Les Écrits de Maria Valtorta

95. Le 25 février 1946

1946-02-25

A mon réveil, à 7 h 25 – car je n’ai trouvé le repos qu’au matin – saint Raphaël est déjà présent. Comme hier au moment de la communion, où il se trouvait en compagnie de Notre Seigneur. Ce matin, il est seul. Mais la première action de mes sens et de ma pensée à peine éveillés, c’est la vision, la contemplation et la salutation de mon cher ange, qui me sourit et m’invite à commencer mon travail sans écouter la fatigue qui me terrasse. Puis il me salue et s’en va…

Une voix légère, toute douce, presque lasse, comme épuisée, celle d’une personne qui a beaucoup souffert, dans une lumière très blanche qui prend la forme d’un corps spiritualisé. Elle dit:

«C’est moi. Tu ne me reconnais pas? Je suis Aglaé.90 La fange d’autrefois devenue lumière. Je viens parler à une sœur, toujours moins malheureuse que moi, mais qui subit mes souffrances d’autrefois, le purgatoire de la chair avide… Je lui parle par ton intermédiaire, car tu as vue mon abjection et ma rédemption et, dorénavant, tu pourras dire m’avoir vue dans la gloire. Oh, sois témoin de la bonté du Seigneur à l’égard des filles d’Eve intoxiquées, mais qui désirent se débarrasser de l’ardeur brûlante du sang pour l’aimer, lui.

Dis-lui de l’aimer, son purgatoire, et de le supporter avec patience et constance, dans un esprit de sacrifice pour les pécheresses obstinées. A mon époque pénitentielle, j’ai subi ses peines. Je sais donc de quoi je parle. Mais je ne perdais pas courage. Comme un malade qui doit supporter une plaie fétide parce que mieux vaut que la pourriture suinte plutôt que de rester dans le sang et le corrompre, j’ai supporté en esprit les réminiscences de la chair, ses hurlements de folie… Mon âme était plus élevée, et n’y consentait pas. En bas, ma chair, hurlait comme une louve. Ses cris m’empêchaient parfois même de prier. J’offrais au Seigneur la prière de ma patience. Je fixais les yeux de mon âme sur le Sauveur et je me répétais ses paroles en esprit. Et quand je suis morte…

Un ange, mon ange gardien qui ne m’avait jamais abandonnée même à l’époque où j’étais un monstre de luxure, me dit, en recueillant mon âme dans ses mains très pures: «Plus que ce martyre-ci, c’est l’autre qui t’a transformée en blanche hostie, celui qui t’était inconnu, non sanglant, ta sensualité qui te torturait et fut ton bourreau. Réjouis-toi, car tu as remporté la victoire. La sensualité n’existe plus. C’est la paix.» J’ai répandu des huiles de rose en guise d’adieu; mais l’huile de mon combat contre la sensualité fut plus parfumée et agréable.

Rapporte cela à ta sœur qui est dans la peine. Informe-la des paroles du Maître, dis-lui bien qu’il nous a justifiées, nous que la partie basse de nous-mêmes tourmente: “Ce ne sont pas les choses matérielles et extérieures qui corrompent l’homme, mais ce qui sort de la volonté de son cœur.” Qu’elle détourne son attention par tous les moyens. Qu’elle ne s’arrête pas, après la tentation, à réfléchir si, oui ou non, elle a péché. Qu’elle passe dessus. Réfléchir signifie ranimer le feu. Qu’elle donne un baiser au rédempteur sur son signe de salut. Un baiser pour chaque morsure de la chair et, au beau milieu des flammes de son purgatoire sur terre, qu’elle contemple le ciel, le ciel qui nous est ouvert, même à nous, après cette cruelle bataille.

Adieu. Que la lumière du ciel soit toujours sur toi.»

Elle disparaît alors dans une lumière qui l’enveloppe.

Mon conseiller intérieur me disait, peu avant qu’elle n’apparaisse: «Dans peu de temps, la sainte que tu as vue aujourd’hui comme pécheresse viendra à toi; si tu avais une liste des saints, tu verrais qu’elle y est citée aujourd’hui. Mais elle n’est plus très connue. Elle va te parler pour l’âme tentée de la sœur dont le Père t’a fait mention.» J’ai dû m’arrêter aussitôt après la salutation d’Aglaé, car j’ai eu une forte crise cardiaque. J’ai ajouté le reste de son message une fois la crise passée; je ne me souviens donc pas avec certitude si l’ange m’a appris qu’elle est citée aujourd’hui – le 25 février – ou si elle l’est encore aujourd’hui. Ceci dit par amour de l’exactitude.


Notes