Les Écrits de Maria Valtorta

41. Le 29 juillet 1945

1945-07-29

Jésus dit:

«Ceci est destiné à ma petite marta, qui ne doit pas se plaindre de ne jamais recevoir une parole, qui doit être sûre d’être très aimée – et en actes – par son Seigneur, qui a pensé à la protéger depuis qu’il l’a placée sous la tente où il prend son repos. Il t’aimait déjà avant, car aimer est sa respiration. Lorsque tu t’es cru seule, il t’aimée pour toute une famille et t’a donné de trouver la paix auprès de Maria. Ne te plains pas si tu ne reçois pas de parole. Tu les as toutes en vivant aux côtés de Maria. On écrit des lettres à ceux qui sont au loin, pas à ceux qui habitent avec nous. Or tu sais où j’habite. Sois bonne. Que ton activité de Marta s’inspire de la spiritualité de Maria, qui a choisi la meil­leure part; pour l’avoir choisie avec souf­france et d’un amour total et volontaire, elle a obtenu de moi la part encore meilleure. Tu es sur le cœur de Maria et Maria est sur mon cœur. Ne te tourmente pas de trop de choses, comme te demander si je pense à toi. Repose-toi sur le cœur de ceux qui t’aiment et aie foi. Dieu n’abandonne pas ceux qui espèrent en lui et pratiquent la charité. Que ma paix soit avec toi.»

En revanche, c’est moi qui me dis ce qui suit; je me souviens…

Il y a deux ans arrivait ma parenté de Calabre36 à qui j’ai donné assistance et affection en tant que parente et pour qui j’ai engagé ma plus grande bataille. Mais je ne me trouve pas dans les mêmes conditions que Marthe, la sœur de Lazare. Je ne suis pas certaine d’avoir la victoire en main, malgré toutes les protestations de foi, etc. que l’on m’écrit. Ce dont je suis sûre, c’est que j’ai enduré de nombreuses souffrances, que j’en endure et que j’en endurerai encore, pour cette raison que cela a commencé voici deux ans. Jésus dit: «Il vaut mieux perdre une amitié pour sauver une âme.» Et c’est bien ainsi. Je crois justement que c’est mon cas. Je reconnais d’ailleurs que je le regrette bien peu. Je pense que moins j’aurai de liens, plus je serai libre de voler vers Jésus. Je parle des liens de l’affection humaine. Je les sens si affaiblis par une usure due à la mesquinerie et à la misère humaines, qu’il n’en subsiste qu’une fibre déjà ébranlée qu’un rien suffirait à rompre. Ainsi, mon amour pour ma parenté est dépouillé de tout ce qui est chair et sang – c’est-à-dire joie égoïste –, et il devient un amour spirituel doré et douloureux qui n’abandonnera pas ces âmes par amour pour Jésus. Voici l’essence que deux années de connaissance in­time ont pressée du fruit de cette proximité…


Notes