Les Écrits de Maria Valtorta

160. Le 14 mai 1947

1947-05-14

Une leçon d’amour de Jésus, avec une effusion d’amour si forte qu’elle en brise presque ma vie.

«Ma chère âme victime, dans le calice de propitiation offert tous les jours sur les autels, il y a mon Sang et les larmes généreuses des âmes victimes. Car votre douleur est amour. Par amour vous avez demandé à souffrir, par amour je vous l’ai accordé, par amour vous l’endurez. Chez les victimes, tout est amour: autant le sourire pour mon amour qui les console, que les gémissements sous la torture de la chair, ou encore les larmes dues à l’incompréhension ou à la trahison des hommes, et même celles de la tristesse de sentir que votre Dieu n’est pas aimé. Vous ne devez pas avoir honte de pleurer pour les deux premières raisons. J’ai moi-même pleuré avant vous, parce que l’homme a une chair et un cœur, et la torture leur arrache des larmes; d’ailleurs pleurer n’amoindrit pas le sacrifice d’amour.

Mais il devait y avoir dans la coupe de l’eau et du vin, le sang vivant et l’eau du sacrifice suprême. Et l’eau de mon côté fut la première goutte de la source sainte qui devait par la suite alimenter les âmes victimes, ces martyres – oh oui, vous serez considérées au ciel comme martyres, même s’il ne vous est pas donné de verser votre sang par un martyre sanglant.

Voilà le vin eucharistique que le prêtre met dans le calice, élève et offre pour les besoins du monde et à l’intention de ceux qui l’ont déjà quitté. Mais c’est surtout pour honorer Dieu qu’il l’élève en l’offrant, rempli de mon Sang et des “prières des saints” de la terre, c’est-à-dire de leurs souffrances par amour. Oui, mon âme! Car toute sainteté est bâtie sur la souffrance. Des luttes contre les passions et les tentations, contre les moqueries, les persécutions, les maladies, voilà le calvaire des saints.

Tout comme, au ciel, les prières des saints fument devant mon trône et le parfument, de même les encens de l’adoration du Seigneur Dieu s’élèvent de la terre, offerts par la messe perpétuelle des justes, leur sacrifice cultuel, eucharistique, propitiatoire, de demande, consommé avec le mien. Je vous ai en effet accordé cela en raison de mon amour qui veut que vous soyez là où je suis, que vous vous identifiez à moi, comme les sarments les plus vivants des sarments vivants: être en mesure de faire tout ce que je fais.

Tu vois, mon âme, que les maladies ont beau te tenir clouée pour te garder en croix depuis quinze ans, tu es de toutes les messes et dans tous les calices, dans toutes les hosties qui sont célébrées et offertes quotidiennement sur les autels du monde entier, plus que si tu assistais au saint Sacrifice à ton église paroissiale. Mieux, cela te fait un autre point commun avec moi. Moi aussi, je fus empêché d’aller au Temple lors de la parascève et du sabbat pascal, mais, en vérité, jamais je n’ai autant adoré le Père que lorsque j’étais sur la croix, en dehors de la cité sainte, sur ce mont infâme…

Pense, pense, mon âme qui aime et que j’aime, à ce que permet l’amour! Il libère les désirs de la créature de ses limites, ces limites que l’Amour lui-même suscite et rend immenses, si bien que son âme peut – autre point commun avec moi – être spirituellement présente sur tous les autels, dans tous les calices et toutes les hosties avec moi.

Viens, unis-toi toujours plus à mon Corps, à mon Sang! Ne sois plus proche de moi seulement, mais unie à moi, unie! Chante avec moi, avec toute la joie de celui qui adore Dieu son Père: “Père saint, nous t’offrons ce sacrifice pour t’honorer, te rendre grâces, te rendre propice et obtenir toutes les grâces dont ton Eglise et tes fidèles ont besoin, ainsi que pour les défunts et pour prier afin que ta puissance convertisse au Christ, unique et saint Pasteur, ceux qui se trouvent encore hors de la Bergerie.”

Réjouis-toi, mon âme! Réjouis-toi! Le Seigneur est avec toi.»