Gli Scritti di Maria Valtorta

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169. Le 21 août

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169. Capitolo 169

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1944-08-21

Jésus dit:

«Je vous répondrai[1] par ces mots de l’apôtre Paul: “Bien plus, les membres du corps qui sont tenus pour plus faibles sont nécessaires; en outre, ceux que nous tenons pour les moins honorables du corps sont ceux-là mêmes que nous entourons de plus d’honneur, et ce que nous avons d’indécent, nous le traitons avec le plus de décence; ce que nous avons de décent n’en a pas besoin. Mais Dieu a disposé le corps de manière à donner davantage d’honneur à ce qui en manque.”

Pensez-vous que cette “petite voix” se croie grande? Si vous l’interrogiez, elle vous répondrait: “Je suis le membre le plus faible et le plus ignoble du Corps du Christ.” Elle vous le répondrait en toute sincérité. Mais vous ne la croiriez pas, car chacun mesure à son aune. Or vous, vous n’avez ni humilité ni sincérité et vous affirmez: “Je suis mauvais” pour vous entendre dire: “Mais non, vous êtes si bon”, et c’est bien l’opinion que vous avez de vous-même, au plus haut point; au demeurant, s’il se trouve une personne vraiment sincère qui sache que vous ne l’êtes guère sinon même pas du tout, donc se tait par charité et ne fait pas votre éloge par sincérité, vous vous emportez contre elle, et vous la détestez parce qu’elle ne vous a pas loué. Et vous ne pouvez pas croire que cette femme est sincère!

Mais moi, moi qui lis dans sa pensée et vois le plus intime de son cœur, je sais si elle pense ceci d’elle-même ou non. Les colloques entre cette âme et son Dieu résonnent de paroles rassurantes telles que: “Mais comment peux-tu m’avoir choisie, moi, Seigneur, qui ne vaux rien, qui ai tant péché et qui pèche encore?” Elle irait même jusqu’à douter de moi tant il lui paraît impossible que je l’aie choisie pour cette mission.

Elle se croit faible, extrêmement faible. Et si on la compare à la Perfection, elle est plus faible qu’un cheveu de nouveau-né. Elle se croit ignoble. Et si nous la comparons à son Dieu, elle vaut moins qu’un ver né dans la boue. Mais elle possède une force, une seule: un amour absolu. Quand elle donne ou se donne, elle ne pense jamais à soi ou au profit qu’elle peut en attendre de l’autre. Elle pense à mon plaisir à moi seul, à m’être utile à moi seul, même s’il faut pour cela devenir odieuse aux yeux du monde. Elle en est arrivée à se haïr en tant qu’être charnel, de cette sainte haine que je vous ai enseignée: “Qui aura trouvé sa vie la perdra, et qui aura perdu sa vie à cause de la trouvera.” Sainte haine de celui qui a compris la Parole! C’est pour cet amour qui surpasse ses faiblesses que je l’ai choisie.

Un jour, j’ai pris un enfant que j’ai placé au milieu de mes apô­tres et leur ai donné en exemple. L’enfant, en effet, aime de toutes ses capacités et n’a aucune pensée orgueilleuse: il est le petit enfant, le nouveau-né; or la semence de Satan produit d’abord l’orgueil comme premier épi, qui fleurit quand la graine a à peine monté en herbe à partir du sein maternel; il ajoute ensuite le second épi de la sensualité, et en troisième lieu celui de la puissance tant du pouvoir que de l’argent. Mais le premier est toujours l’orgueil, qui germe de lèvres qui ont à peine oublié la douceur du lait maternel. Je veux que mes disciples soient comme des enfants, comme des enfants pour leur dispenser les paroles de vie. Qu’il était beau de les voir venir à moi, leurs petites mains remplies de fleurs, et me dire: “Tiens!”, puis s’échapper en riant pour revenir aussitôt avec d’au­tres petites fleurs, en un jeu d’amour, tout confiants, sincères, affectueux…

Je veux des petits enfants dans le monde pour le sanctifier. Mais l’innocence qui passe et vit au milieu de vous ne réussit pas à vous rendre meilleurs. Elle le devrait cependant, puisque l’innocent est un être du ciel, un être qui émane pureté et paix, qui parle sans paroles du Dieu qui l’a créé, qui impose sans paroles le respect de ce qu’est Dieu, qui implore pitié et amour pour que son enfance ne soit pas contaminée et pour que sa faiblesse soit aimée; elle est fleur de votre prochain, tout comme le malade et celui qui souffre sont des fleurs, – blanche pour la première, rouge et violette pour les deux autres –, des fleurs que vous devriez préférer à tout ce que vous aimez d’autre. Etant donné, donc, que cette innocence des enfants ne suffit pas, je crée des enfants spirituels, ceux qui, étant pénétrés d’une science que vous ne possédez pas, sont humbles, simples, confiants et sincères comme des bébés qui font leurs premiers pas en souriant et savent – cela, ils le savent! – que, sans leur mère, ils tomberaient et ne la quittent donc jamais.

Ils ne me quittent jamais, pas plus que cette femme. Voici pourquoi c’est à elle et à ceux qui sont comme elle, des membres faibles – du moins, à vos yeux –, des membres ignobles – toujours à vos yeux –, qu’est donné ce que, vous, vous ne recevez pas.

Dans le Corps mystique, ce sont précisément ces membres, brisés par le monde des orgueilleux, qui agissent le plus. Un doigt, certes, n’est pas le cerveau. Mais sans doigt, que feriez-vous? Vous ne pour­riez accomplir aucun des actes les plus ordinaires et les plus humbles de la vie, vous seriez comme des nouveaux-nés dans les langes qui ne peut même pas prendre le sein et en tirer le lait si sa mère ne le lui met pas dans la bouche. Bien que très savants et fort intelligents, vous seriez incapables d’immortaliser sur le papier les pensées de votre cerveau.

Voilà ce qu’elle est: un doigt… Mais j’ai donné mission à ce petit membre de vous rappeler à la Lumière et de vous l’indiquer. La Lumière qui veut vous enflammer de nouveau, vous les lampes qui fumez sous les vapeurs du rationalisme, ou êtes éteintes pour bien des raisons, qui vont de l’absence d’amour à l’argent, de l’argent à la sensualité, de la sensualité au manque de charité.

Allons, à genoux! Non pas devant la “petite voix”, mais devant la Parole qui parle. La “petite voix” répète ses paroles, elle est un instrument de son Dieu. Adorez le Seigneur qui parle. Le Seigneur! La “petite voix” est anonyme. Je veux qu’elle soit obscure pour le monde. Plus tard, elle sera connue mais, pour l’instant, ce n’est qu’une “voix”. C’est celle qui porte ma Voix. Son honneur, c’est son martyre, car toute élection de Dieu est une mise en croix de la personne.

Je ne vous demande même pas de l’aimer. Je suffis moi-même à cela, et elle ne me demande rien de plus. Mais je veux que vous la laissiez en paix, avec le respect que l’on doit avoir pour un instrument de Dieu.»

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Notes

  1. Il fait référence aux docteurs tatillons, comme dans le dernier paragraphe de la dictée qui précède. ↩