Hier, alors que je souffrais d’une véritable agonie de la croix entre sexte et none, j’ai eu une étrange vision.
Je voyais un jeune servite, grand mais sans plus, assez frêle mais ni décharné ni d’aspect maladif. Il me rappelait un peu le Père Pennoni, mais sans lunettes ni défauts physiques. Etait-il déjà prêtre ou seulement novice? Je ne sais. Je le vois de face, vêtu de l’habit, sans manteau. Etait-il mort ou en extase? Je l’ignore. Je le voyais absorbé, élevé au-dessus du sol par un vif rayon qui descendait, un peu obliquement, de la Vierge Marie, du sein de la Vierge Marie. Vêtue de blanc et glorieuse, celle-ci apparaissait du haut des cieux pour appeler à elle son serviteur. La Vierge – qui ressemblait en tout à l’Immaculée de sœur M. Catherine Labouré – n’avait pas d’autre rayon que celui-ci, qui sortait de son sein, à la hauteur de son cœur immaculé. Je la voyais de profil et je ne peux donc pas dire si son sacré Cœur était visible. Je voyais sa beauté glorieuse, ainsi que la puissante lumière du rayon de son cœur qui descendait sur le servite. Ce dernier paraissait aspiré par lui et il montait, les yeux parfois à demi clos et parfois lançant à Marie un regard d’inexprimable amour. Puis il les refermait en gardant un sourire d’extase. Il avait les mains croisées sur la poitrine, les doigts dirigés vers les épaules.
Est-ce que cela se passait de notre temps? En un autre siècle? Je ne sais. A-t-il existé quelque bienheureux de l’ordre qui avait une dévotion particulière au Cœur immaculé de Marie? Un jeune novice ou un prêtre de l’ordre est-il mort ces jours-ci? Je n’en sais rien. Je rapporte ce que j’ai vu. Le lieu où cette scène se déroulait semblait être une église, dans la petite nef de droite, près d’une chapelle dont j’apercevais l’entrée seulement. En revanche, la Vierge semblait se tenir directement au-dessus de l’autel majeur, mais en haut, tout en haut, au ciel.