Les Écrits de Maria Valtorta

110. Le 1er avril 1946

1946-04-01

Jésus dit:

«Je bénis ma crucifiée en ce jour anniversaire de sa crucifixion.121 [Je l’accompagne d’] un acte d’obéissance à accomplir sur-le-champ. Tu vas écrire immédiatement au Père. Et tu ajouteras à tes notes ce qui suit.»

Voilà donc ce que me dit Jésus:

«Tu as écrit le 19 mars dans les “Directions” – tu l’as également demandé de vive voix, et tu l’as dit et écrit aux Pères – de “pourvoir à la présence d’un prêtre ici qui, en maturité spirituelle comme en âge, soit plus formé et plus en mesure de m’inspirer confiance sur ses capacités à agir à mon égard avec sainteté, sérieux et correction que le Père Mariano.” Si tu n’avais été déjà flagellée, ces jours-ci, par trop de morsures de tes souffrances, je t’aurais flagellée pour cette phrase. Mais j’ai eu pitié de toi. Tu avais épuisé toute la justice que tu possédais et il ne t’en restait pas assez – plus une miette – pour te rappeler un aspect de ma justice. La dictée du 25 décembre 1945. C’est aussi en souvenir d’autres expériences pénibles que tu as faites que j’ai fait preuve de compassion. Mais maintenant que tu t’es nourrie de l’union à ton Seigneur, permise par le calme qui a succédé aux troubles dus aux nombreux événements perturbateurs survenus en peu de temps, ta justice a retrouvé sa force et te permet de comprendre ma justice. Maintenant que se sont apaisées tes craintes d’avoir affaire avec un nouveau Père Pietro P.122, c’est à mon tour de parler. Je veux te dire que tu as manqué de con­fiance dans le Seigneur, dans son amour pour toi, dans ses pensées, au point de demander un Père qui ne soit pas Mariano.

Mais qu’avais-je dit, le 25 décembre? Ceci: “A qui confier mon petit Jean quand le Père Migliorini ne sera plus à Viareggio? Au servite de Marie de Viareggio qui porte le nom de ma Mère.” Le petit Jean doit avoir Mariano comme père spirituel; et Maria-no doit avoir le petit Jean comme fils. Si l’âge est inversé entre ces deux êtres, les éléments restent identiques: l’un protège et l’autre est protégé. Le résultat est le même: l’élévation réciproque de deux personnes que j’unis par l’intercession de ma Mère. Tu ne devais pas t’imaginer – même de loin – que j’aie pu faire erreur ou être imprudent, et que j’aie pu ne pas me soucier de ma Maria. Tu as mal agi en mettant en avant ton propre jugement pour recouvrir le mien. Et tu as mal agi en jugeant sans savoir, en jugeant Mariano en te basant sur le souvenir de Pietro, enfin en croyant que tous ressemblent à un seul qui n’a pas été bon. Ne le fais plus jamais. Fais confiance à ton Seigneur. Il ne veut rien qui ne soit pour ton bien. Soyez donc unis, et sois pour lui tout à la fois une mère et une fille.

Mes jeunes prêtres! Mais ce sont eux, justement, qui doivent être nourris de surnaturel pour surmonter et neutraliser le venin du monde rationaliste qui me les abîme! Sais-tu comment ma Mère nomme les jeunes prêtres? Elle les appelle “mes petits enfants”. Elle les aime infiniment, et si elle en voit un qui ne traîne pas sa mission comme un boulet mais la porte avec joie et vole sur les voies de la perfection, elle s’en réjouit comme d’une résur­rection. En revanche, si elle en voit un être en faute et devenir homme ou encore moins, au lieu de passer de l’état de prêtre à celui de saint, elle souffre comme si une nouvelle épée lui transperçait le cœur. Marie, ma Mère, m’a prié pour Mariano. Cela doit te le rendre extrêmement cher.

Cette union va-t-elle durer? Ne va-t-elle pas durer? Ne t’en préoccupe pas. Elle durera le temps nécessaire pour permettre à Mariano de se perfectionner, ce qui lui servira dans son minis­tère. Laisse agir la sagesse, car elle est tout Amour. Et con­forme-toi aux mesures que je te prescris.

Tu diras à Romualdo de ne pas garder ces paroles pour lui comme un avare, mais de les soumettre immédiatement à ses supérieurs, afin qu’ils fassent le nécessaire conformément à ma volonté. Tu lui diras également de ne pas répéter à Rome ce qui se passe à Viareggio, en d’autres termes de ne pas propager mes paroles à tout vent. Assez d’imprudences et de désobéissances!

Dans la dictée du 20 mars pour Romualdo, je lui ai promis que mon ange et moi allions assumer la direction spirituelle complète de maria. Et il en est bien ainsi. Comme un enfant guidé par sa mère, Maria est dirigée par moi et par son ange gardien en toutes choses, non seulement spirituelles, mais aussi de la vie quotidienne. Elle l’a déjà constaté. Que Romualdo soit donc serein à la pensée que son ange gardien et moi ne pouvons la diriger autrement que bien, et que Maria lui permette de rester serein car c’est une âme obéissante et elle se laisse conduire sans résistance, même si sa volonté, livrée à elle-même, serait aux antipodes de la mienne. Qu’il se tranquillise donc et obéisse de la même manière que “notre ” Maria.

Que ma paix soit avec vous.»

J’éprouve le besoin de refermer ce cahier après vous avoir partagé une réflexion à ce propos, ce que j’ai attendu de faire jusqu’à ce jour dans l’espoir d’une réaction de mon pauvre “moi” après l’effort fait du 17 au 21 mars – même encore avant – pour rester… équilibrée pendant la tempête; cette tempête a commencé pour vous le 27 février mais elle avait commencé pour moi – et violemment – en décembre, pour culminer du 17 au 21 mars. Je me connais… et je sais que je tiens bon, je tiens bon, je tiens bon tant qu’il le faut pour soutenir, guider, réconforter, etc. Mais ensuite… j’en subis le contrecoup, ou plutôt ma nature le subit. Viennent alors les désolations, les découragements et… les énervements… Mais – non pas pour me vanter parce que je n’ai vraiment pas de quoi me vanter, si ce n’est pour louer Jésus qui m’a transformée miraculeusement –, je dois vous dire qu’après votre départ le 21 au soir, ce n’est pas ce que je prévoyais qui s’est produit, au contraire: j’ai connu non seulement une absence de nervosité et de découragement, mais même de cette stupeur douloureuse qui me prend quelquefois devant un événement très pénible pour moi. A la place, c’est une grande paix qui est survenue, une paix infinie, bien plus profonde que celle dont j’ai pu jouir jusqu’ici, vraiment une paix paradisiaque… J’ai attendu plusieurs jours pour le dire, parce que je n’arrivais pas à croire que cet état allait durer. Désormais, j’en suis persuadée. J’ai même surmonté des heures d’agonie physique pendant lesquels le désir de votre présence était généralement plus fort. Mais même à ce moment ma paix est restée inaltérable et parfaite. Je pense que ce témoignage doit vous faire plaisir parce que la vérité de l’action de Dieu en moi brille toujours plus fort, l’action de Dieu en sa pauvre Maria qui, par elle-même, a tous les défauts mais qui en est délivrée, un par un, par son Jésus. Bénissons-le pour cela.

La dictée d’aujourd’hui elle-même ne me trouble pas, alors que c’est un reproche qui m’est adressé… Je reconnais ma faute. Je remercie le Maître de m’avoir corrigée. Je promets d’éviter d’y retomber. Et je suis paisible comme si Jésus m’avait félicitée au lieu de me réprimander. Je sais bien que de moi-même je ne vaux pas deux sous périmés! Je désire faire plaisir à Jésus, et cela seulement. Personne plus que moi n’est convaincu de ma misère… Mais cela ne m’angoisse pas. Au contraire! Cela me fait plus que jamais chanter le “Magnificat” pour le louer, lui qui fait tout en moi…

(Note personnelle. La crise cardiaque d’aujourd’hui est probablement la conséquence de l’heure d’intense amour mutuel du samedi 30 mars que mentionne Azarias.123 J’ai cru mourir pendant ces instants d’excès d’amour… Mon cœur s’en est trouvé ébranlé physiquement pendant toute la journée d’hier, et ce matin il a cédé. Mais la semaine sainte est proche…).


Notes