Avant la dictée de la page suivante et pendant que je corrige le manuscrit dactylographié, la face démoniaque de Satan m’apparaît. Seulement le visage. Il rit de façon très sarcastique, toute son expression le montre. Il termine par un rire mauvais et bruyant puis disparaît. Je me remets à corriger et n’y pense plus. Il était 10 h du matin. Peu avant midi, Jésus me fait la dictée ci-dessous, à la page suivante. J’ai pensé qu’il valait mieux ajouter cet avant-propos. Cependant, je n’ai plus jamais revu le visage bronzé de Satan ni entendu son rire empoisonné, comme s’il était parti pour toujours. Les dernières paroles de Jésus me font penser qu’il ne doit pas être bien loin.
Jésus dit:
«ce qui arrivera aujourd’hui n’est pas étranger à cette petite méditation.
On lit, dans le livre de Josué, quel stratagème employèrent les Gabaonites et quel fut le verdict de Josué: “Vous ne cesserez jamais d’être en servitude, comme fendeurs de bois et porteurs d’eau dans la maison de mon Dieu.”
Dieu passe à travers les siècles pour atteindre le lieu promis au temps établi; or ce passage de dieu, c’est aussi celui de tout ce qui est surnaturel au ciel, en d’autres termes la foi qui s’étend dans le monde entier, ou l’apparition d’hommes justes, inspirés ou instruments de Dieu, toutes choses qui servent à faire avancer l’humanité dans son long et pénible exode vers le Royaume des cieux. Mais n’est-il pas fréquent de voir des êtres venir vers le peuple des saints avec des intentions impures? Les uns par peur, les autres par curiosité, d’autres encore – et c’est une grande faute! – par dérision. Ils s’approchent, observent, décident s’il leur convient de rester. C’est toujours leur intérêt présent ou futur qui les pousse. L’intérêt de tirer profit d’un instrument de Dieu ou d’un ministre de Dieu. L’intérêt de ne pas être damné en se moquant du surnaturel. L’intérêt, enfin, de servir la partie adverse en allant espionner l’armée des saints pour en extorquer les secrets et les dénoncer aux ennemis de Dieu, lesquels s’en servent pour nuire aux serviteurs de Dieu et à ses œuvres.
Eux et ceux qui les servent ont un comportement tout à fait démoniaque, ce sont les proliférations de la plante de judas. Dieu les condamne. Mais il considère aussi les autres comme très vils et il tient juste compte de leur respect sournois du surnaturel ou du ministre de Dieu. Ils ne seront pas complètement condamnés, mais ils ne retireront aucun mérite de leur respect calculé. En particulier, ceux qui appartiennent à la catégorie de Judas s’approchent, apparemment humbles et innocents; “ils ont chargé leurs ânes de provisions dans de vieux sacs et dans des outres crevées et recousues”, portent “des vêtements usés et des chaussures en mauvais état, rapiécées de partout”, apportent “des pains durs et émiettés pour leur nourriture”, comme les décrit à la perfection la Bible dans le livre de Josué. Ce sont les faux humbles, les faux doux, les flatteurs rusés, les menteurs qui croient au surnaturel qui se manifeste. Leurs paroles ne sont que fourberie et coups de poignard. Si seulement ce poignard était visible! mais il est enveloppé dans du tissu de grand prix. Ils prétendent: “Je viens parce que j’ai entendu. Je veux être instruit par toi, qui es instrument de Dieu, parce que je suis pécheur, ignorant, malheureux alors que tu es lumière, force, saint…” ils allèguent: “Nous venons de loin pour faire la paix avec vous. comme nous avons appris le renom de ta puissance, qui est celle de Dieu, nous venons te proposer: fais alliance avec moi.”
Soyez prudents, vous, les serviteurs de Dieu! ne croyez pas à tout ce que l’on vous dit. Soyez prudents, pour protéger le secret du Roi et protéger votre âme. En raison de votre foi absolue, vous êtes sans défense contre les ruses des serpents. Veillez à ne pas ouvrir la “ville close”. Veillez à ne pas vous faire empoisonner par le venin qui vous paralyserait pour toujours, celui de l’autosatisfaction. Bien souvent “la populace” – c’est-à-dire les âmes ordinaires mais honnêtes – est plus lucide que vous pour percevoir les manœuvres des faux alliés et prévoir les dangers que cela peut provoquer. La “populace” se situe en effet à mi-distance entre vous – qui êtes tout esprit – et les ennemis de l’esprit, de sorte qu’elle peut avoir des ombres et des lumières, de la fourberie et de la sagesse… Soyez prudents, mes enfants! Satan ne dort jamais, sa pensée n’a jamais de repos, son activité ne reste jamais en paix. Il déplace ses armées, qui ne sont pas seulement celles de l’enfer. Il les lance contre vous – qui êtes des forteresses, des coffres-forts, des livres de Dieu – pour vous démanteler, vous forcer et voler vos trésors, et surtout pour écrire des mots impurs sur les pages de Dieu avec le rouge de son enfer, le rouge-noir de ses étangs maudits, pour graver ses lettres d’orgueil sur votre âme.
Malheur, malheur au serviteur, à l’instrument, à la “voix” qui prononce la parole de Satan: “Je suis”! Malheur même s’il la prononce d’un simple mouvement de l’âme. Car s’il est vrai que le Seigneur châtiera les faux alliés du surnaturel, il ne châtiera pas moins ceux qui ont été élus à être “serviteurs, instruments ou ‘voix’” mais sont devenus des “adversaires” au lieu de lumières. Non pas des Lucifers, mais des Satan. S’il sera ordonné aux premiers de souffrir comme des esclaves à la meule et de rester à la dernière place à la revue de Dieu après une longue expiation, il serait refusé aux lumières déchues de rester et elles seraient expulsées pour toujours. Et ce serait justice. Car celui qui a reçu davantage doit donner davantage.
Oh, ma petite voix! Viens, viens ici, que je prenne ta tête entre mes mains, que je t’embrasse sur le front, pour que jamais, au grand jamais, les dents de Satan et des satans ne puissent mordre ma violette et lui insuffler de l’orgueil, elle qui est cachée et aimée. Viens ici, ma petite voix! ici… Et arrière, Satan! je me dresse en défenseur entre elle et toi. Rôde sur la terre! Corromps, mords, pourris! Mais pas ici, sur ma proie. Ma croix est sur elle. Pars, maudis! je suis qui je suis, et tu es le vaincu! Va-t-en, va-t-en! Ailleurs! Va-t-en! En mon saint Nom, connu de moi seul! Au nom de celui qui est et qui t’a foudroyé! Pars, au nom du Dieu et Roi, de Jésus Sauveur et crucifié, et de l’Amour éternel!»
Je ne voyais rien de démoniaque pendant que Jésus me dictait ces pages. Mais Jésus le voyait sûrement et, depuis le début de cette page, il me tenait la tête entre ses mains, puis la serrait contre sa poitrine en me défendant du bras gauche pendant que, manifestement, il faisait de grands gestes de la main droite. Et je dis la vérité: quand je l’ai vu hurler ainsi à pleine voix et avec une telle colère, j’avais beau ne rien voir ni ressentir aucun trouble dû à quelque mauvais esprit, j’ai eu peur. La colère de Dieu est terrible!!! Je l’ai entendue une seule autre fois, dans cette ancienne dictée contre Mussolini et Hitler, en janvier 1944 si je ne me trompe. J’en rechercherai la date: les 17-18 janvier 1944. Mais elle était encore plus forte aujourd’hui. A la fin, son ordre aurait fait retourner en cendres. On aurait dit que tous les sons du ciel s’étaient unis dans sa voix. Mais il ne s’agissait plus de chants d’une incroyable douceur. C’était le fracas du tonnerre. Pendant ses trois dernières phrases – “Va-t-en! En mon saint Nom, connu de moi seul! Au nom de celui qui est et qui t’a foudroyé! Pars, au nom du Dieu et Roi, de Jésus Sauveur et crucifié, et de l’Amour éternel!” –, je tremblais comme une feuille tant je sursautais sous le tonnerre des éclairs qui foudroyaient le Maudit, dont je ne savais où il se trouvait. Mais sûrement pas dans ma chambre, car je l’aurais remarqué. Je le comprenais aussi à l’attitude de Jésus qui semblait regarder à l’extérieur de la maison, comme si Satan avait voulu s’en approcher mais que Jésus ne l’avais pas voulu.