Gli Scritti di Maria Valtorta

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142. Le 13 juillet

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142. Capitolo 142

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1944-07-13

Psaume 34 (33), 22.

Jésus dit:

«Ce n’est pas seulement la mort du pécheur qui est horrible, mais sa vie aussi. Leur aspect extérieur ne doit pas faire illusion. C’est un vernis, un voile mis pour cacher la vérité. En vérité, je te dis qu’une heure, une seule heure de la paix du juste – je ne parle même pas d’une heure de joie d’une âme élue qui repose sur mon sein, je ne parle que du juste – est infiniment plus riche en bonheur que la plus longue des vies dans le péché.

L’apparence est différente? Oui, elle l’est. Mais tout comme la richesse en joie d’un de mes saints n’est pas visible aux yeux du monde, de même ceux-ci ne voient pas le gouffre d’inquiétudes et de mécontentement qui habite le cœur de l’injuste et qui, à l’instar d’un cratère de volcan en éruption, crache continuellement des vapeurs âcres, corrosives, intoxicantes qui empoisonnent de plus en plus ce malheureux. Oui, pour essayer d’étouffer son inquiétude, celui qui n’agit pas bien tente de se procurer des satisfactions capables d’exciter l’appétit de son âme dépravée. Il s’agit donc de satisfactions mauvaises, car son agitation ne peut produire que du poison.

Voilà la clé qui explique certaines vies si sombres dans lesquelles l’obscurité s’accroît de jour en jour, comme lorsqu’on chute en rebondissant dans les gouffres les plus profonds. Ils sont entraînés toujours plus bas par le poids même de leurs actions de hors-la-Loi – je parle de ma Loi, sur laquelle s’appuient toutes les lois humaines qui visent à garder les hommes dans les règles de la morale –.

Ceux qui voient – étant déjà montés en Dieu, ils peuvent voir ce qui est invisible aux yeux des vivants – observent avec horreur la perfection dans le mal qu’atteignent les pécheurs obstinés et impénitents. Comme le dit le psaume, leur mort est une horreur, une horreur qui les précipite vers l’autre Vie pour sombrer dans une Horreur plus grande.

Il y a les géants du péché parce que leur position sociale en fait des géants dans la société. Mais il y a aussi les grands dans le péché qui sont mêlés à la foule et ne se distinguent pas extérieurement par des œuvres particulières, mais sont corrompus intérieurement par ces fautes qui crient contre Dieu et contre le prochain.

Qu’ils sont nombreux! Quand les bons arrivent, par une grâce particulière, à connaître spirituellement, ils en ont horreur comme d’une putréfaction. Et ils sont réellement en putréfaction qui altère couleur et traits, et empeste par sa puanteur, une puanteur dans laquelle l’odeur de Satan et de l’enfer est très reconnaissable.

Mais rappelez-vous votre Maître, vous tous qui êtes bons. Ils vous répugnent? A vous? Alors quel effet me font-ils, à moi qui suis pur et saint? Ils me dégoûtent. Pourtant, je les ai aimés jusqu’à en mourir pour tenter de les sauver.

Aimez-les donc du plus grand amour: celui qui dépasse tout pour sauver. Vous ne sauvez pas? Peu importe. Vous aimez également cette âme pour cette seule raison qu’il est l’œuvre de Dieu. Elle est maintenant souillée par les excréments de Satan? Nettoyez-la par une rosée constante d’amour surnaturel, d’amour vrai car dépouillé de tout attrait humain; bien plus, cet amour est héroïque puisqu’il résiste, bien que votre humanité et votre âme elle-même soient révoltées par sa vermine fétide.

Si vous la sauvez, vous en retirerez une grande joie. Si vous ne la sauvez pas, votre mérite sera le même et vous le trouverez pour avoir aimé conformément à mon commandement.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dit:

«Oui, c’est bien moi qui viens passer cette heure d’agonie avec toi, et cela en nous rappelant Jésus dont le visage s’altère sous la sueur de sang et commence à prendre cette expression douloureuse qui est celle qui nous rend folles d’amour et de compassion, nous, ses petites victimes et épouses.

C’est moi. Je viens te caresser, moi aussi.[1] C’est mon heure. En effet, quand nous sommes sur le point de commencer les “grands silences” qui sont les touchers de perfection du divin Auteur de nos âmes, il est nécessaire d’avoir auprès de soi une amie qui les connaît.

N’aie pas peur. Notre Jésus est mort de soif aussi… Oh, soif divine! Cependant, alors qu’il ne pouvait presque plus parler tant il avait la gorge sèche, il a prononcé les mots qui sauvent. Il a dit la prière qui sauve: “Père, pardonne-leur”, “aujourd’hui tu seras avec moi”, “entre tes mains je remets mon esprit”. Alors qu’il était devenu presque muet à cause de la soif et de l’agonie, presque aveugle à cause de la croûte de sang qui s’était formée sur ses paupières et de la proximité de la mort, il a su dire les prières qui sauvent, voir encore la volonté du Père et l’adorer.

Il ne faut pas faire grand chose lorsque l’immolation s’approche, petite sœur. Il suffit de savoir rester fidèle, de voir Dieu au-delà de la souffrance qui nous couvre le cœur de plaies, et de dire à Dieu qu’on l’aime encore et toujours…

N’aie pas peur. Dieu est content de toi. Il m’envoie te le dire. Crois-tu ne pas être une “petite fille en enfance spirituelle”?[2] Tu l’es, car tu fais tout avec simplicité, même tes imperfections. En outre, tu ne cherches pas à recourir à l’astuce des adultes pour les déguiser, les revêtir d’un faux voile de justice. Tu es “petite” sur la voie que je t’ai enseignée, car les “petits” plaisent à Jésus, et il a dit que le royaume des cieux leur appartient. Et tu es “victime”. Adulte, par conséquent. Car l’âme qui choisit de son plein gré d’être immolée, même s’il s’agit d’une enfant, est spirituellement adulte.

Tu te demandais hier ce qu’est le “double amour” que j’ai demandé pour moi-même. Pour toi, petite sœur, il consiste en ceci: d’une part être une enfant et aimer Jésus avec la simplicité d’un bébé, d’autre part être victime et l’aimer avec l’héroïsme d’un martyr. Etre avec lui dans son pauvre berceau de paille, avec lui sur la croix rugueuse. Etre toujours avec lui, pour ne jamais le laisser seul, pour le faire sourire, pour boire ses larmes et mourir avec lui.

Comme il t’aime! Il t’a donné ses deux lits les plus saints: le berceau sur lequel la Mère veille, et la croix sur laquelle le ciel tout entier s’incline. Ce sont les lieux où son amour t’appelle pour un divin rendez-vous d’amour. C’est de là que tu prendras ton envol pour le ciel.

Repose-toi maintenant, petite sœur. Je reste ici à prier avec toi. Mais crois qu’il suffit d’aimer, d’aimer beaucoup, et de dire cette seule parole: “Jésus, je t’aime”, avec un amour authentique, pour être non seulement justifié mais aimé de Dieu d’un amour de prédilection.

Heureux ceux qui savent répéter à chaque battement de cœur: “Je t’aime.” Ils expireront avec cette profession d’amour en tête, dans le cœur et sur les lèvres. Cela leur ouvrira le paradis. Car Dieu aime ceux qui l’aiment et se donnent à eux.»

J’étais incertaine, lorsque j’ai senti ces nouvelles caresses d’une main délicate, mais plus longue que celle de Marie. Je ne sais pas, d’ailleurs, si elle était plus longue, mais en tout cas différente tant de forme que de poids, et même dans la façon de caresser. Je ne voyais que la main, dont le dos était presque entièrement couvert d’une large manche marron. C’était une belle main fuselée, mais qui me paraît vraiment plus longue que celle de la Mère. Je la sentais m’effleurer la tête de temps en temps. J’en étais heureuse. Ma souffrance physique, qui était extrêmement forte, s’en trouvait consolée. Toutefois, je n’osais pas me dire: «c’est la petite sainte Thé­- rè­se.» Je m’étais déjà trompée hier matin. Mais lorsqu’il ne s’est plus agi de caresses seulement et que j’ai pu aussi voir sa main, je n’ai plus eu aucun doute.

Cependant, je n’ai rien vu d’autre. Ses mains et sa voix, très belle et douce, ainsi qu’une grande paix, une sécurité, un chaud sentiment d’amitié… je ne sais pas bien l’expliquer. En outre, ses mots m’ont rendue encore plus heureuse.

Je vais bien mal depuis hier après-midi, au niveau du cœur. Alors que, hier matin, après la venue de la Mère, j’étais si soulagée, même physiquement, que j’ai même chanté une chanson d’amour à Jésus dont j’ai composé les paroles comme la musique. Mais qu’importe! Je suis tout heureuse d’avoir eu la visite de ma petite sainte préférée, si heureuse que la douleur physique me semble ne plus compter…

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Notes

  1. Comme Marie la veille. ↩
  2. Allusion à la dictée du 23 juin et aux observations de l’écrivain qui l’ont suivie. ↩