Dieu un et la pureté de “notre” Mère vous y attendent, et avec eux ceux qui ont déjà obtenu la Vie grâce à leur fidélité.»
Jésus me dit ensuite:
«Quand je te vois si attentive à mes leçons, tu me donnes l’impression d’être une écolière appliquée qui aime son maître, qui représente pour elle la somme du savoir. En revanche, lorsque tu découvres toute seule de nouvelles choses et que tu fais des observations (comme dans les visions), tu me fais penser à un bon petit enfant que son père tient par la main pour le conduire devant ce qu’il veut que l’enfant voie pour croître en intelligence mais qui, en même temps, n’intervient pas pour laisser à son enfant la joie de découvrir quelque chose de nouveau et de se sentir grandir dans l’estime de soi.
Pour ce faire, il te faut être libre de toute préoccupation humaine, de plus en plus libre. Il te faut être toujours plus sûre pour marcher avec aisance sur les sentiers de la contemplation, et toujours plus sereine et confiante en moi, qui te tiens par la main.
Sans se faire remarquer, un père, à l’aide de mille artifices, fait en sorte que son enfant voie la chose précise qu’il veut que l’enfant découvre. Oh! Je suis le plus aimant des pères et le plus patient des maîtres pour mes petits et, quand je peux tenir par la main l’un d’eux, bien docile et attentif, je suis heureux. Heureux d’être Maître et Père.
Il est si difficile pour mes créatures de glisser leur main dans la mienne avec confiance pour que je les conduise, que je les instruise, et il leur est si difficile de me dire: “Je t’aime plus que tout et de tout mon être!” A celles, peu nombreuses, qui sont ainsi tout “à moi”, sans restriction, j’ouvre les trésors des révélations et des contemplations et je me donne sans réserve.
Toutefois, Maria, je t’ai élue au rôle de divulgatrice de ma Divinité, avec ses diverses manifestations, auprès de ceux qui ont besoin d’être réveillés et conduits à entrevoir Dieu: souviens-toi donc d’être méticuleuse au plus haut point quand tu leur répètes ce que tu vois. La moindre bagatelle a de la valeur et n’est pas tienne, mais mienne. Par conséquent, il ne t’est pas permis de la garder pour toi. Ce serait malhonnête et égoïste. Rappelle-toi que tu es le réservoir de l’eau divine[3] dans lequel cette eau se déverse afin que tous y viennent puiser.
En ce qui concerne les dictées, tu es parvenue à la fidélité la plus totale. Dans les contemplations, tu observes beaucoup mais, dans ta hâte d’écrire et à cause de tes conditions particulières de santé et d’entourage, il t’arrive d’omettre certains détails. Tu ne dois pas le faire. Mets-les en bas de page, mais écris-les tous. Ceci n’est pas un reproche, mais un doux conseil de ton Maître.
Tu m’as dit, il y a quelques jours: “Que les hommes t’aiment un peu plus par mon intermédiaire, voilà qui justifie et récompense tous mes efforts et ma vie; n’y aurait-il qu’un seul homme qui revienne à toi par l’entremise de ta ‘violette cachée’[4], celle-ci serait heureuse.”
Plus tu seras minutieuse et précise, plus nombreux seront ceux qui viendront à moi et plus grand sera ton bonheur spirituel présent comme ton bonheur éternel à venir.
Va en paix. Ton Seigneur est avec toi.»