Gli Scritti di Maria Valtorta

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40. Le 17 novembre 1946 Vingt-troisième dimanche après la Pentecôte — Vingt-troisième dimanche après la Pentecôte

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40. Capitolo 40

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1946-11-17

Azarias dit:

«Les fautes des peuples sont si nombreuses et telles que, si la clémence et la patience de Dieu n’étaient pas infinies, depuis longtemps le monde serait détruit comme horreur de l’univers, horreur que l’on supprime, parce que dans la création parfaite ce qui est ignominieux ne doit pas subsister.

Mais il y a encore des justes dans le monde, qui désormais est vraiment le vestibule de l’enfer et le territoire de Satan. Ils sont rares comme les étoiles dans une nuit de tempête, comme les palmiers dans l’immensité aride des déserts. Mais, comme on le comprend depuis l’épisode d’Abraham, Dieu est prêt faire preuve de miséricorde même envers les pécheurs, pour les sauver de la punition, s’il trouve parmi eux des justes qui prient. Il veut les sauver des détresses matérielles et morales tant que dure leur jour, leur laisser le temps de revenir au Seigneur jusqu’à leur soir. Cela ne signifie pas les sauver au-delà de la vie s’ils ont mérité le châtiment car, au Jour de Dieu, les intercessions des justes pour rendre la santé à ceux qui sont morts à la grâce ne servent plus à rien. La justice veut suivre son cours. Même s’ils hurlent avec colère et rébellion au Juge éternel: “Tu nous hais et nous frustres de notre part de bien”, il leur répondra avec justice: “Non. Je vous ai donné votre part. Vous vouliez jouir. Jouir de richesses, de puissances, de luxures, de fêtes, obtenues par tous les moyens. Vous les avez eues. Je vous ai laissé jouir comme vous le vouliez. Vous avez choisi. Je respecte votre choix et vous le laisse pour l’éternité. Ceux qui entrent dans mon Royaume, ce sont ceux qui ont vécu chastement, dans la tempérance, qui ont été justes et miséricordieux, qui ont souffert et pleuré même par votre faute, ceux qui ont aimé Dieu, leur prochain et même vous qui les tourmentiez. Allez-vous-en! Ne disiez-vous pas que c’était de la bêtise de remettre la joie à plus tard et qu’il était sage de profiter du présent dont on est sûr? C’est ce que je vous accorde. Vous avez joui dans le petit présent; maintenant souffrez dans l’éternel présent.”

Les justes prient pour les pécheurs. Malheur s’il n’en était pas ainsi! Au bain quotidien et perpétuel du divin Sang se mêlent les prières et les larmes des justes. Cette pluie de charité nettoie le monde de ce surplus d’ordure que l’infinie miséricorde ne pourrait supporter. Il s’ensuit que le monde peut durer bien que l’œil de Dieu le regarde avec une sévérité qui nous impres­sionne, nous les anges. Si par hasard un seul jour passait sans que soit accomplie la moindre œuvre de justice sur votre globe terrestre, si par hasard il se produisait un jour que les justes deviennent pécheurs, alors la lumière ne reviendrait pas éclairer la terre, car elle n’existerait plus. La justice, dans la nuit, l’aurait effacée d’entre les œuvres créées.

Puisse ce que je vous dis vous donner la mesure de la valeur de la justice des hommes devant la face de Dieu! La connais­sance sincère et humble de vous-mêmes et des œuvres de Dieu en vous constitue une justice. C’est pourtant l’une des sagesses les plus difficiles à trouver chez les chrétiens, même chez les meilleurs. Une fausse estimation des vertus fait que, pour devenir humble, on perd la sincérité, on devient parfois même franchement hypocrite, et on finit par sombrer dans l’ingratitude.

Beaucoup de ceux qui sont bons et qui ont reçu des dons particuliers, en sont conscients mais, par quelque injuste humilité, se disent perfides ou dénués de ces dons que les autres savent qu’ils possèdent.

Même en cela, il faut posséder profondément les vertus de justice, de prudence, d’humilité et de sincérité. Il convient d’être prudent et de tenir caché le don reçu gratuitement, afin que la connaissance de celui-ci ne dégénère pas en fanatisme du peuple, en trouble pour le bénéficiaire, en perte de temps­ qui pourrait être utilisé plus dignement au service du Seigneur, en tentation et parfois en péché d’orgueil. Il est indispensable de ne pas s’induire soi-même en tentation. L’homme, même largement comblé par Dieu, doit toujours se rappeler qu’il est un homme, donc ne pas se flatter d’être parfait ni se bercer d’illusions en pensant témérairement que, quelle que soit l’imprudence qu’il commette, le Seigneur réparera pour l’amour de son fils chéri. Demander au Père qu’il ne vous induise pas en tentation, c’est une bonne parole, certes, mais c’est un devoir de se comporter de manière à se garder soi-même de la tentation.

Le démon est un grand séducteur. Mais, très fréquemment, l’homme calomnie le démon en en faisant le responsable de chacune de ses chutes, alors que c’est souvent l’homme qui cherche le terrain glissant, et non le démon qui l’y pousse. Quelqu’un qui irait marcher sur l’arête d’un toit pourrait-il accuser le propriétaire de la maison de sa chute et de ses blessures? Il ne le pourrait pas. De même l’homme qui, d’une manière ou d’une autre, spontanément et imprudemment se met en situation de pécher, ne peut accuser ni Dieu ni le diable de sa faute; ni Dieu ni le diable ne l’on induit en tentation, mais sa propre volonté est l’u­ni­que coupable, puisqu’elle a suscité elle-même l’occasion du pé­ché.

Ceci est valable pour tous. S’induire en situation de péché d’orgueil, en particulier pour les préférés du Seigneur qui sont comblés de dons extraordinaires, cela signifie ne pas avoir protégé par le secret les dons reçus, afin d’éviter des fanatismes qui peuvent occasionner de la complaisance, et donc un orgueil fatal. L’instrument de Dieu qui ne garde pas secret le don du Seigneur est imprudent. Mais il est trois fois plus imprudent, le prêtre qui, comme directeur spirituel de l’instrument, ou son confesseur, son curé, son pasteur diocésain ou celui qui est chargé momentanément de le conseiller et le diriger (comme le prédicateur de carême ou d’exercices, ou le missionnaire), s’il a eu connaissance d’un cas extraordinaire le divulgue aussitôt; il en est de même s’il n’intervient pas par de saints conseils pour le bien de l’instrument et celui du don dont il est le dépositaire, alors qu’il voit que l’instrument ne sait pas se conduire et risque de se détruire lui-même, et le don avec lui, par ignorance ou par imprudence.

La prudence, fidèle compagne d’une réserve silencieuse qui ne permet pas la publicité, cache l’extraordinaire sous des apparences de vie ordinaire sans pour autant dégénérer en fausse humilité ou en mensonge.

Chères âmes extraordinaires, quand il vous est nécessaire de parler et répondre à celui qui a le devoir de vous interroger, vous ne devez pas dire, par fausse modestie: “Moi, je n’ai rien parce que je suis la plus grande pécheresse”, alors que, dans votre for intérieur, vous sentez effectivement que vous êtes de bien petites âmes, mais aussi que, par grâce de Dieu, vous n’êtes pas pécheresses au point de dégoûter le Seigneur. Ce serait un mensonge. Si vous étiez convaincues de l’être, le dire ne serait qu’une humble confession de votre faute et de votre misère, telle que vous la considérez. Mais si votre conscience vous assure que votre petitesse n’est pas sale de fautes graves, vous ne devez pas mentir. Surtout, vous ne devez pas le faire avec le secret désir de vous entendre dire: “Non, tu es sainte”, pour en éprouver de la satisfaction. Avec l’esprit agenouillé humblement devant la puissance d’amour de Dieu qui vous aime, répondez sincèrement à celui qui est en droit de vous interroger: “Oui, le Seigneur a fait cela en moi, malgré ma pauvreté et mon imperfection.”

Marie n’était pas orgueilleuse quand elle a chanté son psaume. Elle reconnaissait humblement les merveilles que Dieu avait faites pour elle, pour que sa louange s’élève vers le ciel, et celle de sa parente Elisabeth avec la sienne. Archétype de toutes les âmes qui allaient louer le Seigneur à travers elle, Marie est l’instrument doux et saint des œuvres du Seigneur et de votre salut.

Paul n’est pas orgueilleux lorsqu’il dit: “Imitez-moi.” Il le dit simplement à ses fidèles en vertu de ce que la miséricorde de Dieu, unie à la volonté de l’homme, avait fait de lui: une par­faite image du Christ. De même que, ailleurs, il avait avoué ses fautes passées, comme ailleurs encore il avait confessé que, déjà apôtre, l’ange de Satan l’avait souffleté, il dit ici: “Imitez-moi”, de la même façon qu’il reconnaît sincèrement avoir joui des révélations du Seigneur et avoir été élevé au troisième ciel.

Dire: “Dieu m’a aimé de façon extraordinaire” n’est pas un péché d’orgueil, si vous le dites – et Dieu vous voit – avec comme seul sentiment et seule volonté de magnifier le Seigneur pour ce qu’il vous a fait. Le divin Maître n’a t-il pas dit: “Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison”? Et encore, n’est-il pas dit: “Les justes brilleront comme des étoiles”?

Dieu les allume. Dieu vous allume. Oh! Un homme qui lève la tête sur son chemin solitaire et nocturne, et qui voit les étoiles suivre leur course de l’orient à l’occident, cet homme sait se dire, même sans connaître le nom particulier de chaque lumière: “Là est le chemin pour aller à mon but”, parce que la course des astres, de l’orient à l’occident, lui donne la direction des points cardinaux.

Il en va de même des instruments de Dieu. Ils doivent resplendir. Du haut de la sphère spéciale où Dieu les a placés, séparés, isolés du reste du monde, où ils sont ignorés parfois encore des années après leur mort, ils doivent pourtant resplendir. Comment? Par la sainteté de leur vie, par leur travail inlassable en obéissant aux volontés de Dieu, par leur amour et les autres vertus qui, aux moments justes, “magnifient le Seigneur pour les merveilles faites en eux”. Ils rayonnent toujours car, comme le Seigneur vit complètement en eux, sa lumière et sa sainteté transparaissent et émanent d’eux. Alors, tels des navigateurs perdus dans les ténèbres d’une mer déchaînée, les esprits se dirigent vers ces phares solitaires frappés par les tempêtes de l’Ennemi, des ennemis de Dieu et de leurs instruments; mais, comme des phares, ils sont forts, héroïques et toujours prêts à accueillir la lumière pour la communiquer aux naufragés afin qu’ils se sauvent.

Les âmes cherchent Dieu. Il vous semble bien souvent qu’elles ne le font pas. Vous ne connaissez pas les souffrances des âmes enfermées dans un corps et une pensée tous deux ennemis de Dieu. Ceux qui possèdent ces âmes avilies ne s’aperçoivent pas des larmes de leur âme aveuglée et enchaînée, qui s’agite et recherche la lumière du fond de sa prison, qui parfois veut s’évader pour chercher Dieu, boire une gorgée d’air céleste, s’emplir la vue spirituelle de la lumière des cieux, et recueillir des paroles secrètes pour les emporter avec elle dans son cachot. Ces paroles semblent avoir été dites et recueillies en vain, mais il arrive qu’elles resurgissent sur le lit de mort et permettent de remporter la dernière bataille en remettant un esprit à Dieu. Elles empêchent quelquefois de descendre dans l’horreur et le délit. Parfois encore, elles tirent un esprit de l’abîme et le remettent sur la voie de Dieu.

Il n’est pas besoin de beaucoup de paroles, parfois d’aucune. Peut-être un seul regard suffira-t-il. Vos yeux regardent d’une façon qui n’est plus de cette terre. Vous regardez, mais ce n’est pas vous; c’est le Christ qui regarde à travers vous. Vous voyez, mais vous ne voyez pas l’homme qui est en face de vous; c’est son âme que vous voyez avec la vôtre. C’est parce que vous regardez avec votre âme, après vous être rempli les yeux de lu­mière céleste, que vous ne regardez pas à la façon des autres. Vous écoutez les histoires des hommes et bien souvent vous vous taisez. Mais tandis que vos lèvres sont muettes, votre âme aime. Et, en aimant, elle caresse et réconforte l’âme exaspérée, ma­lade, en colère, qui vous parle. Il arrive que vous disiez des paroles banales à des auditeurs quelconques, auxquels vous ne voulez pas dévoiler votre secret. Mais, de temps en temps, un bijou spirituel tombe de vos lèvres comme une note de chant qui de temps en temps s’échappe d’une pièce fermée et emplit la rue d’une douceur qui console le pauvre qui l’entend en passant; c’est une étincelle échappée au Feu qui vous possède, et celui qui vous écoute l’accueille et la médite… son âme se réveille, réfléchit et parfois se décide.

Rien des œuvres d’amour n’est jamais perdu. L’amour est en vous, tout est donc actif. C’est vrai. Trop nombreux sont ceux qui vivent en ennemis de la croix du Christ. La perdition est leur fin, leur ventre est leur dieu, ils mettent leur gloire dans ce qui est leur honte et ne pensent qu’aux choses de la terre. C’est vrai. Mais, la plupart du temps, ce ne sont que des âmes sauvages, ou rendues sauvages par un ensemble de choses. Elles ne savent pas. Elles ne connaissent pas. Et donc elles n’aiment pas et ne peuvent distinguer. Pour elles, les églises ne servent à rien. Que sont les églises pour elles? Pour elles, les prêtres ne servent à rien. Que sont les prêtres pour elles? Pour elles les sacrements sont inutiles. Que sont pour elles les sacrements?

Le sauvage sait-il donc ce qu’est le navire qu’il voit passer devant ses côtes, ou l’avion qui sillonne le ciel? Il les prend pour de mystérieuses formes magiques et effroyables, capables de lui nuire, et, s’il le peut, il les combat. L’anthropophage sait-il ce qu’est l’homme qui, au nom de la croix ou de la science, s’aventure sur ses terres pour y porter une foi, y étudier les maladies ou le soigner? Pour un anthropophage, il représente la proie à tuer pour la manger, ou du moins qu’il faut tuer comme un sorcier maléfique. Le sauvage, l’homme primitif ou l’ignorant, sait-il ce qu’est le sérum que le médecin veut lui inoculer pour le sauver de certaines épidémies? A ses yeux, c’est du venin, une vengeance de l’homme blanc sur les races inférieures ou, entre blancs de pays civilisés, c’est un moyen utilisé par les gouvernants pour supprimer les plus faibles. Combien de médecins ne sont-ils pas morts lynchés par la peur furieuse des sauvages et des ignorants?

Ne soyez donc pas surpris si les sauvages spirituels qui ha­bitent parmi vous craignent ou haïssent, fuient ou se jettent sur ce qui est de l’esprit et de l’Eglise, pour continuer à vivre dans leur ignorance brute. Ils sont malheureux et ne viennent pas s’abreuver aux fleuves spirituels. Ils les voient, parce qu’ils sont visibles, mais ils les fuient. Qui évite de boire à une source fraîche qui jaillit d’une montagne? Elle paraît si humble, si dépourvue de pouvoir miraculeux. On ne la suspecte pas, on ne s’en méfie pas. Alors on boit de sa fraîcheur. C’est ainsi qu’entre la grâce, sans qu’on s’en rende compte, là où elle n’aurait pu pénétrer d’aucune autre façon.

Beaucoup, qui étaient ennemis de la croix et vivaient pour leur ventre et les choses de la terre, cessent de l’être grâce à l’action discrète de ces missionnaires secrets du monde civil que vous êtes, vous les instruments de Dieu.

Aussi beaucoup vous haïssent-ils: ceux en qui Satan règne et vous hait à travers eux. Mais ne vous en souciez pas, n’ayez pas peur d’eux. Dites-vous: “Nous sommes citoyens du ciel d’où nous vient le Christ, qui transforme le corps de notre humiliation en lumière qui ne s’éteindra pas.” Tenez bon dans votre travail.

Même si vous ne trouvez pas de soutien parmi les prêtres du Christ, pensez à la façon dont Paul exhorte son fidèle compagnon à venir en aide à Evodie et à Syntyche: soyez forts en pensant que vos noms sont inscrits dans le livre de vie parce que vous vivez, travaillez, souffrez et mourrez pour la gloire de Dieu et la connaissance de l’Evangile.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.»

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