Gli Scritti di Maria Valtorta

Quest'opera non è ancora tradotta in questa lingua. Nel frattempo viene mostrato il testo francese.

161. Le 9 août

FR

161. Capitolo 161

IT Traduzione in arrivo

1944-08-09

Jésus dit:

«Viens, mon petit Jean. Comme le petit Benjamin dont la vision[1] t’a tellement plu, mets ta main dans la mienne, pour que je te conduise dans mes champs de grâces. Des grâces pour toi et pour les autres, des dons à foison. Car chaque chose que je te révèle ou que je te dis est un grand don.

Tu n’en connais même pas la valeur. Il ne s’agit pas là de la valeur spirituelle qui, pour toi, est infinie. Je parle de la valeur culturelle, historique, si tu préfères. Ce sont des joyaux. Toi, comme un enfant, tu les trouves déposées dans ta main et tu en aimes la couleur variée, mais tu ne sais pas leur donner d’autre prix que celui d’un don, de la beauté et d’une preuve de mon amour. D’autres au contraire, plus savants que toi mais aimés avec moins de prédilection que toi, les regardent avec envie et avec envie te demandent ces joyaux que ton Jésus t’offre, ils les observent, les étudient, les évaluent avec une science plus grande que la tienne et, si leur volonté le désire, avec ta manière d’aimer. Mais c’est plus difficile pour eux, car ils sont compliqués. Seuls les petits enfants savent aimer simplement, sincèrement, purement.

Toi, tu ne sais qu’aimer. Mais reste toujours comme cela. Fais ton délice des joyaux multicolores que je t’offre, puis donne-les, avec générosité et joie, à ceux qui les attendent. Je remplirai toujours ta petite main de nouveaux trésors. N’aie pas peur. Donne, donne! Ton Roi possède des coffres inépuisables pour la joie de ses petits.»

La première partie de ce qui porte la date d’aujourd’hui a été provoquée par le fait que, au long des heures pendant lesquelles je ne dormais pas, cette nuit, j’avais pensé aux belles choses que Jésus me révèle, et je lui disais: «Que tu es bon pour la pauvre Maria! Que de choses tu m’apprends! Comme elles sont belles!» Je ne disais certes pas des mots sublimes. Je parlais comme une enfant parce que, ignorante comme je le suis, je n’arrive justement pas à comprendre la valeur historique de ce que je vois et écris, mais j’en fais ma joie parce que ces choses sont surnaturellement belles et qu’elles me font vivre avec Jésus ou avec les amis de Jésus. Il n’y a pas d’autre raison. Et Jésus a raison de me faire vivre ainsi.

Il peut sembler que je suis plus paisible, plus sereine que lorsque vous étiez ici,[2] voici un mois. Mais non. J’ai obéi à votre conseil et j’ai cherché à détourner mon regard de ma condition d’exilée dans un village que je n’aime pas et que je ne peux pas aimer, et à ne plus dire le moindre mot à ce sujet, ni à moi-même ni aux autres. J’ai essayé de me distraire de la douleur qui me broie.

Si je m’examine avec acuité et sincérité, je crois y avoir manqué en parole trois fois seulement, et moins encore en pensée, car chaque fois que mon cœur ou mon esprit retournent à la maison, au besoin que j’ai de vous, mon Père, à mes souvenirs de ces mois-là (la mort de Papa, la fête de Maman, l’anniversaire de Papa, la maladie de Maman, et je peux dire que je l’ai perdue le 24 août puisque je ne l’ai plus revue à partir de cette date), je fuis aussitôt.

Voyez: ce n’est que dimanche, le 6 août, que j’ai osé corriger le fascicule que vous m’avez apporté:[3] du 30 mars au 26 mai, fasci- cule qui relate donc la chronique désespérée de ces tristes journées. Et j’en ai souffert de façon indescriptible. Je savais que j’allais souffrir. Cet effort pour ne pas irriter les plaies de mon cœur semble les avoir recouvertes d’un fin voile d’épiderme qui donne l’impres­sion qu’elles sont guéries. Mais ce n’est pas le cas. Au contraire, sous le voile qui ne laisse aucun exutoire aux âcres humeurs de la blessure, celle-ci travaille toujours plus dans les profondeurs et me consume. Je suis seule à savoir combien mon cœur se brise. Réagir était un exutoire. Ne pas réagir revient à se briser. J’obéis néanmoins, et je me brise.

Par obéissance, je ne veux pas penser ni me rappeler que Dieu a permis que je connaisse l’enfer. Ce souvenir est néanmoins en moi, même à mon insu. En outre, si l’âme ne veut pas s’en souvenir, l’esprit s’en charge. Si celui-ci s’impose de ne pas s’en souvenir, le cœur le crie. Si enfin ce dernier est broyé sous l’effort de le faire taire, c’est la chair qui hurle. Lorsqu’on a vécu l’enfer, on ne l’oublie plus, même si l’on est au paradis. Je crois que ceux qui, pour quelque mystérieuse raison, ont connu cette torture sur la terre, verront en pleine lumière paradisiaque un petit point noir: leur enfer; au sein même de la douceur du paradis, ils sentiront toujours une goutte d’amertume: leur enfer; au milieu de la joie paradisiaque, ils seront parfois secoués par un sursaut d’horreur au souvenir de leur enfer.

Je dis alors à Jésus: «Ne me fais pas penser, mon Maître et mon Amour. Tiens ma pauvre tête entre tes mains si chères afin que je ne voie pas, ne sente pas, ne me rappelle pas le passé, les voix du passé, les souvenirs du passé, et que je ne vois pas même les ombres de l’avenir… Ne me fais pas penser… ne me fais pas penser, mon Jésus. Penser signifie avoir de nouveau dans la bouche l’amertume du désespoir, de la folie. Aie pitié de moi, mon bon Jésus!» Et je m’appuie sur le cœur de la Mère qui m’est toujours restée proche depuis le 2 août, cette Mère aimante qui ne s’impose pas, mais que je retrouve immédiatement dès que je la cherche pour m’y réfugier.

Toutefois, si la lecture de la chronique de ces jours-là m’a fait mal, les autres pages m’ont fait beaucoup de bien.

Dans la première page – la vision de la mort de Marie-madeleine –, il est dit: «Marie n’a pas à attendre», et Jésus m’a murmuré avec une caresse: «La petite Maria, elle non plus, n’a pas à attendre», puis il est écrit: «Je te bénis, ma bénie.» Et Jésus m’a dit: «Je te bénis, ma bénie.»

Et encore: «Je suis seul à avoir bu le calice jusqu’à la lie sans l’adoucir par du miel et, ce que j’ai souffert, je ne veux pas que vous le subissiez», et Jésus me dit: «Crois le pour toi-même.»

Ailleurs: «Notre souffrance doit être la tienne.» alors Jésus: «Vois-tu combien je t’aime? Je t’associe à ma souffrance et à celle de ma Mère.»

Plus loin, Marie dit à Jean: «Il (Jésus) n’a pas tenu compte de ton égarement»; et Jésus: «C’est vrai. Je n’ai pas tenu compte de ton égarement d’avril. Sois en paix.»

Et le 9 avril: «je te demande la charité (de souffrir encore plus dans le temps pascal) pour les âmes.» Alors Jésus dit: «Tu me l’as donnée. En souffrant. Mais tu es restée fidèle. Merci.»

Je ne commente pas les tristes vingt journées. Je dis seulement que si je relis, après tout ce temps et dans les bras de Jésus et de Marie, aussi bien ces pages-ci que les autres, non continues mais éparpillées avec leurs agonies entre les oasis de pitié divine, elles me paraissent encore trop douces et modérées par rapport à ce que je subissais réellement. Je ne pense pas que je serais encore capable de rester fidèle sous la pression de Satan.

En outre, comme les dictées de Jésus sont justes, les premières après la tempête! Toujours justes, c’est naturel, mais celles-ci étaient justes pour exprimer mon tourment, que lui seul pouvait évaluer justement.

Je n’ai pas continué au-delà du 12 mai, car je corrige le dimanche quand je ne fais pas de travaux d’aiguille. Mais, en conclusion, j’en ai éprouvé du réconfort mêlé de souffrance. Davantage de réconfort que de souffrance. Maintenant, cela suffit, car j’ai le dos rompu.

Nessuna sezione trovata per questo capitolo.


Notes

  1. Voir la note 260. ↩
  2. Elle fait référence à la visite que le Père Migliorini lui avait rendue à S. Andrea di Còmpito, le lieu de l’évacuation, le 10-11 juillet. ↩
  3. Voir la note 57. ↩