Les Écrits de Maria Valtorta

45. Le 2 mars

1944-03-02

Jésus dit:

«Mes martyrs ont possédé la Sagesse, et mes confesseurs également. Tous ceux qui m’ont aimé réellement et ont pris cet amour comme but de leur vie l’ont possédée.

Cela n’apparaît pas aux yeux du monde. Au contraire, être juste semble de la faiblesse, quelque chose de dépassé. Comme s’il y avait eu des changements, au cours des siècles, dans les rapports entre Dieu et les fidèles.

Non. Si j’ai atténué la rigueur de la Loi mosaïque et si je vous ai donné des ressources d’une puissance incalculable pour vous aider à mettre la Loi en pratique et à atteindre la perfection, cela ne change pas votre devoir de respect et d’obéissance au Seigneur votre Dieu. S’il est devenu bon au point de se donner lui-même pour vous rendre bons, vous devez l’être encore plus, au lieu de dire: “C’est à lui de penser à nous sauver. Nous, prenons du bon temps.” Cela n’est pas de la sagesse: ce n’est que stupidité et blasphème. C’est la sagesse du monde, – autrement dit répréhensible –, et non la sagesse divine.

Mes martyrs furent sages de manière divine. Ils ne se sont pas dit, comme l’impie: “Profitons du temps présent car il ne revient pas, et la mort met un point final à toute joie. Pour cela, faisons de l’abus de pouvoir un droit; ainsi, en extorquant aux faibles et aux bons ce qu’il n’est pas permis d’extorquer, amassons de quoi nous remplir les poches pour ensuite nous remplir le ventre et assouvir la concupiscence de la chair et de l’esprit.” Ils ne se sont pas dit, comme l’impie: “Etre juste est un sacrifice et cela demande des efforts. En outre, la vue du juste est une réprobation. Débarrassons-nous donc de lui, car sa justice nous rappelle Dieu et nous reproche notre vie bestiale…”

Au contraire, mes martyrs ont renversé la théorie du monde et ont voulu uniquement suivre celle de Dieu. C’est pourquoi le monde les a mis à l’épreuve, il les a outragés, torturés, tués dans l’espoir d’ébranler leur vertu. Dans sa sottise, il ignorait que chaque coup asséné pour effriter leur âme était semblable à un marteau qui les faisait pénétrer en moi et moi en eux, en un amour de fusion parfait. C’était au point que, dans les prisons ou les cirques, ils étaient déjà au ciel et me voyaient comme ils me verraient pour l’éternité bienheureuse une fois passé l’instant de la souffrance et de la mort.

Ils n’étaient pas morts, pas détruits, pas torturés, pas désespérés. Le travail de l’enfantement n’est ni mort, ni destruction, ni torture ni désespoir: c’est au contraire une vie qui en engendre une autre, un dédoublement de la chair qui était une et devient deux, une satisfaction, l’espérance d’être mère et d’obtenir de cette maternité des joies indescriptibles tout au long de sa vie. De la même manière, leur souffrance était pour eux espérance, sécurité, vie qui les rendaient bienheureux.

Le monde ne pouvait comprendre ces saints insensés dont la folie était d’aimer Dieu le plus parfaitement possible pour une créature: ils se rendaient volontairement stériles puisque leurs seules noces étaient avec moi dans ma divinité, ils devenaient des eunuques qui, par amour spirituel, amputaient leur sensualité humaine et vivaient chastes comme des anges. Le monde ne pouvait comprendre ces fous sublimes, bien conscients des douceurs du lit de noces et d’une descendance, qui savaient cependant y renoncer et voler vers les tortures après s’être volontairement déchiré le cœur par l’abandon de leurs enfants et de leur époux, par amour de moi, leur amour.

Or le monde a été sauvé par eux. Si vous êtes devenus les bêtes sauvages que vous êtes après de tels exemples et un tel bain de sang purificateur, que seriez-vous devenus – et à partir de quand? – sans la génération sainte et bénie de mes martyrs? Ils vous ont retenus de vous précipiter en Satan bien plus tôt que vos convoitises vous y excitaient. Ils vous invitent encore à vous arrêter et à vous remettre sur le bon chemin en délaissant la mauvaise pente. Ils vous disent des paroles de salut. Ils vous les disent par leurs blessures, par leurs actes de charité, par ce qu’ils ont répliqué aux tyrans, par le souci de leur pudeur, par leur patience, leur pureté, leur foi et leur constance. Ils vous disent qu’une seule science est nécessaire: celle qui provient de la sagesse divine.

Plus sages encore que Salomon, ils préférèrent cette sagesse à tous les trônes et richesses de la terre. Pour l’obtenir et la conserver, ils défièrent persécutions et tortures et embrassèrent la mort pour ne pas la perdre. Ils l’ont aimée plus que la santé et que la beauté; ils ont voulu la prendre comme lumière, car son éclat provient directement de Dieu, et la posséder signifie anticiper pour l’âme la Lumière béatifique du dernier jour. Ils l’ont apprise avec droiture de cœur et, par charité, ils la communiquèrent à leurs ennemis eux-mêmes. Ils n’eurent pas peur d’en être privés en en faisant part aux foules qui en étaient privées: en effet, c’est la Sagesse, vivante en eux, qui les instruisait que “donner, c’est recevoir” et que, plus ils distribuaient les eaux célestes que la Source divine répandait en eux, plus ces eaux augmentaient jusqu’à les remplir comme les calices d’une sainte messe consommée pour le bien du monde par le Prêtre éternel.

Le sage roi énumère les dons de la Sagesse dont l’esprit est intelligent, saint, unique, multiple, subtil… mais toutes ces qualités, mes martyrs les ont possédées. Ils avaient en eux ce que Salomon appelle “un effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant”. C’est pourquoi ils reflétaient Dieu comme personne au monde, ils reflétaient Dieu en ses qualités et moi, le Christ-Sauveur, en mon holocauste.

Oh! Comme l’on pourrait mettre sur les lèvres de chaque martyr les mots de Salomon qui proclame avoir aimé et recherché la Sa­gesse dès sa jeunesse, et l’avoir voulue pour épouse, maîtresse et richesse! Comme vous pouvez bien le penser sans crainte d’erreur, la prière pour obtenir la Sagesse a fleuri sur leurs lèvres, celle-là même qui avait fleuri sur les lèvres de Salomon!

Vous, que la cupidité de la chair a fait reculer dans des ténèbres païennes bien plus profondes que celles auxquelles mes martyrs ont apporté la Lumière, combien vous devriez aimer la sagesse, la désirer, et prier pour qu’elle vous soit accordée comme guide dans vos entreprises individuelles ou collectives! Car alors vous ne seriez plus ce que vous êtes: des maniaques cruels qui vous torturez les uns les autres, perdant ainsi vie et substance – deux choses auxquelles vous tenez –, ainsi que le salut de votre âme – ce à quoi je tiens, moi qui suis mort pour assurer le salut de votre âme –.

“C’est par la Sagesse, dit Salomon, qu’ont été rendus droits les sentiers de ceux qui sont sur la terre, ainsi les hommes ont été instruits de ce qui te plaît.” Souvenez-vous-en. Sachez que seul votre bien plaît à Dieu, rien d’autre. Par conséquent, si vous le connaissez et suivez cette voie qui lui plaît, vous vous ferez du bien à vous- mêmes, sur la terre comme au ciel.»