Gli Scritti di Maria Valtorta

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138. Le 8 juillet

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138. Capitolo 138

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1944-07-08

J’ai une vision radieuse et glorieuse pour me consoler de ma douloureuse agonie aussi bien physique (je suis très malade, comme il y a dix ans, mais sans avoir ni les réserves de force ni les réconforts d’alors, ni ce climat qui m’a permis de survivre) que spirituelle – mon âme est si désolée dès que la voix de mon Jésus cesse, que j’en meurs –.

Cette vision m’est présente depuis des heures et apaise mes tortures, me les rend supportables, aussi bien les physiques, qui sont inexprimables, que les morales, encore plus incompréhensibles et d’ailleurs incomprises de mon entourage.

Je vois l’Assomption glorieuse de Marie.[1] Je ne vois pas d’où elle commence. Je pourrais dire que c’est d’une maison car, comme spectatrice extérieure, j’aperçois une sorte de cube couvert de chaux, comme s’il s’agissait d’une maisonnette.

Du toit – appelons-le comme ça –, de sa partie supérieure en somme, je vois sortir une armée d’anges, lumineuse, belle et émue. Ils ne chantent pas, ne parlent pas. Ils semblent tous absorbés par une occupation d’amour qui leur fait rayonner le visage d’une joie ardente.

Penchés comme au-dessus d’une ouverture, ils observent. Puis ils déplient leurs ailes de perles et se mettent sur deux rangs. Leur sourire augmente, leur lumière de lys et de perles unis à des diamants s’accroît, une lumière qui surmonte celle d’une aurore timide qui vient à peine d’apparaître et paraît croître péniblement, malgré la sérénité du jour, peut-être parce que cette autre lumière céleste la dépasse de beaucoup. Pour ainsi dire, elle l’absorbe comme elle absorbe la lueur des dernières étoiles et le dernier rayon de lune encore visible comme une faucille effilée sur le ciel qui s’éclaircit.

Je me suis attardée à décrire cette partie de la vision, mais elle m’a paru ne durer que quelques minutes.

Ensuite, comme des flots qui débordent d’une digue, un éclat intense se dégage du sommet du cube calcaire et des têtes d’anges, des ailes et des corps de lumière jaillissent en même temps. Au milieu d’eux, entre leurs bras, je vois notre Mère, paisible comme un être endormi dans un doux rêve.

Elle est entièrement vêtue de blanc. Son habit, son voile et une large bande de toile fine qui pourrait être son suaire sont d’une même couleur nacrée de lin très fin et neuf. Son visage n’est pas plus sombre que le tissu. Il paraît être fait de boutons de magnolias, et ses cils fins sont seuls à mettre deux virgules un peu sombres sur cette couleur de neige. Elle a les mains jointes sur la poitrine, à la hauteur de l’estomac, la pointe des doigts tournée vers les aines. On dirait qu’elles servent de voile au Ventre sanctifié par l’Incarnation de Dieu. Elles aussi forment deux pétales de magnolia qui reposent sur la neige des vêtements.

Marie semble dormir. Sa tête, soutenue par un ange avec la vénération de celui qui porte une grande relique, est légèrement tournée vers la droite. Un sourire flotte encore sur ce visage, laissé peut-être par une dernière pensée d’amour.

Les anges montent en portant leur charge sacrée, et les autres s’y unissent en leur servant de couronne. Marie s’élève dans le ciel turquoise, vers les dernières étoiles et la lune pâle. Et le monde ne sait pas que sa Reine va prendre place sur son trône.

Je peux suivre la montée de la cohorte angélique. Celle-ci devient toujours plus nombreuse, car des anges descendent à sa rencontre depuis les cieux paisibles avec une sainte hâte de vénérer leur Reine. Je vois que, au fur et à mesure que la terre s’éloigne et que le ciel s’approche,… que la terre est petite! Une poignée de boue sale!… Je vois donc que, au fur et à mesure que la terre s’éloigne et que le ciel s’approche, le corps de Marie voit diminuer la pesanteur de son sommeil et paraît sur le point de s’éveiller. Son visage se colore légèrement comme quand on sort d’un évanouissement, ses lèvres s’entrouvrent pour respirer plus profondément et deviennent plus rouges.

Dans le ciel, tout rose à l’orient, le premier rayon de soleil brille, mais au lieu de se diriger vers la terre, il va rechercher dans le ciel celle qui s’y élève, l’étreint et la revêt d’un jaune-rose de corail extrêmement délicat, la réchauffe par son baiser, l’appelle par sa chaleur. C’est alors que Marie entrouvre paisiblement les yeux, bleus comme le ciel qui lui est si proche et qui l’enveloppe de son azur, car désormais la poignée de boue qu’est la terre n’est plus visible. Elle est effacée avec toutes ses misères.

Marie ouvre les yeux et voit les anges… Marie sourit et voit leur sourire. Marie lève les yeux plus haut, et voit la Gloire de Dieu.

Elle se lève… Les anges la soutiennent à peine, ils se tiennent autour d’elle. On dirait que, désormais, elle n’a plus besoin d’aide pour monter. Elle est déjà la Reine des cieux et les anges ne sont que les serviteurs spirituels qui se tiennent auprès d’elle pour la servir.

Rapide et heureuse, Marie s’élève, ses mains croisées tournées maintenant vers le haut en un geste d’adoration. La cohorte angélique, dont la lumière est devenue insoutenable, chante.

désormais, Marie est elle aussi d’une lumière des plus éclatantes. Son voile, la toile et son vêtement ne sont plus en lin. C’est un vêtement immatériel tissé de diamant et mélangé à des perles que je lui vois toujours. Sa beauté s’accroît d’une majesté indescriptible. Elle paraît rajeunir et être d’une éternelle jeunesse. Elle n’est pas plus âgée que son Fils et Seigneur et, auprès de lui qui vient à sa rencontre parmi les cohortes d’anges, elle semble être la Beauté aux côtés de la Majesté.

Le ciel se ferme sur ce cortège qui pénètre parmi d’incandescentes flammes d’amour et des harmonies paradisiaques.

Reste, vision céleste, reste-moi présente! Je ne peux trouver de réconfort qu’en ce qui est au-delà de la terre car, pour moi, il n’existe plus sur terre que douleur et solitude. Reste-moi présente tout au long de mes agonies afin que je meure en regardant la Mère, l’Epoux et les Amis qui savent comprendre et compatir.

Marie dit:

«Ne crains pas. Dieu vient à l’aide divinement.

De tous ceux qui m’avaient aimée, un seul assistait à ma mort. Mais cette pause entre la vie de la terre et celle du ciel que fut ma Dormition n’a pas été solitaire. Les anges veillèrent sur mon sommeil comme tant de mères veillent auprès d’un berceau. Et lorsque je suis née au ciel, ils m’ont pris comme des mères pour porter ma faiblesse à l’aura qui a aboli l’humanité et ses lois de pesanteur pour me rendre semblable corporellement à mon Fils glorieux tant aimé.

Tu leur as donné leur nom exact. Ce sont les “amis” des âmes fidèles. Etant de nature angélique, ils sont capables de comprendre ce que les amis de la terre devinent difficilement, et pas toujours.

L’ange sacerdotal qui te réconfortait t’a été enlevé.[2] L’ami qui te comprenait t’a été enlevé. Tes parents t’ont été enlevés, ainsi que les personnes, certes imparfaites, auprès de qui tu trouvais quelque soutien. Mais il te reste encore quelqu’un. Et nous te restons, tu peux en être sûre. Seule une faute de ta part pourrait dépeupler le lieu dans lequel tu vis de ces êtres qui ne connaissent aucun changement d’amour et que nous sommes, nous tous les personnages célestes.

Ne pleure pas, ma fille. Pense que chaque heure qui passe te rend plus proche de la joie.

Maintenant, dors. Ton âme est dans l’obscurité peuplée à la fois de visions d’or que t’envoie la Bonté éternelle, et de paroles de Vérité que t’envoie cette même source divine, tout comme l’était mon âme pendant son dernier sommeil terrestre. Pendant mon dernier sommeil. Ton séjour actuel dans l’obscurité et le silence humain est plus long. Mais il se terminera dans la lumière et sous les chants du ciel.

Ne pleure pas, car nous sommes avec toi.»

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Notes

  1. Voir la note n. 65. ↩
  2. L’évacuation à S. Andrea del Còmpito l’avait privée de l’assistance assidue du P. Migliorini. Voir la note 139. ↩