Gli Scritti di Maria Valtorta

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38. Le 3 novembre 1946 Vingt-et-unième dimanche apres la Pentecôte — Vingt-et-unième dimanche apres la Pentecôte

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38. Capitolo 38

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1946-11-03

Azarias dit:

«L’homme, en nouveau Lucifer, veut souvent se rebeller contre le Seigneur et, dans son orgueil, il se prend pour un maître capable de dévier les événements voulus par Dieu, de les anéantir même, et d’en créer de nouveaux, les siens. Il résiste, crée ses propres lois et s’en glorifie. Le résultat, c’est la douleur. En effet, tout ce qui sort de la justice et de l’ordre est cause de souffrance. L’homme se fait souffrir parce qu’il sort de la justice et de l’ordre surnaturels. Il se punit lui-même puis accuse Dieu de le châtier sévèrement. Mais le premier auteur du châtiment de l’homme, c’est justement lui-même, car Dieu est tellement Père qu’il n’irait jamais jusqu’à certains châtiments.

Les châtiments des hommes sont injustes, car provoqués par des choses injustes; ces châtiments frappent les coupables comme les innocents, et s’acharnent même davantage sur les innocents que sur les coupables, principaux auteurs du châtiment. C’est leur heure. Satan les protège parce qu’ils le servent à souhait. Mais, après la vie terrestre, l’équilibre de la justice sera restauré, Satan ne pourra plus protéger ses serviteurs ni tourmenter les serviteurs de Dieu, la volonté de Dieu sera intouchable et décrétera la joie pour les martyrs de l’homme et de Satan, la joie pour ceux qui auront pleuré et souffert de persécutions, la joie pour ceux qui auront su rester fidèles aux vertus et à la Loi d’amour. Terrible sera la punition des rebelles, des orgueilleux, des cruels, des injustes, des persécuteurs de leurs frères et des offenseurs de Dieu.

Je ne t’ai rien dit le jour de la Toussaint, parce que le paradis tout entier te parlait par son amour. Tout était leçon dans le bonheur dont tu jouissais. Je suis donc resté à côté de toi, en tuteur du mystère, adorant avec toi la Divinité qui te comble de bienfaits. Que devais-je dire de plus, tant ce que tu voyais, ce que tu goûtais, ce que tu comprenais te parlait déjà? L’Eglise glorieuse, en te donnant ce que tu as appelé son amour – et cela en était une juste définition – te fournissait l’explication la plus belle et la plus juste de ce qu’est le dogme de la communion des saints, de ce qu’est la sainteté et la manière de devenir saint, et de ce qui constitue la récompense de ceux qui savent y parvenir. La liturgie de la Toussaint se transformait de paroles en vision, de vision en compréhension, de compréhension en participation. Quant à moi, je me taisais, en veillant et en vénérant.

Mais aujourd’hui je peux te le dire: tu as vu la béatitude de ceux qui surent rester sans tache tout au long de leur chemin. Avance comme eux dans la Loi du Seigneur et tu parviendras à cette béatitude qui vous récompense de toute douleur soufferte ici-bas.

Aime comme tu t’es sentie aimée par le grand et lumineux peuple des saints; aime et prie pour tous tes frères militants, pour attirer sur eux la garde protectrice de Dieu afin qu’elle les défende contre les épreuves qu’ils ne savent pas dépasser, et les entraîne, par sa bonté, à faire preuve de bonté dans leurs œuvres et leurs pensées. Tu sais par qui tu dois toujours commencer… La première parole de Jésus sur la croix était une prière pour les plus grands pécheurs et ses plus subtils bourreaux, tortionnaires même, parce qu’ils faisaient souffrir, de la plus grande souf­france, cette partie qui n’est pas la chair.

Aimer ainsi exige une grande force d’esprit, une force intarissable. Votre “moi” est une trinité de forces et de sensations diverses. Le “moi” supérieur, spirituel, a chez les vrais fils de Dieu une continuelle volonté d’amour et de pardon pour imiter le Christ, et par conséquent de leur vie d’amour dans l’Amour. Le “moi” moral réagit déjà avec plus de force contre ce qui le blesse. Les affections lésées font souffrir. Les estimes ébranlées s’écroulent. Les désillusions conduisent à des jugements sévères, et les offenses au désir de rendre ce que l’on a reçu ou, du moins, à des ressentiments qui endurcissent le cœur à l’encontre des coupables.

L’homme a de telles pesanteurs de matière jusque dans sa façon de penser et d’agir en réponse à ce qu’il subit. Seul le “moi” spirituel échappe à votre déchéance qui vous rend sensuels même dans les choses morales, comme si les racines de l’arbre de votre luxure se plongeaient, au-delà de la chair, dans les fibres immatérielles de votre pensée immatérielle, et pourtant opaques et lourdes en comparaison de l’esprit.

Ensuite la partie animale, le “moi” animal – car la souf­france, quelle qu’en soit l’origine et la forme, est toujours une exaspération de la chair et du sang, des nerfs et des organes –, hurle pour la moindre douleur ou vexation qui perturbe l’équilibre physique et psychique et trouble ainsi l’homme tout entier. Ce “moi” hurle sa volonté animale de réagir violemment. Dans l’homme se cachent un dieu et un fauve. Au centre, pour servir d’axe à la balance de ces deux forces opposées, se trouvent la volonté, la raison de l’homme, sa condition morale. L’aiguille de la balance est sujette à de continuelles secousses. Elle penche vers le dieu si les forces spirituelles lumineuses prédominent. Elle penche vers le fauve si les forces obscures prédominent. Mais si l’axe est solide, s’il ne sort pas de ses gonds et que l’homme sait demeurer un animal raisonnable, alors l’aiguille de la balance s’o­riente là où il y a ferveur d’œuvres surnaturelles; alors le fauve est vaincu et le dieu triomphe.

Je pourrais aussi te dire que la volonté de l’homme, libre et consciente, est comparable à l’aiguille aimantée qui tremble sur le pivot central d’une boussole. Comme suspendue, elle est attirée par la force divine, par le pôle parfait opposé au pôle démoniaque. Si la volonté sait rester bonne, l’aiguille doit nécessairement se tourner dans la direction du surnaturel. Les circonstances de la vie auront beau tourner et retourner la créature dans toutes les directions, comme une feuille emportée par un tourbillon de vent, son aiguille, sa volonté, sera toujours orientée vers Dieu. Parfois, elle devra faire un tour complet sur elle-même pour retrouver son Seigneur. Mais si Dieu est son Tout, elle y parviendra. Elle sera toujours en Dieu, toujours dans l’amour, même si les hommes et les démons s’évertuent sans relâche à la troubler, à l’emporter dans la tempête, vers les récifs de la perdition. Non. Si quelqu’un est fort en Dieu, son aiguille ne perd pas son magnétisme, elle se tourne vers Dieu, elle agit pour Dieu, et pour Dieu elle pardonne.

Comment obtient-on cette force? Paul le dit: “Revêtez l’armure de Dieu”, c’est-à-dire en prenant ses vertus pour en faire une cuirasse. Seules les forces de Dieu peuvent résister aux forces qui vous assaillent, et contrairement aux apparences, vos vrais assaillants ne sont pas humains, ce ne sont pas les forces latentes de la chair et du sang en vous-mêmes. Ce sont les dominateurs de ce monde ténébreux, les principautés et les puissances infernales qui, en réalité, sont les agents moteurs de ceux qui vous livrent bataille et vous font souffrir. Les hommes, très souvent, sont des pantins manœuvrés par Satan, même s’ils ne le savent pas, même s’ils ne le croient pas. Seuls, ils ne pourraient pas faire autant de mal. Mais, distraits, superficiels et orgueilleux comme ils le sont, ils ne se tiennent pas sur leurs gardes, ils méprisent les défenses que Dieu leur offre. Nus, faibles, endormis, influencés, ils finissent par être saisis par l’Adversaire qui les manœuvre pour faire souffrir les enfants de Dieu.

La chair est une autre force dangereuse. Elle est en vous et c’est un serpent rebelle qui redresse sans cesse la tête. Mais les armes de Dieu la domptent. Faites-en donc usage pour résister dans les tentations qui ont des milliers de noms, qui viennent tout côté, et qui se jettent si violemment sur l’animalité de l’homme, sur son moral comme sur son esprit. Vous serez alors victorieux. La vérité pour épée, la justice pour épée et cuirasse, la foi pour bouclier. Tout homme a besoin d’une connaissance profonde de la sagesse pré-chrétienne et post-chrétienne pour pouvoir cheminer sans danger d’erreur sur la voie pacifique et sainte de Dieu.

La foi, la foi, la foi. Qui croit à la vie future où l’on jouit de l’u­nion à Dieu, et croit aux vérités enseignées, ne peut se per­dre. Les flèches enflammées, dit Paul – j’ajoute les flèches empoisonnées du Malin – sont rendues froides et inoffensives par le fleuve pur de la foi. foi, force et sagesse: alors vous aurez l’esprit victorieux sur les séductions de tout ce qui a Dieu en haine.

Soyez patients même avec vous-mêmes. Il ne faut pas s’impatienter même si, malgré votre vigilance, quelque coup vous atteint. Ne dites pas: “C’est le signe que je suis dans la disgrâce de Dieu.” Pensez toujours que Satan travaille contre celui qui ne lui appartient pas. Il n’est pas assez fou pour perdre son temps avec ceux qui le servent. Il utilise son temps avec intelligence pour faire le mal là où cela vaut la peine de le faire, là où il est possible de faire du mal à Dieu, là où laisser la paix reviendrait pour lui à confesser sa défaite, c’est-à-dire que la créature lui a échappé. Satan voit en effet le passé et le présent, mais il ne voit pas le futur. C’est pourquoi il peut se flatter, tant que l’homme est vivant, de faire sien même celui qui à présent est juste. Par sa persévérance, il y réussit parfois.

Réfugiez-vous en Dieu, et ne craignez pas. Souvenez-vous de Job de Uç. Satan défia Dieu parce qu’il ne voit pas le futur et espère la victoire même sur celui dont le nom est déjà écrit dans le ciel. Moqueur de Dieu et du juste, il raillait: “Touche à ce qu’il possède et tu verras s’il ne te maudit pas!” le Seigneur lui permit de tenter Job, mais pas de lui enlever la vie. Alors Satan fit rage contre le juste, ne lui épargnant aucune douleur, pas même les reproches injustes de faux sages, c’est-à-dire sages seulement en paroles et parce qu’ils jouissaient de tous les biens de ce monde.

Tu sais ce qu’est cette souffrance. C’est celle qui est plus pénible que la maladie, que la mort, que la perte de ses biens, celle qui éprouve les vertus plus que toute autre épreuve. Mais Job – ne t’arrête pas à ses lamentations dans la douleur, car il était toujours un homme – resta juste parce qu’il était revêtu de la force des vertus de Dieu, Satan perdit la bataille, et les trois pantins qu’il manœuvrait pour augmenter la douleur du juste, pour le pousser à des paroles de révolte contre Dieu, furent humiliés.

Satan peut agir jusqu’à une certaine limite, mais pas au-delà.

Souviens-t’en toujours. Laisse aussi les nouveaux Eliphas, Baldad et Sophar te persécuter; ils ne savent parler qu’avec leur langue, comme des perroquets ou des instruments mécaniques, sans que leur raison soit éclairée. Laisse-les faire, et ne te morfond pas dans la crainte que Dieu ne te secourt pas. Dieu vous voit, eux et toi, et il pourvoit. Reste dans la voie du Seigneur et il sera avec toi.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.»

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