Les Écrits de Maria Valtorta

239. Le 8 septembre 1949

1949-09-08

Jésus dit:

«J’ai dit: “Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père, au ciel.” Cela ne signifie pas que les habitants du ciel auront différentes formes du bonheur de jouir de Dieu selon qu’ils sont plus ou moins loin de lui, cela signifie que chacun fera partie des rangs auxquels l’Amour l’aura prédestiné et auxquels l’âme appelée sera restée fidèle sur terre. Contemplatifs et actifs, prédicateurs et mystiques, missionnaires auxquels la terre paraissait bien petite, et reclus qui, de leur cellule monastique ou de leur chambre-calvaire, auront étendu leur charité et ma Parole à toutes les âmes, auxquelles d’autres auront permis que ma Parole arrive.

Sache néanmoins que d’autres ont beau empêcher les porte-parole d’accomplir la mission pour laquelle je les ai élus, leur place au ciel est et demeure celle que leur fidélité à la vocation de diffuseur de ma Parole leur a méritée: les rangs des évangélisateurs. Ils uniront la palme du martyre à l’épée flamboyante de ma Parole, qui blesse mortellement l’hérésie et le père de l’hérésie. Ce sont effectivement des martyrs des hommes, bien que non sanglants. Des martyrs d’un long martyre, plus cruel et multi­forme que celui auquel les païens livraient de nombreux confesseurs du Christ.

La Jérusalem céleste telle que la vit ton grand homonyme, Jean, le voyant de Patmos, comprend douze portes et douze assises. Car nombreuses sont les portes par lesquelles on entre dans la Cité des saints: par beaucoup de voies, par beaucoup de missions. Une autre raison en est que les âmes fidèles édifient la Cité éternelle de Dieu par différentes missions, accomplies fidèlement. Et les portes sont de perle – les perles représentent les larmes – parce qu’on va au ciel au moyen de la souffrance.

Il n’est pas de saint qui ne soit entré au ciel autrement que par le mérite d’une souffrance parfaite, permise par Dieu pour telle ou telle raison ou causée par des hommes poussés par Satan, sinon par Satan lui-même, ou encore accordée sur leur requête par Dieu lui-même. La souffrance ouvre les portes de la gloire éternelle. Je suis glorieux – moi le Christ, l’Homme-Dieu – parce que j’ai subi une plus grande souffrance que celle que subissent d’autres hommes.

Mais, en vérité je te dis que tu es l’assise d’améthyste. tu es en effet la femme aimante et pénitente pour tous, tu as porté le deuil de ton Jésus crucifié depuis l’enfance et pendant toute ta vie, tu as toujours porté les insignes de la pénitence et de l’humilité, et tu es mon éternelle violette, mon âme.

Mon sang dans ton calice. Tes perles (les larmes qu’on te fait verser) sur le cœur de tes bourreaux. Mais si mon sang est un baume qui t’enivre, t’enflamme de joie d’amour et imprime sur toi le signe qui sauve de l’extermination, tes larmes sur le cœur de tes bourreaux seront remords après avoir été signe et mesure de leur destin et de leur charité. En effet, là où il y a peu de charité, il y a aussi peu de lumière divine. Or l’homme est aveugle et injuste quand il n’est pas uni, éclairé, sanctifié par l’union à Dieu.

En vérité, il n’est pas de réelle charité là où on outrage le Verbe en outrageant ses voix.»