Pour le Père Migliorini.
Jésus dit:
«Que les justes obéissent, voilà qui est toujours la volonté du Seigneur. Mais il n’existe aucune volonté dans ton départ autre que celle de Dieu. S’il y en avait une autre, je me contredirais moi-même. Car c’est moi qui voulais que tu sois ici, auprès de mon porte-parole. Ici et nulle part ailleurs.
Maria, notre pauvre Maria, l’a écrit d’elle-même parce qu’elle l’a compris. Je le confirme. Je vous ai préparés à cette heure par les visions de Syntique et de Jean. Lis-les attentivement. Tu entendras la pensée de ton Sauveur.
Pars en paix, car tu es en état de grâce. Or tout est là. Le jugement des hommes n’affecte pas le jugement de Dieu, il ne l’influence pas. Pars en paix, toi qui es mon fils et le fils de Marie. En paix pour toi-même comme pour la pauvre Maria. C’est moi et mon ange qui prenons ta place. Et comme il n’existe aucune séparation entre les âmes, nous continuerons tous les trois, comme c’est le cas depuis trois ans, à faire ce qui est la gloire de Dieu: faire connaître Dieu.
Je te bénis: au nom du Père et de l’Esprit Saint en plus du mien, mon bon serviteur; ma Mère te bénit avec moi, ainsi que l’homme de l’obéissance: Joseph; l’homme de la charité: l’apôtre Jean; et tous les saints de ton ordre. Va en paix, car les anges du Seigneur sont avec toi, et Dieu est avec toi.»111
J’écris au Père ce qui suit:
Mon Père, je suis très heureuse de pouvoir unir la parole du Seigneur à mes pauvres mots de créature qui atteste devant Dieu et devant les hommes que votre assistance auprès de moi, commencée en juin 1942 et voulue par Dieu – ce oui, Dieu l’a fortement voulu! –, a servi de phase préparatoire au ministère auquel Dieu voulait me destiner. Auparavant, il y avait Dieu et la volonté de sa créature de servir Dieu. Mais il restait encore beaucoup d’humanité en moi, bien trop – et vous le savez –, de sorte que Dieu, qui est l’Ordre, ne pouvait venir dans le désordre; lui qui est Amour, ne pouvait venir là où il restait des ressentiments… Mais vous êtes arrivé, et vous avez tout mis en ordre. Dieu a alors pu agir parce que, d’abord, vous êtes venu. Vous avez été “le précurseur” qui va préparer les voies du Seigneur, et le Seigneur est venu. Et il est resté car, par votre présence, vous avez tenu à l’écart celui qui me hait parce que je suis un instrument de Dieu (c’est Jésus qui l’a dit un jour, il l’a d’ailleurs répété). Vous souvenez-vous de cette dictée? Je devrais avoir peur aujourd’hui, puisque vous vous en allez et que Satan me hait plus que jamais. Mais je me fie à la promesse de Jésus et je compte sur vos prières, mon révérend Père, ainsi que sur celles des Pères de l’ordre.
Vous lirez à votre aise, dans les “Directions”, ce que je pense depuis vingt-deux jours; je l’ai écrit au fur et à mesure durant votre absence. Cela vous aidera à me comprendre, quand je vous dis que cette souffrance est pour moi paix et confirmation et que je crois avec confiance à un obscurcissement momentané, comme le fut celui de Jésus du soir du jeudi-saint au matin de la Résurrection. Il nous a appris comment rester fidèles, comment suer du sang sans rancœur pour celui qui en est la cause, comment mourir sur la croix pour sauver. Imitons-le donc.
Je vous offre mon crucifix, celui qui, en juillet 1930, m’a apporté la preuve irréfutable de la puissance de la croix et de la foi, et ma première victoire sur le démon.112 Je vous l’avais destiné dans mon testament, parce qu’il est sacré à mes yeux en raison de ce que j’ai obtenu grâce à lui, et aussi parce qu’il se trouvait dans les mains de mes parents à leur mort. Il devait également être mis dans les miennes au moment de mon agonie et de ma mort, jusqu’à la fermeture du cercueil, puis vous rester. Cela signifie que, si Jésus me fait la grâce de mourir avec vous à mes côtés, vous me l’apporterez à ce moment-là…
Et maintenant, merci, merci pour tout, pour tout, au sujet de tout. Vous ne m’avez jamais fait sentir que je suis orpheline et seule, malade, pauvre et faible. Vous m’avez servi d’affection, d’aide, de paix et de soutien. Je ne l’oublierai jamais, ici comme ailleurs. Dorénavant, je sentirai que je suis toute seule sur terre…
Mais je n’en dis pas plus, sinon la nouvelle Syntique va perdre la force de porter sa croix et celle de son Père. Je dois encore m’endurcir, sans cesse, jusqu’à mourir sous l’effort, et avoir foi, foi, foi dans le Seigneur.
Maria
Marie dit:
«Nous sommes tout proches de l’incarnation du Verbe en moi. “Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon sa parole.” Car, même si ce n’est pas un ordre, c’est une “permission” de Dieu qui nous est présentée. Ce qui se présente à nous est donc saint. Mon cher fils, ma chère fille, Romualdo et Maria, vous qui êtes des enfants de celle qui est toujours la Mère des Douleurs à cause des souffrances de ses enfants bien-aimés, proclamez vous aussi ma parole, et le Verbe prendra forme en vous avec plus de vie que jamais, jusqu’à vous transformer en lui. Soyez maternellement bénis.»
Saint Joseph ajoute alors:
«Je vous bénis moi aussi, qui ai toujours cru et toujours fait ce que le Seigneur ordonnait: pour aller, pour revenir, pour accepter. Et je fus guidé par l’ange de Dieu, car j’ai constamment soumis mon jugement d’homme à celui du ciel.»