5. Après une nuit sans repos, je somnole à l’aube. Mais je me réveille pour subir de nouveau la torture. Ce n’est pas du délire, mais elle s’en prend à la raison, exaspérante et froide. Le Père veut me faire communier. Je crois cela presque sacrilège, tant je sens mon cœur fermé et hostile. La communion apaise tout peu à peu, à telle enseigne que j’arrive de nouveau à prier avec joie, et j’entends Jésus (je l’entends, je ne le vois pas) me dire: «Tu pourrais maintenant décrire mon agonie à Gethsémani.» Oh oui, je pourrais la décrire! Mais je crois que je ne le ferai jamais. Seul celui qui l’a vécue peut la comprendre. Pour les autres, cela serait blasphémer. Suer du sang? Je m’étonne qu’il ne soit pas mort contre ce rocher, broyé par le poids de cette épreuve inhumaine.
67. Le 14 avril
1944-04-14