Gli Scritti di Maria Valtorta

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155. Le 2 août

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155. Capitolo 155

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1944-08-02

Après avoir rendu grâces après la communion, j’étais en train de faire mes prières quotidiennes lorsque j’ai ressenti cette secousse, pour ainsi dire, cette sensation particulière que j’éprouve quand Jésus veut me bénir par une grâce.

Je n’arriverai jamais à bien expliquer ce phénomène. C’est com­me un avertissement que tout mon être reçoit. Il s’adresse à l’âme, mais la matière le sent aussi. Il touche l’âme par une paix et une joie subites et surnaturelles, auxquelles on ne peut encore donner de nom, mais qui existent; il touche le corps par une sorte de frisson qui est en même temps chaleur et sensation de bien-être. Puis il me vient une espèce de somnolence physique qui me pousse à désirer me recueillir en silence, dans la solitude, et à m’abandonner sur mes oreillers comme pour m’endormir. Mais, en réalité, mon esprit et mes facultés spirituelles sont plus éveillés que jamais et ils voient, entendent et se réjouissent en vivant intensément. Seules mes forces physiques diminuent, comme sous l’effet de quelque langueur ou d’un évanouissement. Mais c’est une très grande joie!

Ce matin, j’ai plongé – je le vois pendant que j’écris – dans des amoncellements de neige paradisiaque, comme si je me trouvais sur des névés infinis et très blancs sous l’azur le plus pur. La neige est formée par une foule innombrable d’anges qui sont autant de perles vives survolant le saphir du ciel. Des anges, des anges, encore des anges: lumière et harmonie. Ce sont des lumières par rapport auxquelles les perles les plus blanches et les diamants les plus purs paraissent opaques et sales, ce sont des harmonies par rapport auxquelles le chant terrestre le plus parfait et le plus doux n’est qu’un vacarme discordant.

Je vois des cercles en fête d’une lumière de neige, des cercles autour de la lumière encore plus pure et resplendissante de la bienheureuse Mère de Dieu. Une lumière tellement éclatante que je vois le visage de Marie et ses mains comme s’il s’agissait de soleils d’où ir­radient des rayons presque insoutenables pour les yeux, à tel point que son cher visage et ses mains jointes en prière me sont difficilement visibles derrière le voile de lumière qui en rayonne et les en­toure d’un halo, d’un écran impalpable de lumière joyeuse. Cependant, en plissant les yeux de l’âme devant un tel éclat, j’entrevois le bienheureux sourire de Marie, le doux regard, humble, chaste et si plein d’amour de ses yeux tournés vers le bas, vers la pauvre terre et la pauvre Maria que je suis, à demi voilés par les cils. C’est un regard de vierge humble et pudique, heureuse de sa fête mais non pas fière. A son geste, on dirait qu’elle redit son “Magnificat” qui, s’il est reconnaissance des dons que Dieu lui fait, est surtout louange à Dieu.

Je ne vois rien d’autre que les anges en fête, et la Mère et Reine debout sur son magnifique soutien (de la lumière, une lumière différente que celle qui monte pour l’envelopper); elle est très belle dans son habit de perles devenues étoffe et changées en une lumière plus forte que celle qui l’enveloppe, et sur son visage, sur ses mains qui dépassent toute luminosité tant ils rayonnent.

Comme notre Mère rayonne! J’en ai l’âme qui devient pure et fraîche comme si je me trouvais – comme je l’ai dit au début – sur des névés infinis, et que je ne voyais que neige immaculée [se détachant] sur un ciel cristallin, sous un soleil brillant.

Oh, paradis…

Ezéchiel 44 (si je lis bien).

Jésus dit:

«Tu as vu l’Inviolée se réjouir au ciel, l’Arche close dans la­quelle rien ni personne n’a pu mettre la main car, là où Dieu est entré, il n’est pas permis à l’homme de pénétrer ni à ce qui lui est uni, puisqu’il est coupable en Adam. Pour elle, sa vie s’acheva en Vie glorieuse et immédiate, car celle qui avait porté le Vivant ne pouvait connaître la mort, celle qui n’avait pas été profanée par l’humanité ne pouvait connaître la profanation du tombeau. Mais la grande Reine, qui ravit les anges dans la joie de l’extase, te fournit un autre enseignement.

“Le prince, lui, s’y assiéra pour y prendre son repas en présence de Yahvé”, est-il dit.

Personne, si grand soit-il, ne peut venir devant moi s’il ne reconnaît pas en Marie, la Porte close par laquelle Dieu seul est entré, la Mère du sauveur, la Mère vierge, la Mère divine.

Je l’ai unie à ma condition de Vivant au ciel pour vous dire quelle est sa gloire. Elle est uniquement inférieure à Dieu, car elle est créée par lui. Mais sa maternité et ses douleurs de co-rédemptrice l’exaltent au-dessus de toute créature. Porte du ciel, elle est source de foi, d’espérance et de charité, de tempérance, de justice, de force et de prudence, de la Grâce et des grâces, de salut; c’est par elle que vous est venu le Dieu fait chair.

O ma Mère! Pour le Pape comme pour le dernier des croyants, tu es le saint ciboire dans lequel l’eucharistie attend d’être donnée à ceux qui croient. Toutes les grâces passent par ton corps inviolé, par ton cœur immaculé. Seuls ceux qui savent te les demander, à toi et devant toi, peuvent connaître les mystères et les vérités, les sacrements et les dons avec une véritable sagesse et les goûter en toute connaissance, pour porter ensuite du fruit. Tu es l’écran entre le Soleil et les âmes, et entre les âmes et Dieu, de sorte que la Divinité peut être contemplée par l’homme et l’humanité présentée au Parfait. Tu es la Mère qui as donné Dieu à l’homme et donnes l’homme à Dieu, en l’instruisant par ton sourire et ton amour.

Mon petit Jean, passe toujours par Marie pour venir à moi. C’est le secret des saints. Et la Porte close, qui ne s’est jamais ouverte et ne s’ouvrira jamais par la violence humaine, la Porte sainte par laquelle Dieu seul peut passer, s’ouvre au toucher d’amour d’un enfant de Dieu. Elle s’ouvre avec bienveillance. Plus cette âme qui se tourne vers elle est humble et simple, plus elle s’ouvre pour vous accueillir. Elle vous accueille pour vous enseigner la sagesse et l’amour en vous tenant dans ses bras maternels.

Va, Jean,[1] vers celle qui t’enseigne et t’aime.

Maintenant, ce qui suit est destiné à une autre catégorie de personnes qui ne savent pas être des “petits Jean” ni des “voix” du Christ.

“Quant aux lévites, qui se sont éloignés de moi au temps où Israël s’égarait loin de moi… ils seront dans mon sanctuaire des serviteurs chargés de la garde des portes… Quant aux prêtres lévites, fils de Sadoq… ce sont eux qui s’approcheront de moi… ils se tiendront devant moi… C’est moi qui serai leur héritage.”

Cela ne concerne pas seulement les prêtres au sens littéral du terme. Il faut le prendre plus largement: les croyants, ou les chrétiens, si tu préfères.

Celui qui croit sert Dieu. Par le baptême et la confirmation, vous vous y êtes engagés. Par votre fidélité aux cérémonies, vous voulez dire à Dieu, à vous-mêmes et au monde que vous désirez servir Dieu. Vous êtes donc, sans consécration, de petits prêtres de votre Dieu. Du moins, vous devriez l’être, car je vous appelle tous autour de moi pour m’aimer et me servir en cette vie comme dans la vie future.

Or que se passe-t-il? pourquoi voyons-nous du haut des cieux un trop grand nombre de lévites être pris par l’égarement du monde et s’éloigner de moi à la suite d’idoles qui, si elles déshonorent tout homme que la grâce a rendu enfant de Dieu, déshonorent au plus haut point et profanent un consacré? pourquoi existe-t-il d’autres religions et d’autres cérémonies qui ne sont pas les miennes pour eux? Pourquoi ont-ils fait de l’égoïsme, de la sensualité, de l’argent, de l’ambition, leur religion? Pourquoi servent-ils le mensonge et ne portent-ils que l’habit sacerdotal, sans en avoir l’âme?

Et pourquoi dois-je choisir parmi les fils de Sadoq ceux qui remplacent les voix devenues muettes et les lanternes éteintes? Par pitié pour le monde, oui, par pitié.

Mais malheur à ceux que je dois rejeter au rôle de gardiens de ma Maison, rien de plus! Il y eut à chaque siècle des élus pour les remplacer, venus de toute profession et de tout rang social. Portés par un tourbillon d’amour, ils montèrent bien haut se purifier dans le Feu et être instruits par les voix de la Flamme divine. Ils ont regardé Dieu un instant, avec la bonne et sincère volonté de le voir. Et cette vision les a consacrés à son service.

Voilà donc ce que je dis: “Par leur fidélité, ils se tiendront en ma présence, leurs dons me seront agréables, je les instruirai dans la Vérité, je serai leur héritage.”

Venez donc, mes bénis! Venez, vous à qui la Vérité a été révélée, non par l’homme mais par la volonté de Dieu en récompense de votre amour fidèle, vous à qui l’on peut dire comme à Simon: “Bienheureux êtes-vous, car ce n’est ni la chair ni le sang, mais mon Père qui est dans les cieux qui vous a donné de connaître la Sagesse et de connaître le Christ.” Demeurez sur mon cœur. Il est plein d’enseignements pour vous, et d’amour infini.»

Jésus ajoute: «J’ai voulu te faire un commentaire adapté aux fêtes d’aujourd’hui: sainte Marie des Anges et saint Alphonse-Marie de Liguori.[2]»

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Notes

  1. Il faut comprendre “petit Jean”, comme on le trouve plus haut et plus loin. Voir la note 32. ↩
  2. Il s’agit de saint Alphonse-Marie de’ Liguori, docteur de l’Eglise (1696-1787). ↩