Les Écrits de Maria Valtorta

114. Le 20 avril 1946

1946-04-20

Le glorieux Ressuscité s’adresse à moi, mais il me fait partager les tortures de la Vierge Marie jusqu’à l’aube du lendemain, et m’apparaît seulement pour me rendre vie dans la beauté triomphale de son Corps ressuscité de la mort.

«A ceux qui peuvent ne pas comprendre les raisons d’infinie miséricorde pour lesquelles je ne révèle pas, je n’accuse pas, je ne désigne pas à votre mépris trop facile les âmes imparfaites, coupables même, je rappelle ces derniers mots de la prophétie de

Jonas, celui qui fut ma figure lorsque le monstre marin l’avala: “Et moi, je ne devrais pas faire preuve de compassion envers Ni- nive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche?»

Or c’est le Seigneur qui parlait à Jonas, le Seigneur des temps du courroux et de la sévérité, c’était Dieu le Père… Mais, moi, je suis le Fils qui s’est incarné et est mort pour vous apporter pardon et amour. Je suis la Miséricorde. Je suis l’Amour. Je suis le Pardon. Je suis la Compassion. J’ai défendu la femme adultère non parce que son péché me paraissait léger, mais parce que ses accusateurs n’étaient pas eux-mêmes sans péché. Or l’on ne peut condamner quand on n’est pas innocent. C’est cela que je vous ai enseigné par cet acte. Moi, j’ai pardonné aux grands pécheurs que l’Evangile vous fait connaître. Car pardonner, prendre sous sa protection, c’est laisser le temps de se racheter. Voilà ce que je vous ai enseigné par ces pardons et ces protections. J’ai pardonné à mes bourreaux parce qu’ils “ne savaient pas ce qu’ils faisaient”. Ils étaient enivrés par l’effervescence de leurs passions. C’est cette vérité que je vous ai enseignée par le biais de ce pardon. En effet, tous ceux qui se trompent sont enivrés par quelque passion. Cela ne justifie pas leurs actes mauvais. Mais ma miséricorde leur accorde le pardon pour leur laisser du temps et de l’aide pour sortir de leur erreur. C’est seulement quand “tout est accompli” pour eux aussi – autrement dit à la fin de leur vie terrestre, qui est une chaîne de miséricordes continuelles de la part de Dieu, une constante protection de l’esprit angélique en lutte contre l’esprit infernal –, c’est alors que la justice succède à la miséricorde, justice envers elle-même et envers les justes que l’on ne peut mettre sur le même pied que les pécheurs.

Que cela te serve, à toi comme à ceux qui pourraient s’étonner de mon comportement à l’égard des âmes que tu connais (Federici,

Dora, Antonio, Pia et ainsi de suite), à comprendre pourquoi surabonde encore pour elles la miséricorde qui sauve plutôt que la justice qui condamne. Imitez-moi donc, pour devenir à mon exemple doux et humbles de cœur, et charitables envers votre prochain pécheur. Employez mes moyens pour sauver les pécheurs: “prière, souffrance et amour”. Et n’allez pas vous plaindre de moi ni juger mes jugements, qui sont tous justes, ni mes actes qui sont tous saints et que vous ne pouvez comprendre, étant donné les limites de vos sens et de vos affections.»

Après le Seigneur, autre reproche de la part du Père Migliorini… Faisons-en donc collection avec une sainte mortification! Comme cela s’est produit le 19 décembre à Còmpito, il devra dire tôt ou tard: «maintenant que je connais la vérité de toutes choses, je modifie mon jugement.» Peut-être même me le dira-t-il quand nous serons tous deux de l’autre côté… Mais peu im­porte. Il le dira à un moment ou à un autre! J’attends cet instant. Je sais attendre. Et je sais me taire quand je vois qu’on ne veut pas entendre des paroles sincères. Jésus lui-même a gardé le silence quand il a compris que parler était inutile, puisque son contradicteur n’aurait pu accepter même la plus persuasive, la plus indéniable explication ou affirmation de faits malheureusement véridiques. J’imiterai donc Jésus en le chargeant, lui seul, mon Maître et Juge, de me défendre, de faire briller la vérité et de prendre soin de moi: car je suis une orpheline spirituelle étant donné que le Père Migliorini ne me comprend plus…