Les Écrits de Maria Valtorta

90. Le 15 février 1946

1946-02-15

Je réfléchissais intimement sur la raison pour laquelle le Seigneur m’incite – plus encore qu’il ne me le permet – à recevoir des personnes et à ne pas cacher qui je suis – ce qui me fait peur car je redoute que ce soit d’inspiration diabolique –, quand il me répond ceci:

«Obéis, et ne crains rien. Rien ne te nuira davantage que ce qui t’a déjà été fait quand tu étais cachée. Et, pour le moins, le dommage causé par ceux qui ne savent reconnaître Dieu là où il est sera neutralisé par ce que les âmes droites constateront et diront.

Servons-nous des ruses du monde pour combattre le monde, ces ruses enseignées par le maître du monde… Je l’ai dit: “Soyez simples comme des colombes et rusés comme des serpents”. Satan transforme ses élèves en serpents rusés: ils se comportent bruyamment de façon à séduire les cœurs appesantis des hommes; les esprits droits, en revanche, fuient ces manifestations car l’âme pressent qu’elles ne sont pas sincères et ne savent où chercher ce qu’elles sentent nécessaire, pour cette simple raison que, dans 90 % des cas, les vraies “voix” restent secrètes et retirées.

Assez. Cela te suffit. Puissent les incertains être en mesure de comparer et de choisir. Chacun choisira selon ce qu’il mérite: les vrais chercheurs de Dieu iront dans un sens, les chercheurs de Dieu impurs dans un autre. Ces derniers sont ceux qui espèrent une satisfaction ou un profit humains de leur amitié avec une “voix” ou un “instrument”. Je les ai en horreur, car ce n’est pas pour cela que je suscite mes voix et mes instruments. Je ne suis pas un histrion, et mes voix pas davantage. Je ne suis pas un charlatan et un mime, et eux non plus. Je ne suis pas un oracle pour toutes leurs sottises, et eux non plus. Je ne suis pas un divertissement, et eux non plus. Ils doivent être respectés. Mais quand on essaie de les saper par des artifices humains ou diaboliques, de les déformer, de les calomnier en prétendant qu’ils sont malades – pour ne pas dire fous et menteurs –, alors je dis: “En voilà assez du silence et de la discrétion! Sors et fais-toi con­naître des meilleurs!”

Il ne faut pas y voir de l’incohérence dans ma conduite, mais une justice élevée et prévoyante, et aussi la conscience et la connaissance de cette époque. L’estuaire approche… Le fleuve alimenté par moi doit être connu avant de se perdre dans la mer surnaturelle. Que ma paix soit avec toi, Jean martyrisé! Mais tu le sais, petit Jean. Le “grand Jean” a vu la Jérusalem céleste et les gloires de l’Agneau, ainsi que les mystères des derniers temps après le martyre. Le martyre affine le voile de la chair, c’est la salive de Dieu sur les sens encore humains. Ensuite, la vision devient graduellement plus nette, car elle doit préparer à la “possession” de Dieu. Et il en sera ainsi. Si quelqu’un ne le croit pas, ou ne peut pas le croire, son incrédulité est le tas d’où l’on prend les pierres pour lapider le “négateur”, le “blasphémateur”, le “puissant” qui voudrait poser des limites à Dieu en lui déniant le pouvoir de choisir ce qui n’est rien pour en faire son instrument, le pouvoir d’accomplir un miracle.

Adieu, petit Jean des martyrs. Que la bénédiction de Dieu te serve de viatique, heure après heure, tourment après tourment.»