Gli Scritti di Maria Valtorta

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26. Le 11 août 1946 Neuvième dimanche après la Pentecôte — Neuvième dimanche après la Pentecôte

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26. Capitolo 26

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1946-08-11

Azarias dit:

«Ce psaume date du temps de la rigueur. Tu pourrais donc encore invoquer la vengeance sur les ennemis… mais la charité est si grande en nous, elle doit être si grande en toi, mon âme, que nous ne nous arrêterons pas à commenter la première phrase de l’introït.

Tu appartiens, toi, au temps de l’amour. Tu es chrétienne, et sur tes lèvres ne doit fleurir que la prière en faveur des ennemis.

Mieux: tu ne dois pas appeler “ennemis” ceux qui te font souffrir, mais “pauvres frères”. Ne sont-ils pas privés des vraies richesses, puisqu’ils ne possèdent pas la charité, n’ont pas la justice, ignorent les voix du surnaturel, en sorte qu’ils ne comprennent pas la langue des cieux et la traitent de délire de créature ou, pire encore, de mensonge? Pauvres, pauvres frères que ceux-là!

Un jour le Seigneur leur dira: “J’ai parlé et vous ne m’avez pas connu. J’ai pris un ‘enfant’, selon ma Parole, je l’ai mis au milieu de vous, qui êtes docteurs, et je l’ai instruit pour qu’il vous dise mes paroles, étant donné que l’Esprit du Seigneur se complaît à se révéler aux humbles avec lesquels il joue comme un père avec ses petits et trouve en eux son réconfort. Je suis venu et vous ne m’avez pas accueilli. J’ai parlé et vous ne m’avez pas écouté. Je vous ai appelés et invités à entrer dans la salle de mes trésors que j’ouvrais pour vous, et vous n’êtes pas venus. Mon amour ne vous a pas ému. Vous avez nié ma doctrine en prétendant qu’on ne pouvait rien ajouter à celle que j’avais prêchée en Palestine. Je voulais vous rendre riches et savants, je voulais mettre dans votre main un instrument enrichi de nouvelles notes pour que vous puissiez chanter les miséricordes infinies de Dieu, ignorées par un trop grand nombre, en convertissant les cœurs. Je vous voulais saints: la connaissance de moi est amour, sans limite, puisque le Christ enseignant est infini en amour comme en chacun de ses attributs. Par conséquent, celui qui connaît davantage aime davantage, et donc se sanctifie davantage. Si vous étiez saints de ‘ma’ sainteté, ardents de ‘mon’ amour, savants de ‘ma’ science, vous auriez sanctifié, enflammé, instruit. Oh! Ma science, mon amour, ma perfection! Pourquoi n’avez-vous pas voulu de moi? Maintenant vous êtes pauvres, plus que le pauvre Lazare. Ce Lazare avait ses plaies pour vêtements, mais il possédait dans son cœur le trésor de savoir connaître Dieu. Allez vous habiller de lumière, allez apprendre l’amour, allez méditer les paroles que vous n’avez pas accueillies, et quand vous vous serez vêtus et ornés de charité, de vérité et de sagesse, venez…”

Prie tant que tu le peux, pour qu’ils sachent dans le temps qu’il leur reste se vêtir et s’orner de tout ce que le Seigneur exige des invités aux noces, sans avoir à faire de pénible halte en dehors de la Maison de Dieu pour expier leur lâcheté et leur tiédeur, et avec elles leur orgueil et leur égoïsme.

Par l’introït, donc, tu demanderas beaucoup de protection pour toi. Rien d’autre. Tu te trouves dans le temps de l’amour, et l’amour veut pour les autres ce qu’il désire pour lui-même. Invoque donc la puissance de Dieu pour ta défense et leur conversion, et rien d’autre. Alors tu demanderas au Seigneur ce qui lui est agréable, c’est-à-dire ce qui va dans le sens de ses désirs: avant tout, que les hommes s’aiment les uns les autres comme des frères.

“N’ayons pas de mauvaises convoitises”, dit l’Apôtre. Désirer que le mal retombe sur nos ennemis est une chose extrêmement mauvaise car c’est la négation du précepte de l’amour et du pardon. Si tu médites bien, tu verras dans le désir de vouloir du mal à ses ennemis non seulement un péché de haine, mais aussi d’idolâtrie. L’idole, c’est le “moi”, exagérément aimé, adoré comme un seigneur, le plus grand des dieux, aimé de façon désordonnée au point d’en faire le centre sacré de toutes les pensées et mouvements de l’homme. Agir ainsi conduit à sortir de l’ordre qui consiste à donner à l’esprit, immortel et héritier du ciel, ce qui lui est destiné. Vivez donc de façon surnaturelle en fils de Dieu mus et conduits par l’Esprit de Dieu, en un royal assujettissement et une excellente filiation; ne vivez pas comme des brutes en dehors de la justice, en dehors de la voie et de la vérité, dans le désordre de la chair, du monde et de Satan.

“Je suis le Seigneur ton Dieu.” Dieu est Dieu, l’Unique. Personne ne doit substituer un autre dieu à l’Unique. Celui qui s’aime soi-même au point de se considérer comme le seul à qui tout doit honneur et joie, celui-là est idolâtre de sa propre personne. Or l’idolâtrie tourne les hommes vers des cultes sauvages, tel celui de vouloir le mal et la vengeance contre leurs ennemis pour satisfaire leur “moi”, puisqu’ils sortent de la religion chrétienne, c’est-à-dire de la vraie religion, de la charité.

Paul énumère les péchés d’Israël: le culte de l’idole d’or. Observe à quel avilissement, non seulement de la religion, mais aussi de la raison, conduit l’idolâtrie. L’homme, roi des animaux, a Dieu pour Père, et possède en lui l’esprit qui le rend à l’image et ressemblance du Père, car l’âme est spirituelle, libre, immortelle, intelligente, capable de s’orner des vertus qui sont en Dieu moins la puissance créatrice et dans la proportion qu’il est juste de conserver entre le Très-Haut et l’homme, entre le Créateur et la créature. Or voici que l’homme, créature parfaite, en arrive à adorer la représentation d’un animal son serviteur, d’un veau; voici que, bien que fils du Créateur, il en vient à se leurrer devant une substance créée: le pauvre or qui ne brille que si la lumière l’envahit, alors que Dieu est splendeur de lumière incréée et infinie! Puis il s’abaisse encore, s’avilit dans l’orgie, fait un vice du besoin qu’est la nourriture; enfin, ivre de vin et d’aliments, il se lève pour s’adonner à de lascifs divertissements comme même les plus vils animaux ne le font pas.

En passant, je te fais observer la conduite de Moïse. Dans sa sainteté, il refuse l’honneur que Dieu voulait lui donner en récompense: “…laisse-moi faire, je les exterminerai et puis je ferai de toi le chef d’une grande nation”, mais Moïse supplie pourque “ses pauvres frères pécheurs” soient pardonnés et sauvés. Moïse avait déjà compris l’amour, lequel veut le bien d’autrui, son bien véritable, plus que son propre honneur temporaire.

Paul, après l’idolâtrie, rappelle la fornication et son châtiment: la mise à mort des licencieux, parce que dans le peuple de Dieu, destiné à entrer dans la Terre Promise, il ne devait pas y avoir d’impurs, de fornicateurs, d’idolâtres, d’homicides, de menteurs ni de personnes qui commettent l’abomination; elle est exécutée par les fils de Lévi, zélés pour l’honneur de Dieu plus que pour l’amour de leur propre sang, et qui, “dans le sang du fils et du frère” tués pour réparer l’offense faite au Seigneur, “consacrèrent leurs mains pour obtenir la bénédiction”.

Actuellement, dans la Loi de l’amour, c’est encore par les sacrifices que se lavent les offenses. Non pas en mettant à mort les coupables, mais en s’offrant soi-même comme victime pour les fautes, à l’exemple du Rédempteur. Alors, il ne s’agit plus simplement des mains ni de la seule bénédiction sacerdotale, mais c’est tout l’être qui est consacré pour recevoir la bénédiction qui ouvre le Royaume de Dieu aux saints, à ceux qui s’immolent pour sauver les pécheurs et réparer les offenses faites à Dieu.

“Ne provoquons pas le Christ, comme certains d’entre eux provoquèrent Dieu; et ils périrent victimes des serpents.”

Dieu avait pourvu aux besoins de son peuple en donnant la manne; auparavant, il lui avait déjà accordé sa protection au soir du passage de l’ange exécuteur des châtiments divins en Egypte. Or eux, oublieux des souffrances subies en Egypte et de l’intervention miraculeuse du Seigneur, regrettaient déjà les poissons, les melons, les pastèques et les autres légumes d’E­gypte, préférant le ventre et ses délices aux délices de l’indépendance et de l’union à Dieu.

Ils disent de nouveau: “Notre âme a des nausées à cause de cette nourriture très légère”, oubliant la mort de ceux qui se goinfrèrent avec les cailles reçues avant de parvenir à Haséroth.

Ils se lamentent de n’avoir ni eau ni pain alors qu’ils avaient vu le miracle de l’eau surgissant du rocher. Dieu leur fournit le nécessaire mais ils murmurent. Ils le tentent. Ils veulent le superflu.

Triste exemple de beaucoup de chrétiens! Mais voici qu’ayant écouté le sifflement du serpent qui insinue la concupiscence, ils sont tués par les serpents. Qui accueille Satan en reçoit la mort. Trop de chrétiens qui ont tout reçu de Jésus repoussent l’Agneau pour le Serpent. Ils préfèrent regarder avec horreur le nid des serpents qui s’agitent pour les tuer au lieu de lever le regard vers la croix sur laquelle est leur Sauveur!

Enfin les hébreux se rendirent encore coupables en murmurant contre le Seigneur qui, pour un peu de sacrifice, voulait leur donner la terre où coulent le lait et le miel.

Dix fois provocateurs du Seigneur, dix fois rebelles et revendicateurs, ils méritèrent de mourir frappés par Dieu, indigné de leur esprit obstiné dans la rébellion. Il est bien sot de mourir dans le désert, frappés par Dieu, alors que Dieu assure le bonheur de la demeure promise et la certitude de sa possession, pourvu que le veuille la volonté de l’homme que Dieu aide par tous les moyens, en sorte qu’il n’ait pas à redouter les pièges du Mal comme des choses invincibles.

C’est pourtant ce qu’il advient continuellement. Même ces faits – figures des événements que vous, qui arrivez après les siècles de la rigueur, c’est-à-dire au temps de la miséricorde qui précède l’éternel temps de la Joie, vous rencontrez de façon spirituelle – ne servent pas à empêcher l’homme de faire la grande folie de perdre le ciel éternel pour le monde fugace.

Il est grand, cet enseignement de Paul: “Que celui qui croit être debout fasse bien attention à ne pas tomber.”

Souvenez-vous toujours comment les hommes péchèrent, dans l’ancien temps, malgré la terreur qu’ils avaient de Dieu. Ne dites pas: “Ils étaient moins avancés que nous.” C’est vrai, vous avez eu le perfectionnement de la Loi, et l’aide sans mesure des sacrements, ces canaux de la grâce ouverts par les mérites du Christ. Mais êtes-vous donc meilleurs? Vous avez progressé dans les connaissances humaines, mais 90 % d’entre elles sont contre vous-mêmes. Vous avez progressé dans la science, mais pas dans l’esprit. La malice vous conduit, l’orgueil vous gouverne. La triple concupiscence vous détruit. L’égoïsme des individus et des collectivités inonde le monde de larmes et de sang par de multiples effusions sporadiques, ou par de véritables déluges de sang et de larmes meurtriers au niveau du monde.

Vous n’avez pas progressé. Au contraire, entre ceux qui dans l’ancien temps étaient voleurs, idolâtres, violents, incestueux, parce qu’ils ne connaissaient pas exactement les lois morales et religieuses (ils étaient encore sauvages), entre eux et vous qui êtes civilisés et avancés dans la connaissance de la Loi de Jésus-Christ, c’est vous les plus coupables parce que vous le faites en conscience. Donc que celui qui n’a pas péché gravement ne se vante pas tant qu’il vit. Cela pourrait bien lui arriver s’il relâche les rênes qui réfrènent le “moi” de l’homme. Sa vantardise le mettrait en position de tomber, parce qu’elle l’éloignerait de Dieu.

Paul dit: “Jusqu’à présent ce ne sont que des tentations humaines qui vous ont assaillis.” Cela ne signifie pas que ces tentations ne soient pas à craindre ni qu’il soit possible de vivre tranquillement en se disant: “Je suis si fort que c’est en vain que je suis tenté. Je suis toujours vainqueur.” Celui qui parlerait ainsi cèderait instantanément à une tentation spirituelle, l’orgueil, qui ouvre la voie aux six autres vices capitaux. L’orgueil empêcherait Dieu de se donner à lui avec ses secours, parce qu’il ne se communique pas aux orgueilleux, et parce que les orgueilleux ne recourent pas à Dieu. Mais quand l’homme est humble et qu’il aime son Seigneur, Dieu ne le déçoit pas, fidèle qu’il est dans son amour, dans ses promesses et dans son soutien.

Jésus n’a pas dit de paroles inutiles et sans conséquences. Il a dit: “Quand vous priez, priez ainsi: ‘Notre Père… et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du Mal.’” S’il vous l’a dit c’est parce qu’il sait que le Père veut le faire, et donc qu’il ne permettra pas que les forces de l’homme, son fils, soient inférieures à la violence de la tentation.

Réfléchis bien. Je ne dis pas: “Le Seigneur permet de petites tentations à ses fils fidèles, tandis qu’il en donne de très grandes à ses fils infidèles.” Mais je dis: “Il ne permet pas que les forces de son fils soient inférieures à la violence de la tentation.”

Dieu veut que vous combattiez pour être victorieux. Le mé­rite doit vraiment être le vôtre. La gloire doit être proportionnelle au mérite et à la lutte soutenue. En bon parrain du guerrier qui lutte, il lui fournit de nouvelles armes pour opposer une résistance toujours efficace contre les assauts réitérés de la tentation, il offre le calice fortifiant de sa grâce pour affermir les forces de son fils qui combat, et il est prêt, à la fin de la lutte, à l’accueillir sur son cœur pour le couronner de paix, lui réservant la joie de la gloire paradisiaque pour le moment du retour à Dieu.

Paul, trois fois souffleté par un ange de Satan, encourage à ne pas craindre. Avec lui, moi aussi je t’encourage par les mots de la liturgie: “Les préceptes du Seigneur sont justes et ses jugements plus doux que le miel.” Soyez-leur donc fidèles, en grandissant en grâce et en sagesse à la face du Dieu et des hommes.

Je vous dis encore les paroles du très saint Maître: “Prenez sur vous le joug du Christ. Il est doux et léger.” Prenez-le avec une audace sainte et une volonté héroïque. Prenez-le en faisant preuve d’une confiance absolue dans le Père, dans le Fils, dans l’Esprit saint, qui sont amour; or l’amour est une force. A eux la gloire, éternellement.»

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